“Une croissance infinie est impossible, nous n’avons qu’une seule Terre” – René Dumont

Et puisqu’il y a urgence https://melenchon2022.fr/

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14 novembre 2022Le pouvoir de dissoudre l’Assemblée Nationale est une prérogative du Président de la République garantie par l’article 12 de la Constitution qu’il peut utiliser quand il le souhaite, une fois par session parlementaire (d’octobre à juin). En cas de dissolution, les élections législatives doivent être organisées dans un délai de 20 à 40 jours, en gros 3 à 7 semaines. La dissolution est en général motivée par la volonté du président de la République d’obtenir une majorité plus confortable et n’est pas liée au vote d’une motion de censure laquelle n’implique que l’obligation de changer de gouvernement. La seule motion de censure adoptée sous la 5ème République le 5 octobre 1962 a eu pour effet de renverser le premier ministre Georges Pompidou, à la suite de quoi le général De Gaulle, président de la République, a dissous l’assemblée. Les nouvelles élections lui ont donné une large majorité. En dehors de cette dissolution décidée après une motion de censure adoptée, les 4 autres dissolutions depuis 1958 l’ont été par volonté présidentielle. Seule la dernière le 21 avril 1997 décidée par Jacques Chirac, s’est soldée par un échec. Les nouvelles élections législatives donnent une majorité de 319 députés à la gauche, dont 250 pour le groupe socialiste, 36 pour le groupe communiste et 33 pour un groupe regroupant le PRG des DVG et pour la premières fois des députés Verts (7) alors que la droite disposait antérieurement d’une majorité de 458 députés sur 577. Contexte politique La majorité présidentielle a obtenu 249 députés (à 40 députés de la majorité nécessaire) avec un score de 25,81 % au premier tour des législatives et ce après cinq ans de mandat de E. Macron. La NUPES de son côté malgré ses 26,10 % n’a obtenu que 151 députés (75 FI, 31 PS, 23 EELV, 22 GDR dont 12 PC). LR est tombée de 112 à 62 députés et de 15,77 % à 6,98 %. Par contre pour la première fois avec ce mode de scrutin, l’extrême-droite remporte 89 députés RN et 3 non-inscrits. Divers députés centristes ou régionalistes fondent le groupe LIOT avec 16 députés. Il n’y a donc pas de majorité à l’assemblée nationale. Il reste 41 recours en cours d’instruction au Conseil constitutionnel concernant 38 députés dont 8 NUPES (4 FI, 3 EELV, 1 PC). Les frais de campagne n’ont pas encore été remboursés or il ne faut pas oublier que pour le PS, EELV, le PC et LR la campagne présidentielle n’a pas été remboursée faute d’atteindre les 5 % nécessaires. Repartir aujourd’hui en campagne poserait donc des problèmes de trésorerie à tous ces partis d’autant qu’obtenir des prêts bancaires devient extrêmement difficile. L’abstention aux législatives de 2022 n’a augmenté que d’un point par rapport à 2017 (52,49 % contre 51,30%) alors qu’à la présidentielle la hausse a été de 4 points entre 2017 et 2022 (26 % contre 22,23%). Il y a eu moins de déperdition entre présidentielle et législatives en 2022. La majorité présidentielle a donc perdu seulement 2,40 points après cinq ans de mandat de E. Macron. Vu les politiques qu’il a mené, c’est une faible perte. Cela signifie qu’un socle conséquent d’électeurs est satisfait des politiques menées et de son recentrage à droite toute alors qu’on aurait pu penser justement que ce recentrage lui aurait fait perdre bien plus de voix. LR, compte-tenu de la poursuite des dissensions sur la ligne politique à adopter, opposition ou négociation avec la majorité présidentielle, craint qu’une dissolution ne les fasse perdre encore plus de députés. Coincé entre Macron et Le Pen son espace politique est extrêmement réduit. Ils n’ont donc aucun intérêt à une dissolution. Le RN se sent sur une pente ascendante et rêve d’une dissolution qui lui ouvrirait les portes du pouvoir. Pour la NUPES les résultats des législatives marquent un maintien par rapport à 2017. Ce qui vu le contexte d’une campagne présidentielle hargneuse des autres candidats de gauche contre Jean-Luc Mélenchon et le discrédit persistant du PS est un véritable exploit. C’est l’existence de la NUPES qui a permis à la gauche de ne pas s’effondrer, et la campagne législatives sur le thème Mélenchon premier ministre a limité la désaffection des urnes entre la présidentielle et les législatives. En dehors du PC dont le congrès se tiendra le 9 avril 2023 tous les autres partis tiennent le leur d’ici fin janvier (EELV 29 novembre et 10 décembre, LR 3 et 10 décembre, PS 27-28-29 janvier). Les enjeux sont importants. A droite selon le président qui sera élu, le positionnement vis à vis du pouvoir ne sera pas forcément le même et une scission n’est pas exclue en fonction du résultat. De même, côté PS, où la défaite de Olivier Faure lors du congrès entraînerait un positionnement plus conciliant vis à vis du pouvoir et une rupture de la NUPES. Enfin vu les rapports de force au sein de EELV on peut déjà savoir que la majorité qui sortira du congrès sera au moins très réticente envers la NUPES si ce n’est totalement opposée. La NUPES serait-elle reconduite en cas de nouvelles élections ? Il faut l’espérer car sinon la leçon pourrait être sévère. Il ne faut pas oublier que la campagne sera rapide et courte et sans le préalable mobilisateur de la campagne présidentielle. Dans ces conditions l’abstention risque d’être encore plus élevée et hélas à notre détriment car ce sont les classes populaires qui se mobilisent toujours moins dans ce genre de situation. Certes il y a beaucoup de mouvements de grève en ce moment dans de nombreuses entreprises. Mais un éclatement de la NUPES aurait pour conséquences de dégoûter et démobiliser celles et ceux qui actuellement se battent contre les politiques de Macron. Emmanuel Macron a-t-il besoin d’une dissolution ? Aujourd’hui l’ensemble des lois de finance (Budget général, budget de la Sécurité Sociale, budgets rectificatifs) peuvent être adoptées que ce soit en première ou en seconde lecture par l’utilisation du fameux 49-3, c’est à dire l’alinéa 3 de l’article 49 de la Constitution. Mais depuis la modification constitutionnelle de 2008, le 49-3 ne peut être utilisé que pour une seule loi hors loi de finances par session (d’octobre à juin). D’ici la fin de l’année, en dehors du budget, les projets de loi à l‘ordre du jour vont porter sur une nouvelle loi concernant la police, une concernant l’immigration et une sur les ENR (énergies renouvelables). Sur les deux premières thématiques, le gouvernement sait qu’il peut neutraliser, au moins en partie, la droite et l’extrême-droite et obtenir une majorité relative pour les faire adopter. Le projet de loi ENR a été voté à l’unanimité au Sénat avant de venir devant l’assemblée nationale début décembre. La loi de modification de l’indemnisation chômage est adoptée grâce à une alliance de la majorité présidentielle avec LR. En 2023 viendra la loi portant sur les retraites. Il peut de même espérer une majorité relative puisque la droite est pour repousser l’âge de départ en retraite. A défaut il pourra utiliser le 49-3. Puis viendra la loi de relance du nucléaire pour laquelle il n’aura pas non plus de difficultés à trouver une majorité. Enfin en dehors du 49-3 il lui reste un autre outil constitutionnel, l’article 44 alinéa 3 : Si le Gouvernement le demande, l’assemblée saisie se prononce par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par le Gouvernement. Les deux principales différences avec le 49-3 sont que le débat se poursuit jusqu’au vote et que l’opposition ne peut déposer de motion de censure. Macron n’a donc aucun intérêt ni aucune urgence à dissoudre l’assemblée. [...] Lire la suite…
12 septembre 2022Fabien Roussel explique qu’il est possible d’éradiquer le chômage en 3-4 ans et donc qu’il n’y aura plus besoin d’allocation chômage et de RSA. Il y a juste un petit problème qu’il oublie c’est que nous ne sommes pas au pouvoir, que le second tour de la présidentielle c’est joué entre Macron et Le Pen et qu’il en est responsable. Éradiquer le chômage supposerait une remise en cause de fond du système libéral puisque le chômage sert à faire pression sur les travailleurs/ses pour les obliger à accepter des conditions de travail et des salaires indécents. F. Roussel inverse cette situation puisqu’il a cette phrase inouïe qu’on a plus l’habitude d’entendre dans la bouche de gens de droite ou d’extrême-droite : Un système qui nourrit le chômage par les allocations chômage et le RSA https://twitter.com/Fabien_Roussel/status/1568635010743439360?s=20&t=KLFoaHzRjI6esjgaQ5QMjA Ce serait donc les allocations qui seraient responsables du chômage ? C’est exactement ce que dit la droite en expliquant que les gens ne cherchent pas de travail à cause des allocations et donc qu’il faut les réduire ce que le gouvernement veut faire avec la loi annoncée. Ce n’est pas ce que pense F. Roussel ? Peut-être mais c’est quand même inquiétant qu’un dirigeant de parti ne sache pas s’exprimer et en arrive à utiliser les mots de ceux qui veulent réduire justement les droits des travailleurs. Le droit à l’emploi est inscrit dans la Constitution française, plus précisément dans le Préambule de la Constitution de 1946 annexé à la Constitution de 1958 Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. Il s’agit donc d’un droit constitutionnel indépendant de la conjoncture économique. Et d’ailleurs les allocations chômage ont été créées à une époque où il y avait très peu de chômage. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’entre 2 emplois il y a du temps nécessaire pour retrouver un autre emploi ou parce que la situation personnelle, problèmes de santé, femmes seules avec enfants, manque de moyens de locomotion, nécessité de formation professionnelle etc. nécessite ce filet de sécurité. Quelques petits rappels sur ces allocations qui ont été créées sous la 5ème République pour faire face au chômage et qui ont en général eu le soutien du PCF – décembre 19858 création de l’assurance chômage – 1974 création de l’allocation spéciale d’attente = 90 % du salaire brut pendant 1 an suite à un accord entre le patronat et les syndicats de salariés ! Elle est supprimée en 1979 car avec la hausse du chômage elle coûte trop cher à l’état. – 1984 création de l’allocation spécifique de solidarité pour les chômeurs en fin de droits – décembre 1988 création du RMI avec un vote quasi unanime (4 contre venant de la droite) Il ne s’agit pas d’assistanat mais de solidarité nationale. Les allocations chômage sont financées par les cotisations sociales des salariés et des entreprises, tout salarié en payant durant toute sa vie professionnelle. Il s’agit donc d’un droit accumulé. Les autres allocations sont financées par l’impôt. Remettre en cause ces droits est donc une atteinte à la Constitution et à la solidarité nationale. C’est la droite qui parle d’assistanat pour stigmatiser les pauvres et dresser les travailleurs contre eux. La gauche, donc les communistes aussi, a toujours défendu la solidarité. [...] Lire la suite…
9 septembre 2022En finir avec la constitution de Pinochet est une exigence qui vient de loin. Adoptée en 1980 sous la dictature dans un scrutin sans listes électorales, la constitution toujours en vigueur inclue en tant que tel le modèle ultralibéral promu par l’école de Chicago avec son mentor Milton Friedman alors conseiller de la dictature. Elle promeut un état réduit au strict minimum et en corollaire la prévalence du secteur privé et la privatisation des ressources naturelles. La Concertación, alliance politique entre la Démocratie Chrétienne et le PS chilien, qui a assumé plusieurs gouvernements à partir de 1991, a introduit quelques modifications qui n’ont pu être qu’à la marge comme la fin des sénateurs à vie et une modification du système électoral introduisant un peu plus de pluralité politique. Le 7 octobre 2019 une augmentation du prix du métro à Santiago provoque une mobilisation des lycéens et étudiants qui s’étend à de nombreux secteurs avec d’énormes manifestations sous le slogan : no son 30 pesos, son 30 años (ce ne sont pas 30 pesos, ce sont 30 ans). La répression est violente provoquant 26 morts et plus de 2000 blessés dont 285 aux yeux plusieurs ayant perdu la vue. Le 15 novembre 2019, un accord est signé pour une nouvelle constitution entre Piñera, alors président de la République, et les partis d’opposition, ce qui sera considéré comme une trahison par certains, convaincus qu’il était possible de faire tomber Piñera. Les manifestants continuent d’exiger sa démission mais la pandémie de Covid interrompt les mobilisations. La mise en œuvre du processus constituant va se dérouler dans son immense majorité sous le gouvernement de Piñera qui fera campagne contre le changement de constitution. Le 25 octobre 2020, un premier vote décide du mode d’écriture de la nouvelle constitution : 78,2 % des électeurs se prononcent pour une Convention constituante élue à cet effet et non par un mixte convention-parlement. Mais la participation ne dépasse pas 50,9%. Les 15 et 16 mai 2021 ont lieu les élections des constituant.e.s à parité : 77 femmes et 78 hommes. 17 sièges sont réservés aux peuples originaires. La composition sociale n’a pas grand-chose à voir avec celle du pays : 59 avocats, 19 professeurs, 12 ingénieurs et 6 journalistes mais aucun syndicaliste d’entreprise. L’abstention atteint 61,4 % et jusqu’à 65 à 70 % dans les quartiers populaires. Une partie des mouvements sociaux avaient appelé au boycott dénonçant le cirque électoral. Rencontre avec certains conventionnels La majorité de droite du Congrès avait imposé la nécessité d’approuver les propositions par un vote des 2/3, convaincue d’obtenir au moins 1/3 des sièges ce qui lui aurait donné de fait un droit de veto. Les résultats la surprendront totalement. La composition s’établit ainsi : Droite (En avant pour le Chili) 37 sièges soit 24 %, Gauche (Apruebo Dignidad dont PC et Convergencia social parti de Boric ) 28 soit 18 %, Lista del pueblo (liste constituée par des candidat.e.s de mouvements sociaux) 26 soit 16,77%, Lista del Apruebo (ancienne Concertacion PS + Démocratie chrétienne etc.) 25 (dont seulement 2 DC) soit 16,13 %. Autres indépendants (surtout centre ou même droite) 22 soit 14,20 %. Donc 48 constituants soit quasiment 31 % n’appartiennent à aucun parti, ce qui est une grande surprise mais aussi l’expression du rejet des partis politiques. Cela correspond aussi à la représentation de combats spécifiques. La première présidente Elisa Loncon, est une représentante Mapuche Avec Elisa Loncon, 1ère présidente de la Convention constitutionnelle Il en ressort une constitution rompant avec le modèle néolibéral. Ainsi l’article 1 annonce clairement que « le Chili est un état social et démocratique. Il est plurinational, interculturel, régional et écologique. Il se constitue comme une république solidaire. Sa démocratie est inclusive et paritaire. Elle reconnaît comme valeurs intrinsèques et inaliénables la dignité, la liberté, l’égalité concrète des êtres humains et leur relation indissoluble avec la nature ». En bref une constitution sociale, démocratique, féministe, écologique et qui reprend beaucoup des combats des mouvements sociaux des dernières années : lutte pour les droits des femmes dont l’IVG, pour les droits des personnes LGTQI+, pour l’accès à l’eau, pour une éducation publique gratuite et laïque, pour l’accès de tous à la santé etc. Le texte proposé au vote comporte onze chapitres avec 388 articles plus les articles de transition et près de 60 000 mots. Selon une enquête seul 28 % de la population l’a lu en entier, 49 % a lu quelques articles, 23 % ne l’a pas lu. Il laisse en outre des flous importants qui ont bien évidemment été utilisés au maximum par la droite dans une énorme campagne de fake news alors que les médias appartiennent tous à l’oligarchie. C’est ainsi qu’une enquête réalisée 4 jours après le plébiscite dans 12 communes populaires de la métropole de Santiago démontre que 4 fake news ont eu énormément d’impact : – la constitution remettrait en cause le droit à la propriété du logement et à sa transmission héréditaire, ce qui est totalement faux – il ne serait plus possible de choisir son établissement scolaire alors qu’il est bien prévu le maintien d’établissements privés mais uniquement à but non lucratif (art 36), cela alors que l’éducation publique est médiocre vu le peu de moyens qui lui sont affectés et que plus de la moitié des collèges sont privés. – l’imposition d’un système de santé public provoquerait l’explosion des listes d’attente dans les hôpitaux alors que l’article 44 prévoit l’inclusion des cliniques privées dans le système de santé public – L’état allait s’approprier les fonds de pension des chiliens. Actuellement le système de retraite repose sur des fonds de pension où chacun cotise individuellement. Conséquence les pensions sont très faibles et dépendent des fluctuations de la bourse. Pendant la pandémie, le parlement a autorisé plusieurs retraits de 10 % des fonds pour ceux qui le voulaient. Les familles pauvres en ont donc profité pour les retirer afin de garantir leur survie immédiate sans préjudice de la baisse de pension de retraite dans le futur. Il est d’ailleurs significatif que le rapport de forces entre Apruebo et Rechazo ait basculé en faveur du Rechazo lors du débat sur un cinquième retrait possible des fonds de pension. A cela il faut ajouter la définition de la plurinationalité et les droits spécifiques attribués aux peuples originaires (Mapuche notamment) qui ont été dénoncés comme une remise en cause de l’égalité des droits et une division du pays même si l’article 3 indique que le Chili forme un territoire unique et indivisible ainsi que l’inscription du droit à l’avortement combattu par l’église catholique et les évangélistes très présents au Chili. Tract pour El Apruebo Les porte-à-porte massifs réalisés tout au long du pays par le Comando del Apruebo n’ont pas suffit à contrer les fake news de la droite ni à expliquer suffisamment un texte aussi long et aussi dense, alors que la campagne n’a duré qu’un mois, pas de quoi avoir le temps de donner beaucoup d’explications et ce alors que la droite avait commencé sa campagne de rejet dès l’installation de la Convention constituante. De plus certains faux pas allant jusqu’à la démission d’un membre de la Convention ont braqué une partie de l’électorat. Meeting fin de campagne à Santiago Dans un contexte économique et social dégradé par les conséquences du Covid avec un taux de chômage en hausse, une aggravation de la précarité et une inflation à 12 %, la question sociale ne sera traitée que dans les derniers temps de la Convention. Qui plus est faute de temps, 12 mois au total, la participation citoyenne sera peu sollicitée. Enfin l’explosion de l’insécurité, notamment dans le Nord avec l’installation de mafias de la drogue, et l’existence d’une importante immigration notamment en provenance du Vénézuela ce qui est totalement nouveau pour le Chili, a aussi pesé dans le vote. Le plébiscite du 4 septembre se déroule avec une grande nouveauté au niveau électoral : tous les habitant.e.s en âge de voter (18 ans) sont automatiquement inscrits sur les listes électorales et le vote est obligatoire. Vote le 4 septembre Estadio nacional Bien que l’abstention soit punie d’une amende, elle a atteint les 14,19 %. Sur un total d’un peu plus de 15 millions d’électeurs inscrits 13 millions ont pris part au vote, 4,8 millions se sont prononcés pour Apruebo soit 38,14 % et près de 7,9 millions soit 61,86 % pour le rejet Rechazo. A comparer avec le résultat du vote du 25 octobre 2020 pour le choix du processus constituant où près de 80 % des électeurs s’était prononcé pour une Convention constituante élue mais avec une abstention élevée (50%) ou avec celui des présidentielles de 2021 où Gabriel Boric élu au second tour avait obtenu 4 620 890 voix contre 3 650 088 à Kast et ce avec une abstention de 52,67 %. L’inscription automatique et le vote obligatoire ont donc amené autour de 5 millions d’électeurs en plus à voter le 4 septembre et l’immense majorité a choisi de rejeter ce projet de nouvelle constitution. Ces nouveaux électeurs proviennent des classes populaires et notamment de la jeunesse populaire qui ne votaient pas jusqu’ici notamment par rejet des partis politiques (une enquête de juillet 2022 montrait un rejet des partis de 96 %). Ce n’est pas une approbation de la constitution de Pinochet, ni une victoire de la droite, mais un rejet massif du système qui jusqu’ici s’exprimait par l’abstention et qui avec le vote obligatoire s’est traduit en vote de rejet quelque fut les avancées que pouvaient contenir cette nouvelle constitution pour les classes populaires. Un exemple de cette contradiction est le vote de rejet dans la commune de Petorca où une lutte dure s’est menée contre l’appropriation de l’eau par les propriétaires des plantations d’avocats au détriment de la population. La nouvelle constitution garantissait l’accès à l’eau mais les électeurs n’y ont pas reconnu leur intérêt. C’est aussi un vote contre le gouvernement de Gabriel Boric qui en 6 mois a réussi à changer peu de choses, d’abord par impréparation et manque d’expérience de sa jeune équipe gouvernementale, mais aussi faute de majorité au parlement. En effet son élection est due en grande partie au fait qu’il faisait face à un candidat Pinochetiste ce qui a mobilisé massivement la jeunesse pour le deuxième tour. Contre un candidat de la droite plus modérée, il est vraisemblable qu’il n’aurait pas gagné. A la veille du plébiscite la côte de popularité de Boric s’établissait à 38 % ce qui est finalement le score obtenu par el Apruebo. Et maintenant ? Gabriel Boric a procédé à un remaniement de son gouvernement en y faisant entrer des représentants de l’ancienne Concertacion à des postes clés comme le ministère de l’intérieur par exemple. Une réunion de l’ensemble des partis politiques s’est tenue pour commencer à réfléchir à la suite du processus. En effet le mandat pour une nouvelle constitution reste valide. Seule l’extrême-droite de Kast a fait campagne pour le maintien de la constitution de Pinochet. Le reste de la droite et du centre droit a fait campagne pour le rejet afin d’écrire une meilleure constitution disait-ils, en fait un texte moins radical. Dorénavant c’est le Congrès qui va décider de la suite. Appellera-t-il à l’élection d’une nouvelle constituante ? Si oui sera-t-elle réservée aux partis politiques ? Mais une constituante excluant les mouvements sociaux et les citoyens a-t-elle plus de chances d’arriver à un texte qui puisse être approuvé par les électeurs ? Beaucoup d’incertitudes pour le futur et de questions sur le modèle constituant à adopter pour écrire une nouvelle constitution. [...] Lire la suite…
30 juillet 2022A l’issue du premier tour de la présidentielle, puis du résultats des législatives, plusieurs commentateurs ont analysé le score de J.L Mélenchon et de la NUPES en évoquant le contraste entre le succès enregistré dans les métropoles et les banlieues et les difficultés dans d’autres zones. Dans Le Monde François Ruffin déclarait «  On ne doit pas devenir la gauche des métropoles contre la droite et l’extrême-droite des bourgs et des champs ». Certains ont même fait référence à la fameuse note de la Fondation Terra Nova de 2012 qui proposait à la gauche de s’adapter à la rupture avec les ouvriers au profit des jeunes, femmes et immigrés. Le vote Mélenchon aurait avec succès en partie réalisé ce programme. Sauf que il n’a jamais été dans l’intention de La France Insoumise d’abandonner les ouvriers, au contraire. Mais des décennies d’abandon par la gauche, l’alignement sur le libéralisme qui s’est traduit par l’appel du PS à voter pour le traité européen en 2015, le désastre du quinquennat Hollande et les ravages de la mondialisation ont renvoyé une partie du vote ouvrier dans l’abstention (33%) ou le vote Le Pen (36 % des votants). Le vote Mélenchon reste devant celui pour Le Pen dans les communes de plus de 10 000 habitants (245 communes où JLM était en tête contre 202 pour MLP). Est-ce la présence d’un habitat social plus important dans ces communes ? Ce serait une étude à faire : corréler le vote Mélenchon au taux d’habitat social. Les législatives se déroulant par circonscription, l’analyse ne peut pas être la même car tout dépend de l’astuce du découpage qui a été utilisé, du genre noyer les quartiers populaires dans des ensembles qui le sont moins pour neutraliser « le vote de gauche ». De plus en regardant la carte des seconds tours on se rend compte que l’analyse opposition métropole/périphérie est insuffisante puisqu’elle ne permet pas de comprendre la différence ouest/est. Rappels généraux sur présidentielle et législatives 2022 Le premier tour de l’élection présidentielle a été très nettement marqué par le poids de la candidature de Eric Zemmour. Certes au final celui-ci n’a obtenu que 7,07 % des suffrages mais il a hélas réussi à imposer ses thèmes de campagne dans le débat public, notamment la pseudo théorie du grand remplacement. Le relais de ses thèses par de nombreux médias a entraîné la mobilisation électorale de toutes celles et ceux qui se sentaient visés par ces théories racistes. Peu importe qu’il soit apparu assez vite qu’il n’avait aucune chance de gagner, surtout avec la concurrence de Marine Le Pen. La peur s’était d’autant plus installée qu’il y a de solides raisons de savoir que le discours porté par Zemmour fait écho à la réalité de l’existence d’un racisme anti musulman de plus en plus présent dans notre société. Cette peur de Zemmour, puis la campagne de Jean-Luc Mélenchon candidat de l’Union Populaire dénonçant très clairement ce racisme et la mobilisation de toutes et tous les militant.e.s de l’Union Populaire avec notamment du porte-à-porte dans les cités HLM expliquent le score de 21,7 % obtenu par Jean-Luc Mélenchon. Après 5 de macronisme, son programme anti-libéral à aussi trouvé un écho important auprès des classes populaires Hélas cela n’a pas suffit à passer devant Le Pen et à accéder au second tour même si la différence de voix a diminué par rapport à 2017 et ce alors que cette fois-ci le PCF avait décidé de présenter son propre candidat quelles qu’en soient les conséquences. Pour les législatives, un accord, programmatique et électoral, a pu être trouvé entre l’ensemble des forces de gauche, EELV, PC, PS et France Insoumise, permettant la constitution de la NUPES (Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale) dont j’ai expliqué dans un billet précédent la raison d’être : https://martinebillard.fr/2017-2022-deux-contextes-deux-strategies/ Malheureusement cet accord n’a pas suffit pour obtenir la majorité ou une majorité relative à l’Assemblée nationale et ce notamment à cause de la baisse de la participation électorale des classes populaires qui avaient voté pour Mélenchon au premier tour de la présidentielle. Pourtant la perte de participation aux législatives a cette fois-ci été moindre qu’en 2017. En effet le discours tenu le soir du premier tour appelant au maintien de la mobilisation, la mise en place de la NUPES avec des candidats uniques par circonscription et le mot d’ordre unificateur et mobilisateur de « Mélenchon premier ministre c’est possible », ont permis, en maintenant l’espoir d’une victoire aux législatives, de limiter la démobilisation habituelle suivant une défaite à la présidentielle. Ainsi en 2022 les candidat.e.s de la NUPES récupèrent 54,24 % des voix qui s’étaient portées sur les différents candidats de cette alliance à la présidentielle. En 2017 les candidats FI+PC n’avaient retrouvé que 44,09 % des suffrages obtenus par Mélenchon, candidat commun, au premier tour de la présidentielle. Dans le même temps les candidats de la majorité pro Macron auront perdu 14 points entre 2017 et 2022 et n’obtiendront pas de majorité à l’assemblée nationale faisant ainsi mentir la thèse selon laquelle un président élu obtiendrait forcément une majorité aux législatives. Comment expliquer les résultats aux législatives ? – Une petite baisse de participation de l’électorat NUPES entre la présidentielle et les législatives qui peut s’expliquer par la disparition de la peur de Zemmour. Si on compare à périmètre similaire, les voix obtenues par les candidats aux législatives (NUPES + dissidents + DVG) aux voix obtenues au 1er tour de la présidentielle (Mélenchon+Bayou+Roussel+Hidalgo) la perte n’est que de 1,8 points mais la présence de candidatures divers gauche contre les candidatures uniques de la NUPES ont empêché un certain nombre de candidat.e.s d’accéder au second tour. – Une meilleure mobilisation du RN aux législatives en 2022 qu’en 2017 : il a retrouvé 52,2 % de son électorat de la présidentielle contre 34,54 % en 2017 même si cela représente encore une différence de 11,5 points entre le 1er tour de la présidentielle et le 1er tour des législatives. – En 2017 existait encore un réflexe de vote anti FN. Avec la baisse de la participation, les seconds tours se limitaient quasi totalement à des duels. Aussi se retrouver face à un.e candidat.e FN assurait quasiment, en dehors de quelques bastions FN style Hénin-Beaumont, de gagner le second tour et donc d’être élu. C’est ainsi que Caroline Fiat, arrivée seconde au premier tour en 2017 quatre points derrière le FN (15,94 % contre 19,92%) par suite d’une division de la droite entre 2 candidats au 1er tour, a ensuite été élue par 61,36 % contre 38,64 % . Or en 2022, si elle arrive en tête au 1er tour avec 29,97 % contre 28,48 % au RN, au second tour elle n’est réélue que par 50,23 % contre 49,97 % au RN alors que l’abstention a baissé de 3 points et les blancs et nuls de 2 points. Il y a donc eu un vote massif de la droite en faveur du RN. Plutôt le RN qu’une députée insoumise !!! On peut penser que si Caroline n’avait pas été sortante et reconnue par son travail parlementaire, elle n’aurait jamais été élue face au RN en 2022. En 2022, dans de nombreux duels NUPES-RN la droite a préféré voter RN plutôt que NUPES, abstention ou blanc, ce que personne n’avait anticipé car encore marqué par l’ancien schéma du barrage républicain. Cela explique les 89 député.e.s RN. L’alliance NUPES a-t-elle apporté un plus ? Les opposants socialistes à cette alliance, comme Carole Delga, ou certains au PCF comme Fabien Roussel, essaient d’expliquer que cette alliance n’a rien apporté et que des candidatures par partis auraient permis d’obtenir plus d’élus. Un tel discours est tellement déconnecté des réalités électorales qu’il est difficile de le prendre au sérieux. L’autre argument consiste à dire qu’il aurait fallu décider selon l’implantation des candidat.e.s La première réponse à faire à une telle remarque sont les législatives de 2017 : le raz-de-marée LREM est-il dû à leur implantation ? Bien sûr que non ! Et cette fois-ci combien de dissidents PS très bien implantés et soutenus par Carole Delga, Stéphane Le Foll ou François Hollande ont-ils gagné contre les candidats de la NUPES ? 6. Ils ont surtout permis d’élire quelques députés pro Macron en plus et même pire des députés RN. Belle réussite dont peuvent se vanter Delga et Le Foll. Et sans vouloir être cruelle avec le PCF qui utilise systématiquement cet argument de ses candidats bien mieux implantés et donc plus susceptibles de gagner, il faut signaler les circonscriptions 92-11 (Bagneux Malakoff) ou 69-4 (Vénissieux) régulièrement perdues par le PCF depuis 10 ans et qui ont cette fois été gagnées par des candidats FI-NUPES. Fabien Roussel nous a aussi expliqué qu’il aurait mieux valu faire des campagnes locales qu’une campagne nationale. Outre que faire une campagne nationale n’a jamais empêché d’ajouter des éléments locaux de campagne, c’est ne pas comprendre que les élections législatives sont des élections nationales. Les électeurs ne votent pas pour un conseiller départemental mais pour un député qui va légiférer. Le vote se fait principalement en fonction des étiquettes et des programmes même si une part de poids personnel du/de la candidat.e. peut s’ajouter. Mais même ainsi cela ne garantit pas toujours la réélection. Ainsi malheureusement Alain Bruneel, député sortant PCF de la 16ème circonscription du Nord a été battu par le RN. Au total aucune des forces participant à la NUPES, y compris la FI, n’aurait eu autant de député.e.s en y allant seule au 1er tour car beaucoup de candidats auraient alors été éliminés dès le 1er tour. Il y a ainsi une cinquantaine de circonscriptions où le RN est arrivé en 3ème position derrière la NUPES avec moins de 5 points d’écart. Tout le monde est donc gagnant dans cette alliance qui a permis l’élection de 155 député.e.s. Mais plus encore, elle a permis de redonner de l’espoir à de nombreuses et nombreux électeurs qui ne se reconnaissent dans aucun parti en particulier mais qui recherchaient l’union pour ne pas avoir à choisir entre les différentes forces. Pour moi qui ai passé 16 ans chez les Verts où l’obsession était d’obtenir un groupe parlementaire, le fait d’en obtenir un en 2017 avec 17 député.e.s Insoumis.e.s sans pour cela dépendre du PS ou d’une autre force politique m’avait fait pleurer d’émotion. Alors en avoir 75 cette fois-ci quel bonheur de se dire qu’il existe une force politique qui va défendre les intérêts de celles et ceux qui ont le moins dans ce pays et se battre pour qu’il existe cette bifurcation écologique dont on a tant besoin. Et maintenant ? Nombre de commentateurs ont glosé sur le caractère éphémère de la NUPES. Personne ne peut dire de quoi sera fait l’avenir. Nous savons tous que si dans certaines circonscriptions la campagne a été menée en commun, au moins avec une partie des forces politiques composant la NUPES, c’est bien moins vrai dans d’autres circonscriptions. Aujourd’hui nos député.e.s se battent en commun à l’assemblée. Reconnaissons qu’en les traitant toutes et tous sans distinction d’anti républicains, d’islamo-gauchistes, d’extrême-gauche, de débraillés et sales etc … la droite et les macronistes obtiennent l’inverse de ce que certains affirmaient vouloir rechercher : diviser pour mieux régner. Mais tout mot de travers tenu par un.e député.e donne immédiatement lieu à une offensive en règle et très bien orchestrée et organisée. Il faut le savoir ils ne nous laisseront rien passer. Aucun droit à la moindre erreur même minuscule. La bourgeoisie est d’autant plus hargneuse que ses intérêts sont menacés. Elle sait reconnaître les forces politiques qui remettent en cause sa domination par rapport à celles qui se contentent de vouloir leur part de gâteau. Elle fait tout pour marginaliser ceux qui dénoncent ses mensonges et peuvent convaincre les électeurs. Les déclarations de recherche de compromis ont vite montré à qui les macronistes s’adressaient : LR évidemment mais aussi le RN. En leur offrant 2 vice-présidences, en cherchant par tous les moyens à disqualifier et à salir les Insoumis, les macronistes sont en train d’ouvrir un chemin royal à Le Pen pour 2027. Sur toute la planète s’imposent des gouvernements libéraux autoritaires en alliance avec des extrêmes-droites locales. La France n’est pas à l’abri d’un tel scénario. Il est donc crucial de ne pas désespérer celles et ceux qui ont retrouvé de la confiance en une alternative antilibérale, écologique et démocratique avec l’existence de la NUPES. Nos député.e.s mènent ainsi de bons combats à l’assemblée nationale pour obtenir des lois en faveur de celles et ceux qui ont le moins. Parallèlement il est fondamental de poursuivre le travail en direction des classes populaires engagé depuis maintenant plusieurs années par la France Insoumise. Insoumis des villes, Insoumis des champs. Il a beaucoup été question de l’origine de nos député.e.s insoumis.e.s. La première chose pour moi à souligner est la diversité sociale : 1 femme de chambre d’hôtel, un chauffeur de taxi, un ouvrier de l’aéronautique, une ouvrière agricole et d’autres profils sociaux qu’on n’a pas l’habitude de voir à l’Assemblée nationale. Ensuite il est indéniable que la majorité des députés Insoumis viennent des circonscriptions des quartiers défavorisés des villes. La NUPES a des députée.es dans 61 départements de l’hexagone et dans toutes les régions même si il y en a seulement 2 en Centre-Val-de-Loire (1 EELV et 1 PC) et 1 seul dans le Territoire de Belfort (FI). Concernant la France Insoumise, ses 75 député.e.s sont répartie.e.s dans 36 départements (72 député.e.s) et 2 territoires d’Outre-Mer (La Réunion 2 et la Martinique 1) dont 28 soit 38,88 % dans les 8 départements d’Ile-de-France (dont les 2 du 77 et une du 78 sont des circonscriptions mêlant agglomération et ruralité). Sur les 44 circonscriptions hors IDF, les députés sont élus dans des départements qu’on dit plutôt ruraux : Ariège, Aveyron, Creuse, Dordogne, Haute-Pyrénées, Savoie, Tarn, Haute-Vienne soit 9 députés. Dans des départements plus mixtes, plusieurs sont élus dans des circonscriptions rurales (4 en Côtes d’Armor, Gard, Hérault, Ile-et-Vilaine) ou des circonscriptions mixtes (3 en Haute-Garonne, Sarthe, Seine-Maritime). Soit un total de 19 député.e.s (26,39 %) FI élus hors des grandes villes. Il faut plus le prendre pour un ordre de grandeur qu’un chiffre exact car la définition de ce qu’est une circonscription rurale ou mixte est évidemment sujette à discussion. On peut donc dire que la France Insoumise est plus faible en ruralité. Mais pour aller plus loin dans l’analyse il faut regarder l’histoire politique des circonscriptions car en regardant la carte des duels pour le second tour on est frappé par la différence selon les territoires : https://www.francetvinfo.fr/elections/legislatives/carte-resultats-des-legislatives-2022-decouvrez-tous-les-duels-du-second-tour-de-l-election_5194927.html Il y a de fait une diagonale, en gros de la Manche au Jura, qui sépare la France en deux au niveau des circonscriptions hors grandes villes. Ainsi à l’ouest de cette diagonale, la NUPES est présente en général au second tour à l’exception de la Vienne, de la Charente et de la Charente-Maritime, en PACA présente seulement dans le 04 et le 05 ou dans les grandes villes des Bouches du Rhône ainsi qu’une circonscription de Nice, et présente seulement dans une partie des grandes villes de Centre Val de Loire. A l’est de cette diagonale, la NUPES n’est quasiment présente que dans les grandes villes et même pas dans tous les départements. Donc plutôt qu’une opposition générale métropole/ruralité, on a une opposition villes les plus importantes des département et zones hors de ces villes dans les régions qui ne sont pas favorables à la NUPES. Quelles sont ces régions où, à l’exception des grandes villes, la gauche n’a jamais fait de très bons scores : celles qui sont historiquement rarement favorables à la gauche comme la Bourgogne (en dehors du bastion PS de la Nièvre) la Franche-Comté, le Grand-Est, la Normandie, le Centre-Val-de-Loire, des départements comme le Var, le Vaucluse, les Alpes-Maritimes etc .La NUPES n’a certes pas pu ou su faire plus que la gauche de ces 30 dernières années. Mais c’est déjà un exploit qu’on soit arrivé à cela. Il ne faut aussi pas oublier que dans certains départements, exemple l’Orne que je connais un peu, les gens qui ont les moyens de s’acheter une maison habitent plutôt dans les villages périphériques des villes «importantes du département ». Ainsi les 3 villes de plus de 10 000 habitants (avec un taux HLM de 26 % à 42%) ont des maires PS mais les campagnes votent plutôt à droite voire maintenant à l’extrême-droite avec une population âgée et un habitat assez dispersé qui rend d’autant plus difficile le militantisme. Des gains significatifs hors IDF pris à LREM par la FI notamment (il faudrait faire le travail pour toutes les circonscriptions NUPES) : De nombreuses circonscriptions qui votaient historiquement à gauche et qui avaient été gagnées par LREM en 2017 ou la droite ces dernières années – la circonscription historique de Carmaux (81-2), certes gagnée dans une triangulaire face au RN et Ensemble, qui était à gauche de 1981 à 2017 avec une parenthèse en 1993 ; – la Creuse qui était PS de 2002 à 2017 – 2 circonscriptions gagnées par la NUPES en Dordogne alors qu’en 2017 la gauche avait disparu pour la première fois du département ; – les 3 circonscriptions de la Haute-Vienne repassent à gauche alors que LREM avait fait le grand chelem en 2017 – la 2ème circonscription des Alpes de Haute-Provence gagnée contre Christophe Castaner – la 5ème du Gard qui a été majoritairement PS – la 2ème de l’Aveyron circonscription historique de Robert Fabre, MRG (député de 1962 à 1980) – la 2ème circonscription du Territoire de Belfort ,ancienne circonscription de Jean-Pierre Chevènement – la 1ère circonscription de Haute-Pyrénées ancienne circonscription de Jean Glavany PS – la 4ème de Seine-Maritime circonscription historique de Laurent Fabius – la 9ème circonscription du Val d’Oise plusieurs fois PS Des circonscriptions plutôt à droite – la 3ème circonscription de Metz historiquement à droite – la 4ème de Savoie gagnée contre Patrick Mignola président du groupe Modem à l’assemblée de 2012 à 2017) – la 4ème circonscription d’Ille-et-Vilaine toujours à droite, ancienne circonscription de Alain Madelin – la 4ème circonscription de la Sarthe historiquement à droite notamment avec François Fillon député et une seule exception Stéphane Le Foll PS élu en 2017 mais sans candidat LREM contre lui – la 2ème de la Loire très souvent à droite – la 4ème de l’Hérault plus souvent à droite qu’à gauche Mais il y a indéniablement une spécificité des Hauts-de-France qu’on retrouve dans certains départements de l’est : ce sont tous les secteurs désindustrialisés qui aujourd’hui donnent leurs voix massivement au RN. La gauche dans son ensemble paie le bilan des années de discours PS du genre « l’État ne peut pas tout faire ». Il reste donc pas mal d’études encore à faire pour mieux comprendre tous ces résultats et s’adapter en conséquence. Mais il ne faut pas oublier que quelque soit la qualité du travail sur le terrain, il est extrêmement difficile de contrebalancer le poids des médias tous tenus par des tenants du libéralisme ou maintenant par l’extrême-droite comme CNEWS et Europe 1 qui en prend le chemin, les deux sous la houlette de Bolloré. [...] Lire la suite…
1 juin 2022Rappel sur le contexte de 2017 Le 2 décembre 2016 François Hollande renonce à se présenter à sa réélection comme Président de la République. C’est une première sous la 5ème République. Cette décision est le résultat des politiques menées pendant les cinq ans de sa présidence. Commencé par la trahison de son mensonge, « mon ennemi c’est la finance », son quinquennat aura été marqué par la mort de Rémi Fraisse à Sivens en 2014, Bernard Cazeneuve étant ministre de l’intérieur, le développement des bus Macron pour concurrencer le rail pourtant bien plus écolo, l’extension du travail de nuit et du dimanche au détriment de la santé et de la vie de famille des travailleurs, et encore plus des travailleuses, défendus par Macron ministre de l’économie, la loi El Khomri en 2016 sous Manuel Valls premier ministre avec une répression des manifestations qu’on n’avait pas vu depuis longtemps, le passage aux 43 ans de cotisation pour liquider sa retraite sans oublier la déchéance de nationalité etc. Si le rejet de son quinquennat était tel et tout particulièrement dans les rangs de l’électorat de gauche et écologiste, comment pouvait-on imaginer un rassemblement avec Hollande pour les élections de 2017 ? Et pourtant certains l’ont imaginé. Début janvier 2016 paraît dans Libération un appel pour une primaire de gauche de Hollande à Mélenchon. Je me souviens de notre stupéfaction au Parti de Gauche de voir que toutes les forces se réclamant de la gauche et des écologistes se précipitaient dans des réunions pour mettre cela en œuvre. Cela nous semblait irréel qu’on ait dénoncé les politiques menées pendant 5 ans, manifesté dans la rue sous les gaz lacrymogènes et les coups, soutenu les salarié.e.s et les militants associatifs de l’écologie qui se battaient contre ces politiques pour ensuite venir leur dire on oublie tout et on part tous ensemble. Pour nous une telle reddition revenait à tuer tout espoir et à renforcer le discours déjà très présent sur les politiques déconnectés du terrain et qui ne s’intéressent qu’à leurs postes. Nous avons alors pris nos responsabilités. Il était urgent de bouger et de dire qu’il y avait un autre choix, un choix de luttes, de refus des renoncements, un choix d’espoir. Jean-Luc Mélenchon avait une émission de télévision prévue le 10 février. Il a donc été décidé d’annoncer sa candidature à cette occasion et de lancer la France Insoumise le 16 février. Pendant ce temps le reste des forces de gauche recherchait un candidat commun. Le 18 juin le Parti Socialiste appelait à une primaire commune de toute la gauche de gouvernement. On sait comment cela s’est terminé, avec la victoire de Benoît Hamon entraînant le départ vers Macron de nombreux candidats trahissant leur engagement à se ranger derrière le vainqueur. Le Parti Communiste rejetait l’idée de s’associer à la candidature de Mélenchon par un vote de son conseil national le 5 novembre 2016 malgré le soutien de son secrétaire national d’alors, Pierre Laurent. Cette décision était renversée par un vote des adhérents à la fin novembre. Dix mois donc après le lancement de la campagne de la France Insoumise et 5 mois avant le premier tour de la présidentielle, le PCF rejoignait la campagne de Mélenchon. Les législatives de 2017 se présentaient donc dans un contexte d’effondrement du PS où Hamon, candidat du PS et de EELV, n’avait obtenu que 6,36 % face aux 19,58 % de Jean-Luc Mélenchon candidat de la France Insoumise et du PCF. Nous avions tiré la leçon des législatives de 2012, ne pas avoir de campagne nationale revenait à être invisible. Ensuite l’analyse que nous avions fait pour la présidentielle était toujours valable : tout rapprochement avec le PS, tout accord, serait vu comme une trahison par toutes celles et ceux qui avaient eu à subir les 5 ans du quinquennat Hollande. Or EELV avait un accord avec le PS, ce qui rendait impossible tout autre accord . Pour ce qui est du PCF j’ai déjà raconté sur ce blog ce qui s‘était passé. Les résultats ont montré que l’analyse que nous faisions du rejet du PS était au-delà même de ce que nous pensions puisqu’il est passé de 280 élu.e.s en 2012 à 30 en 2017, un chiffre jamais atteint depuis 1958. Et EELV a été entraîné dans cette débâcle au point même que dans la circonscription dont Nöel Mamère était député, sa suppléante PS devenue la titulaire avec lui en suppléant, n’a pas pu résister à Loïc Prud’homme le candidat de la FI. Je dois avouer qu’à l’époque je n’avais pas anticipé cela. La position de la France Insoumise n’avait donc rien à voir avec le sectarisme, juste avec une analyse de la situation politique du moment. 2022 la NUPES un changement de stratégie ? Cette fois-ci c’est Macron qui était sortant avec un bilan très clair : régressions sociales, répression accrue, absence de politique écologique. Dans ce contexte, les sommations à l’Union de la Gauche ont réapparu avec encore plus de force qu’en 2012. Mais le bilan du quinquennat de Hollande n’était pas purgé. Il était impossible de tourner la page et de faire comme si tout était clair maintenant du côté du PS. De nombreux notables socialistes continuaient à maintenir des ambiguïtés dans leur relation à la majorité gouvernementale. La méfiance était toujours là. De plus après des régionales pas trop mauvaises pour le PS, celui-ci croyait encore être la force la plus puissante à gauche. De même les résultats des européennes puis des municipales faisaient croire à EELV que son heure était enfin arrivée et que le leadership à gauche lui revenait de droit. De son côté la ligne d’affirmation identitaire du PCF avait pris le dessus. La réalité est donc qu’il n’y avait aucune possibilité d’arriver à une candidature commune dans le cadre de la présidentielle. Les tentatives de candidature autres que ce soit Christiane Taubira ou Arnaud Montebourg ont très vite fait flop. Dans cette situation très complexe et très difficile face à Macron, la France Insoumise a considéré que le meilleur candidat pour y faire face était Jean-Luc Mélenchon. La suite nous a montré que c’était la bonne décision, d’autant qu’elle se conjuguait avec une ouverture bien au-delà de la France Insoumise par le lancement de l’Union Populaire symbolisée par son Parlement. Il est indéniable que l’acceptation par Aurélie Trouvé, ancienne porte-parole de Attac, d’en être la présidente était un signal très fort d’ouverture et d’appel aux réseaux militants hors partis à s’engager. Nous lui devons tous énormément. On lit beaucoup que le formidable score de Jean-Luc Mélenchon est le résultat du vote utile, qu’il a en quelque sorte détourné des votes des autres candidats. Qu’il y ait eu des électeurs pour décider dans les dernières semaines, voir les derniers jours, de changer de vote c’est indéniable. Mais s’ils l’ont fait c’est parce qu’ils pensaient qu’il était possible de battre Macron, parce que ce vote était porteur d’espoir. Comme il est difficile de nier le bon résultat de Jean-Luc Mélenchon, les opposants cherchent beaucoup d’explications pour le dévaloriser. On a eu le droit bien sûr au vote musulman, comme si les gens votaient d’abord en fonction de leur religion et pas en fonction de leur place sociale dans la société. D’ailleurs ce qui serait douteux pour Mélenchon au 1er tour ne pose pas de problème lorsqu’il s’agit de voter pour Macron au second tour face à Le Pen. Ensuite le vote Mélenchon serait uniquement un vote de grandes villes et de quartiers populaires. Il faut souligner qu’il y a en 2022 1 165 693 inscrits de plus par rapport à 2017 et pourtant il y a 1 080 021 votants en moins, soit 4,08 points de participation en moins. Malgré cela, la candidature de Mélenchon a obtenu 652 569 voix en plus, soit 2,37 points en plus. Sauf qu’en 2017 il n’y avait pas de candidature Roussel puisque le PC participait à la candidature de Mélenchon donc il faut comparer à périmètre égal avec Mélenchon 21,95 % + Roussel 2,28 % = 24,23 % en 2022 soit 4,65 points en plus face à Hidalgo 1,78 + Jadot 4,63 % = 6,38 % soit quasi exactement le score de Hamon 6,36 % candidat PS-EELV en 2017. Si donc on compare 2017 et 2022 on peut dire que la candidature de Mélenchon n’a pas empiété sur celle du bloc PS-EELV. Évidemment ce n’est pas si simple car il est à peu près sûr qu’il y a eu des mouvements d’un bloc à l’autre et y compris vers ou en provenance d’autres candidats. Cela montre que la relativisation de cette progression au nom d’un vote utile au sein de l’électorat de gauche est surtout l’expression du refus de reconnaître que le vote Union Populaire a su convaincre de nouveaux électeurs. Pour les législatives, le contexte est différent de 2017 puisque ce n’est pas le PS qui est sortant mais Emmanuel Macron qui en 2022 n’a plus l’avantage de la nouveauté mais au contraire un bilan très négatif dans toutes les dimensions, sociale, écologie et démocratique. De plus nous avions fait l’analyse qu’en cas d’échec à la présidentielle tout l’enjeu consisterait à maintenir la mobilisation de notre camp alors que spontanément les électrices et électeurs des perdants ont tendance à se dire que cela ne sert plus à rien de se bouger pour les législatives. L’appel à l’union sur la base d’un programme partagé avait donc tout son sens en ce qu’il répond à l’aspiration à ne pas subir 5 ans de plus de politiques libérales. Cet espoir ne pouvait se limiter à un accord sur quelques circonscriptions laissées aux uns ou aux autres. Cela n’aurait entraîné aucune dynamique. D’où la volonté de l’Union Populaire de n’accepter qu’une négociation globale, programme et accord portant sur toutes les circonscriptions. Il y a eu beaucoup de moqueries sur cet accord programmatique venant du gouvernement ou d’opposants au sein du PS. Carole Delga a par exemple expliqué que cet accord n’était pas crédible car il y avait des désaccords importants entre les différentes forces politiques. Mais alors comment expliquer les divers accords PS-Verts en 1997, 2002 et 2012 alors que les désaccords étaient là aussi très importants ? Selon Abel Mestre, journaliste au Monde, la NUPES serait un révélateur des faiblesses de la France Insoumise et notamment d’une implantation territoriale faible. Il n’est pas le seul à répéter cela. C’est pourtant une affirmation absurde basée uniquement sur le nombre d’élu.e.s certes faible de la FI. Mais une implantation territoriale c’est aussi le nombre de militants présents et actifs sur le terrain. Et là la FI a globalement peu de concurrence, avec de nombreux militants et notamment des jeunes avec une implantation qui ne se limite pas aux centres villes des métropoles. Il n’y a qu’à regarder le nombre de Groupes d’actions actifs déclarés sur la plateforme. A l’inverse le PS a de nombreux élus mais il lui reste très peu de militants. La FI aurait été absente des élections locales (nous avons participé à 560 listes aux municipales, été présents dans toutes les régions sauf une aux régionales et dans de nombreux cantons aux départementales). C’est donc totalement faux mais n’empêche pas les journalistes de répéter mois après mois cette contre-vérité. Il faut aussi rappeler qu’à l’occasion de ces élections locales nous avons appelé EELV à des candidatures communes et que nous avons été rarement entendus. Il aurait été difficile d’investir des binômes paritaires dans toutes les circonscriptions sauf au risque d’investir des candidats non implantés ou au profil sulfureux. En 2017 nous avons présenté 556 candidat.e.s, d’une moyenne d’âge de 41 ans, dont la moitié de femmes et 60 % n’ayant jamais adhéré à un parti politique, le PS en avait investi 414, EELV 459 le PC 461. Aucun.e de nos candidat.e.s n’a été l’objet d’un quelconque signalement à l’époque. Et donc alors qu’en 2022 il ne s’agit plus seulement de la FI mais de l’Union Populaire nous n’aurions pas été en mesure de trouver suffisamment de candidat.e.s ? Quelle mauvaise foi ! Et aujourd’hui c’est plutôt la majorité présidentielle qui a quelques problèmes avec des candidats au profil sulfureux, expression utilisée par Abel Mestre. D’ailleurs cela ne se limite pas aux candidat.e.s puisque plusieurs ministres sont aussi en cause. Quand à l’hégémonie de la France Insoumise sur les autres forces, quelques rappels chiffrés 2012 : le PS soutient EELV dans 40 circonscriptions (dans 6 d’entre elles soit 15% il y aura un dissident PS) contre un soutien de EELV dans 60 avec la promesse pour EELV d’avoir 15 député.e.s pour former un groupe. Au passage d’ailleurs il faut souligner qu’en général dans les accords PS-Verts ce sont des circonscriptions à gagner sur la droite qui sont laissées. Au final EELV obtient 17 député.e.s et le PS 280 soit 5,72 % des élu.e.s pour EELV contre 97,27 % pour le PS dont 1 dissident contre EELV. Dans l’accord de la NUPES, EELV obtient 100 circonscriptions. Au moment où j’écris, les sondages donnent de 20 à 30 député.e.s pour EELV donc bien plus qu’il n’en a jamais obtenu dans un accord avec le PS. Le programme partagé entre l’ensemble des forces participant à la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale, NUPES, a été présenté à la presse le 19 mai mais s’est heurté à un quasi silence de la part des principaux médias. Le 30 mai a été mis en place le Parlement de cette NUPES, rassemblant des représentants de toutes les forces mais surtout des syndicalistes, des militants associatifs, des intellectuels, des artistes dont plusieurs sont venus exprimer leur joie de voir ce rassemblement des forces politiques et sociales qu’ils appelaient de leurs vœux depuis bien longtemps. Gouvernement Borne : à peine installé et déjà dans la tourmente Macron a pris son temps pour proposer un nouveau gouvernement. Il est significatif qu’il ait été prêt à prendre comme première ministre Catherine Vautrin, ancienne ministre de Jacques Chirac et participante aux manifestations de la Manif pour tous contre le mariage pour tous et n’ait reculé que devant la fronde de dirigeants de LREM. Mais sa volonté de faire des coups politiques et d’affaiblir ses adversaires en débauchant ici et là a tourné court. Impossible pour lui de trouver un profil écolo acceptant d’entrer dans son gouvernement. Il faut dire que l’expérience malheureuse de Nicolas Hulot, l’inertie écologique du gouvernement quand ce n’est pas la régression a douché plus d’une tentation et l’annonce de la relance du nucléaire a certes été avalée par sa ministre sortante Barbara Pompili prête à tout accepter pour être ministre, mais n’a pas convaincu celles ou ceux qui ont encore quelques convictions écolo. Au final peu de renouvellement avec une domination des ministres issus de la droite pour ce qui est des ministères régaliens, Intérieur où se maintient Gérald Darmanin, Armées avec Sébastien Lecornu, Affaires étrangères avec Catherine Colonna, Finances où continue Bruno Le Maire. La tactique de Macron consiste à dépolitiser au maximum ces législatives, en ne prenant aucune initiative et en avançant le moins possible de propositions pour ne pas offrir d’angles d’attaques. On aura rarement vu un président nouvellement élu avoir si peu d’initiatives. Il espère ainsi démobiliser l’opposition. Mais il n’avait prévu ni le scandale provoqué par la nomination de Damien Abad accusé de viols, ni l’incapacité de son ministre de l’intérieur Gérald Darmanin et du préfet de police, de gérer autrement que par la matraque et les lacrymos les supporters lors de la finale de la Ligue des Champions au Stade de France au point de faire honte à notre pays à l’échelle internationale. Les mensonges utilisés pour cacher cette incurie ne font que rajouter au scandale. C’est pour contrecarrer cette volonté d’invisibiliser les enjeux des législatives et montrer que l’élection présidentielle ne signifiait pas la fin de toute possibilité de renverser le rapport de force que Jean-Luc Mélenchon dès le soir du premier tour de la présidentielle annonçait qu’il fallait voter pour lui comme premier ministre. Bien évidemment qu’il sait parfaitement que le premier ministre n’est pas élu. Ceux qui ont foncé la tête baissée pour s’exclamer c’est absurde ont surtout montré leur faiblesse en terme de tactique politique. Le maintien de la mobilisation sur le terrain de toutes les équipes de la NUPES et le bon accueil dans les quartiers populaires ainsi que dans ceux historiquement favorables à la gauche, montrent l’aspiration à cette victoire aux législatives. Oui nous avons la possibilité de faire l’histoire le 19 juin en remportant la majorité à l’assemblée nationale car la dynamique et l’espoir sont avec nous. Il n’y a qu’à voir la panique qui est en train de saisir le gouvernement et sa majorité qui ne l’est plus pour très longtemps. Tout dépend de la mobilisation des jeunes et des classes populaires. [...] Lire la suite…
22 avril 2022Depuis que Jean-Luc Mélenchon a émis cette hypothèse, certains se déchaînent sur le thème vous voyez il est prêt à pacter avec Emmanuel Macron. Pourtant, pour celles et ceux qui ont écouté attentivement, JL Mélenchon n’a pas dit je vais demander à E. Macron de me nommer 1er ministre. Il a appelé les français à l’élire 1er ministre. Mais me direz-vous le 1er ministre n’est pas élu. Certes, mais les député.e.s qui composent l’Assemblée Nationale, si. Petit rappel constitutionnel : – Le président de la République est élu au scrutin universel à la majorité absolue. Dimanche 24 avril à 20h nous saurons donc qui est le prochain président de la République et tout laisse à croire que le président sortant sera réélu. Le 1er ministre actuel, Jean Castex, a annoncé qu’il donnera alors la démission de son gouvernement ce qui amènera Emmanuel Macron à nommer un nouveau ou une nouvelle premier ministre en charge de composer un nouveau gouvernement. Bien évidemment ce premier ministre sera pro Macron. Aucune loi ne sera votée d’ici l’élection de la nouvelle Assemblée Nationale. Tout au plus l’Assemblée pourrait être convoquée en urgence en cas de nécessité liée à une situation imprévue : guerre, pandémie … – une nouvelle Assemblée nationale sera élue les 12 et 19 juin. Il en sortira une majorité politique soit du fait qu’une force politique aura la majorité à elle seule, comme en 2017 pour la République en Marche, soit qu’une alliance de plusieurs forces politiques obtienne cette majorité. Rappel il y a 577 députés, la majorité nécessite donc 289 députés. Suite à cette élection, le président élu peut donc voir confirmer sa majorité et peut alors soit maintenir tel quel le gouvernement qu’il aura choisi dans la foulée de son élection, soit le modifier (cas le plus courant), soit même changer carrément de premier ministre, ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire de la 5ème République. – Si Macron n’a pas de majorité à l’assemblée nationale, il est obligé d’en tenir compte pour la nomination du premier ministre. Certes rien n’oblige le nouveau 1er ministre à demander un vote de l’Assemblée nationale pour engager sa responsabilité mais si le président nomme un 1er ministre qui n’a pas de majorité, l’Assemblée nationale peut le faire tomber immédiatement par le biais d’une motion de censure prévue par l’article 50 de la Constitution : Lorsque l’Assemblée nationale adopte une motion de censure ou lorsqu’elle désapprouve le programme ou une déclaration de politique générale du Gouvernement, le Premier ministre doit remettre au Président de la République la démission du Gouvernement. Donc le premier ministre est certes formellement nommé par le Président de la République mais dépend en fait de la majorité politique de l’Assemblée nationale et la tradition veut que ce soit le leader de la nouvelle majorité politique qui soit nommé, parce que de toute façon si ce n’était pas le cas l’Assemblée nationale pourrait immédiatement voter une motion de censure pour le renverser. Aucun président de la République responsable ne peut s’amuser à créer une crise politique autour de cette nomination. La composition du gouvernement ne dépend que du 1er ministre même si la Constitution là encore prévoit par son article 8 une ratification du Président Sur la proposition du Premier ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions. Le Président pourrait-il refuser la nomination de membres du gouvernement proposés par le 1er ministre ? François Mitterrand l’avait fait en 1986 pour le ministère des Affaires étrangères et celui de la Défense, domaines relevant des compétences spécifiques du chef de l’État. Comme indiqué à l’article 39, L’initiative des lois appartient concurremment au Premier ministre et aux membres du Parlement. Ce qui montre que le président de la République n’a aucun pouvoir sur les lois et donc quasiment aucun pouvoir en politique intérieure. Le gouvernement n’est responsable que devant l’Assemblée nationale et la Constitution ne prévoit pas que le Président de la République puisse révoquer le 1er ministre. Certains diront oui mais le Sénat est de droite. C’est vrai mais la Constitution prévoit qu’en cas de désaccord entre les deux chambres le dernier mot revient à l’Assemblée Nationale. Il est donc très possible d’appliquer son programme législatif en n’étant majoritaire qu’à l’Assemblée Nationale. Ce qu’ont d’ailleurs fait de nombreux gouvernements. Donc si les élections législatives de juin donnent la majorité à une alliance autour de l’Union Populaire sur un programme politique partagé, Jean-Luc Mélenchon peut effectivement devenir premier ministre. Il ne reste donc qu’à se retrousser les manches et à tout faire pour cela. [...] Lire la suite…
27 mars 2022Le billet de David Cormand intitulé «la parenthèse écologique de monsieur Mélenchon » est un tissu d’insinuations calomnieuses à l’égard de Jean-Luc Mélenchon, la France Insoumise et l’Union Populaire. C’est une offense à l’égard de tous les écologistes insoumis. https://www.davidcormand.fr/mon-blog-articles/la-parenthse-cologique-de-monsieur-mlenchon Certaines expressions sont très révélatrices du fait que EELV ne tolère pas d’avoir perdu l’exclusivité de l’écologie. C’est ainsi que David Cormand accuse Jean-Luc Mélenchon de « tentative de hold-up sur l’écologie politique. » Un hold-up c’est un vol. EELV serait donc propriétaire de l’écologie politique ? En fait David Cormand ne supporte pas qu’une autre force écologiste existe, que son programme l’AEC soit reconnu pour la qualité du travail effectué et le sérieux des réponses apportées à la catastrophe écologique en cours. Dur pour lui de voir que toutes les comparaisons des propositions écologiques des différent.e.s candidat.e.s à la présidentielle effectuées par diverses associations (RAC, FNE …) ne donnent pas d’avantage à Jadot. Alors, puisqu’il est impossible de démontrer que le projet de Jadot est meilleur pour l’écologie que celui de Mélenchon, il faut attaquer autrement et quoi de mieux que la calomnie. Comme dit le proverbe, calomniez, calomniez il en restera toujours quelque chose. L’écologie n’aurait donc été qu’une parenthèse pour Mélenchon ? Rappelons comment ce dernier est arrivé à l’écologie. Il l’a dit publiquement en 2009 en sortant du PS, c’est d’ailleurs le fait qu’il reconnaisse publiquement son évolution qui nous avait convaincu celles et ceux qui nous posions la question de quitter les Verts, qu’il était possible de discuter avec lui. Les Verts ont popularisé en France les idées écologistes. Ils ont fait évoluer les esprits et le mien en particulier. J’ai pris conscience de l’impasse dans laquelle se trouvaient les stratégies traditionnelles de gauche pour rendre compte de l’époque et répondre aux défis qui se posaient. Il fallait être aveugle pour ne pas voir que le modèle communiste, comme le modèle social-démocrate, intégrait une dimension productiviste qui est une aberration eu égard aux limites de la planète. Depuis de nombreux écologistes ont rejoint d’abord le Parti de Gauche à partir de fin 2009, puis la France Insoumise en 2017 puis l’Union Populaire maintenant. Toutes et tous ces écologistes dont de nombreux venant des Verts puis de EELV et encore récemment, auraient donc prêter leur aide à un mensonge ? Ils/Elles ne seraient que de vulgaires rabatteurs électoraux selon les mots utilisés ? Quels mépris pour ces militantes et militants engagé.e.s dans de nombreuses luttes dont celles pour le climat depuis de nombreuses années. Venons-en maintenant à la question utilisée pour justifier une telle thèse et un tel torrent de boue : la présence de Total en Russie, avec la seule question sérieuse : est-il possible de se passer immédiatement du pétrole et du gaz russe ? A priori oui pour le pétrole en le remplaçant par celui fourni par d’autres producteurs. Mais est-ce possible pour le gaz ? Toutes les études s’accordent pour reconnaître que à très court terme c’est quasi impossible. Or ce que laisse entendre David Cormand c’est que si Jadot est élu, ce qui à l’heure actuelle est assez peu probable, le lendemain et pas 6 mois plus tard ou un an plus tard, il coupe les approvisionnements en gaz russe. C’est tout simplement un mensonge car il n’y a pas de sources d’approvisionnement alternatives disponibles aussi vite. Ce qui est très significatif c’est que pour défendre sa thèse, David Cormand oublie tout simplement de dire que l’alternative trouvée par le gouvernement pour compenser une partie du gaz russe, est du gaz de schiste américain. Or les techniques d’extraction de ce gaz sont particulièrement polluantes, raison pour laquelle d’ailleurs ce type d’extraction a été interdite en France à la suite de nombreuses luttes. Et le contrat signé par le gouvernement est pour 20 ans. 20 ans ? Quel rapport avec l’arrêt d’importation du gaz russe ? Aucun, si ce n’est qu’une nouvelle fois le libéralisme profite d’une situation pour maintenir son modèle économique sans se soucier de la planète. C’est lorsque les crises surviennent qu’il faut tenir bon nous dit Cormand. Il faudrait surtout ajouter et ne pas remplacer une mauvaise solution par une autre tout aussi mauvaise. La sortie des énergies carbonées ne se limite pas à s’en prendre à Total, mais à remettre en cause tout le modèle économique. Et cela ne passe pas par des incantations sur le thème EELV lave plus vert que tous. Comme solutions, Jadot a proposé de diminuer le chauffage d’un degré, mais les 12 millions de français qui déjà ont réduit leur chauffage faute de pouvoir payer, ils font quoi ? De faire tourner les machines à laver le soir. Comment font celles et ceux qui vivent dans des immeubles mal isolés et doivent se coucher tôt pour partir tôt au boulot le lendemain matin ? A oublier la question sociale, ces propositions ne s’adressent tout simplement pas aux classes populaires. C’est justement ce qui différencie l’écologie de EELV et celle de la France Insoumise. Certes la sortie des énergies carbonées se fera notamment pas l’isolation thermique des logements, mais même s’il est possible de faire beaucoup mieux que la politique actuelle de Macron, cela prendra quand même des mois car il faut former la main d’œuvre supplémentaire indispensable, avoir les matériaux nécessaires et planifier ces rénovations. Cette guerre démontre une fois de plus après la pandémie de COVID, que l’interdépendance des économies liées à la mondialisation libérale est un obstacle total à la bifurcation écologique indispensable. Que faute de souveraineté économique on a pas en main les outils nécessaires. Tout le monde aujourd’hui reconnaît cette nécessité de souveraineté mais combien de fois EELV a taxé Mélenchon de nationaliste pour avoir défendu cette idée ? Pour bifurquer le plus vite possible, Jean-Luc Mélenchon s’appuie sur la proposition de planification écologique, seul moyen d’y arriver. Pareil combien de fois a-t-il traité d’étatiste par EELV pour cela. Mais bonne nouvelle il semble bien que Jadot s’y soit rallié. Alors pour paraphraser David Cormand, le climat ne sera pas sauvé par des yakafokon mais par une planification écologique qui s’émancipe réellement des politiques libérales et porte une vision globale des solutions pour éviter de proposer des solutions inapplicables ou entraînant d’autres dégâts que ceux censés être supprimés. Un autre monde est possible à condition de ne pas opposer la question écologique à la question sociale. [...] Lire la suite…
21 mars 2022Tel est le titre de mon nouveau livre préfacé par Aurélie Trouvé et Thomas Portes. A partir d’une synthèse des informations sur le réchauffement climatique, l’état de la biodiversité, les diverses ressources de la planète (énergies fossiles, métaux, ressources halieutiques, état des forêts) et les pollutions affectant la santé humaine et l’environnement, ce livre montre qu’il est impossible de continuer avec une croissance infinie sur une planète aux ressources limitées. Croire que la technologie peut tout résoudre ne sert qu’à retarder le moment des décisions indispensables à prendre au risque d’en nécessiter de plus douloureuses. L’urgence est telle qu’une politique se limitant aux incitations et aux gestes individuels est inefficace. Le temps est venu d’une bifurcation écologique résolue. Globalement nous consommons trop de ressources, il faut revenir à un niveau supportable par la planète, d’où la nécessité de recentrer la consommation et la production sur les biens nécessaires au bon vivre et arrêter avec la course au consumérisme. Sobriété et justice sociale doivent être au poste de commande de toutes les politiques. En agissant dès maintenant, il est possible de convaincre la majorité de la population qu’elle a intérêt à cette bifurcation et vivra mieux qu’actuellement. Loin d’une écologie punitive, il s’agit d’une écologie des besoins, d’une écologie solidaire. Il peut être commandé à www.editions2031.fr au prix de 10 € TTC [...] Lire la suite…
9 mars 2022Ce titre est repris d’une phrase du texte de Caroline de Haas expliquant pourquoi elle votera Mélenchon à la présidentielle https://blogs.mediapart.fr/carolinedehaas/blog/040322/ce-sera-melenchon Je ne vais pas paraphraser le texte de Caroline mais je trouve qu’il aborde bien tous les aspects. J’ajouterais que dire qu’à ce stade de la campagne et compte tenu du contexte politique en France nous ne pouvons pas laisser tout l’espace au discours de racisme, de mépris de classe et d’irresponsabilité devant les enjeux écologiques, ne signifie pas délégitimer la campagne des autres candidats. Tout le monde sait que Caroline a souvent été très critique contre Mélenchon, on peut donc penser que cette décision est mûrement réfléchie. Ces derniers jours d’autres expressions venant de tous les rangs de la gauche aboutissent à la même conclusion : Quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat comme disait Aragon. Nous sommes à moins de 5 semaines du premier tour et la seule candidature qui se dégage à gauche est celle de Jean-Luc Mélenchon avec une possibilité, même si elle a encore besoin d’être renforcée, de pouvoir être au second tour. Oui par rapport à cette situation il y a un vote efficace. Je ne cherche pas à convaincre les noyaux sectaires des différentes forces politiques, c’est peine perdue, je m’adresse à celles ou ceux qui se posent des questions. De même je demande aux Insoumis.e.s de laisser les réflexes sectaires de côté. C’est vrai que les attaques injustifiées pleuvent contre Jean-Luc Mélenchon, que des positions sont inventées ou des phrases coupées ou sorties de leur contexte pour lui taper dessus. Moi aussi parfois les doigts me démangent sur le clavier. Mais cela ne sert à rien. Notre objectif n’est pas de créer une citadelle assiégée, c’est de gagner. D’autres me diront les sondages ne veulent rien dire. Un sondage seul, non. Une tendance si. Il y a des biais ? Oui tout à fait, comme celui de ne prendre que les 100 % certains d’aller voter, mais l’important est de voir les évolutions. Les sondages influent l’opinion ? C’est vrai aussi, les électeurs hésitants vont regarder les sondages et finir par choisir en fonction de celui ou celle qui a le plus de chance de gagner entre les divers candidats du spectre politique acceptable pour un électeur. Et donc pour Jean-Luc Mélenchon. Nous connaissons maintenant le nombre de candidats à la présidentielle. Les candidats de gauche (même si certains discuteront de cette classification mais ils sont vus comme cela par la majorité de la population) à eux 6 n’atteignent pas actuellement les 30 %. Et pourtant il y a aussi 6 candidats de droite et extrême-droite soit au total 12 candidats avec le même nombre des deux côtés de l’espace politique. Le nombre n’explique donc pas le poids respectif des uns et des autres. Que ce soit côté PS ou côté EELV, les résultats des élections locales (municipales, puis départementales et régionales) ont fait naître des espérances et masqué les faiblesses. Ces résultats ont été dus à une très faible participation électorale qui a comme conséquence d’écarter largement les classes populaires et les jeunes. Cela a donné une vision totalement déformée des rapports de force politique à l’œuvre dans le pays et créé des illusions quant aux perspectives présidentielles. L’atterrissage est donc d’autant plus douloureux pour certains. Aujourd’hui sa candidate Anne Hidalgo la candidate du PS est donnée autour de 2%. Cela la rend très agressive et porteuse de mensonges contre JL Mélenchon. Si elle croit qu’elle va grignoter des voix comme cela elle se trompe lourdement. C’est absurde. Des militants socialistes peuvent-ils se dire que tout cela ne vaut plus le coup, qu’il vaut mieux choisir un candidat mieux placé ? Lorsqu’on regarde le second choix possible pour les électeurs de Hidalgo, c’est très instructif : 21 % pour Emmanuel Macron. Mais il y a aussi 14 % pour Mélenchon et 29 % pour Jadot, 13 % pour Roussel. Tout cela n’est pas figé. Je pense aux militants socialistes sincères, pas les membres de l’appareil, et je comprends comment cela doit être douloureux d’avoir appartenu à un parti de gouvernement pour finir à un tel niveau. Rappelez-vous en 2012, le PS avait le président de la République, une majorité parlementaire, il gérait la majorité des régions, des départements et des grandes villes. Un tel effondrement ce n’est pas facile à vivre. Certains me diront ils n’avaient qu’à partir du PS. Certes, mais lorsqu’on a un certain âge, qu’on y a passé toutes ses années de militantisme avec ce que cela signifie de liens tissés, de camaraderie, c’est dur. Il faut donc les convaincre que voter Mélenchon ne revient pas à renier toutes leurs années de socialiste. Juste tourner la page d’une histoire qui se termine alors que semaine après semaine plusieurs dirigeants historiques font encore le choix de rejoindre Macron. EELV est sortie des régionales sur un petit nuage convaincu que son heure était venue, que plus jamais ils ne dépendraient de personne. Il y a pourtant une énorme différence entre élections locales et nationales. EELV a oublié que le taux de participation électorale n’était pas le même et notamment que les classes populaires, qui ne sont pas son électorat, se déplaçaient beaucoup plus lors d’une présidentielle. Sur un nombre bien plus important de votants leur score baisse très nettement. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire des Verts que leur résultat est bon lors des européennes ou des régionales mais qu’ensuite à la présidentielle comme aux législatives tout cela s’effondre https://www.france-politique.fr/elections-les-verts.htm Jadot espérait pouvoir mettre la question climatique au centre du débat, ce qui était cohérent avec l’urgence climatique. Mais, sous l’impulsion des médias, c’est d’abord le débat sur l’identité nationale qui a été imposé. Face à l’inflation, le pouvoir d’achat a enfin pris la relève. Mais sur ce sujet les écologistes ne sont pas jugés les plus crédibles. Avec la publication de la deuxième partie du rapport du GIEC, le climat aurait enfin dû devenir un enjeu central. Mais la conférence de presse de Jadot sur le sujet le jour même est passée totalement inaperçue. La décision de Poutine d’envahir l’Ukraine a balayé tout le reste. Jadot pense qu’avec ses postures va-t-en guerre et ses attaques répétées contre jean-Luc Mélenchon y compris avec des mensonges il va gagner des voix. Le dernier sondage d’Elabe montre plutôt le contraire -1,5% car Macron est dix fois plus crédible que lui https://www.bfmtv.com/politique/elections/presidentielle/sondage-bfmtv-presidentielle-macron-bondit-a-33-5-au-premier-tour-devant-le-pen-a-15-et-melenchon-a-13_AN-202203080664.html202203080664.html Si on ajoute les conflits internes de EELV, la dynamique pour Jadot n’est pas au rendez-vous. Mais me dit-on il y a trop de divergences entre Jadot et Mélenchon. Pourtant lorsqu’en 1997 ou en 2002 les Verts ont pris la décision de participer à des gouvernements socialistes, il y avait aussi d’énormes désaccords. Lorsque des coalitions existent pour les élections locales, ce n’est pas sur la base d’un accord politique absolu. Pour tous les écologistes convaincus de l’urgence d’agir, faire le choix de l’efficacité, même si ce n’est pas le premier choix de cœur, est un impératif. Si on ne peut plus et veut plus attendre, il faut s’en donner les moyens. Et cela aujourd’hui passe par un vote pour le candidat de l’Union Populaire, porteur des valeurs de l’écologie et qui plus est de l’écologie populaire. De son côté le PC a fait le choix de l’affirmation. C’est son droit. Mais maintenant que cette reconnaissance a été atteinte est-ce bien efficace de continuer à faire du bashing anti-Mélenchon ? Dans les sondages Fabien Roussel est donné au mieux à 4 %. Mais JLM progresse régulièrement, est passé devant Pécresse et dans ce sondage de Elabe à 13% passe même devant Zemmour. Ce qui veut dire qu’avec un candidat commun comme en 2012 et 2017, Mélenchon pourrait être au second tour face à Macron et cela créerait un espoir et donc une dynamique très forte. Mais certains militants communistes nous expliquent que les sondages de deuxième tour donnent Mélenchon perdant face à Macron et donc qu’il n’y a pas d’intérêt à y être. Avec un tel raisonnement combien de fois faudrait-il abandonner tout combat ? Pourquoi le PC a-t-il fait le choix d’aller sur la liste de Jean-Laurent Felizia de EELV avec le PS aux régionales en PACA alors que tous les sondages prédisaient un second tour RN/LR ? C’est absurde de raisonner ainsi. Imaginons que dans les 4 semaines qui restent Jean-Luc Mélenchon continuent à convaincre de l’utilité de voter pour lui et le programme de l’Union Populaire et arrive donc au second tour. Ce sera alors sans le PCF qui ne pourra donc se targuer comme en 2017 d’avoir été un des maillons du bon score réalisé. Mais imaginons le pire, que Mélenchon ne soit pas au second tour alors qu’ensemble cela aurait été le cas. Croyez-vous camarades communistes que cela ne laissera pas de traces ? Pensez-vous que le fait que vous dépassiez vos derniers scores nationaux suffira à redonner de l’espoir à toutes celles et ceux qui se battent au quotidien pour leurs fins de mois, pour leurs conditions de travail, pour l’accès à la santé ? Voter pour Roussel n’est pas inutile, c’est inefficace, ce n’est pas la même chose, cela ne permet pas d’éviter un second tour entre Macron et l’un ou l’autre des candidats d’extrême-droite. Vous nous dites pas de problème on fera barrage en votant Macron. Mais vous croyez vraiment qu’après 5 ans de politiques désastreuses socialement et environnementalement, tout cela accompagné d’une répression rarement vue, les électeurs n’ont pas envie d’une autre alternative ? Que leur seule attente soit de faire barrage à l’extrême-droite en votant Macron qui vient de les mépriser et insulter pendant 5 ans ? D’autres nous disent ce n’est pas grave, on se rattrapera aux législatives. Mais depuis l’inversion du calendrier par Lionel Jospin, le sens du vote a changé : ceux dont le candidat a perdu se démobilisent pour les législatives pendant que le camp du vainqueur met toutes ses forces à donner une majorité au président élu. Alors vous croyez que si le second tour est raté de peu, vous aurez un raz de marée ensuite pour voter communiste ? Personne ne sera gagnant, ni la FI ni vous. Et comment mobiliser dans la foulée pour résister aux politiques antisociales de Macron sur la base d’une défaite ? On ne demande à personne de se renier. Macron annonce la poursuite de son programme ultra-libéral de démantèlement du secteur public en s’en prenant par exemple au statut des enseignants. Le secteur de la santé est dans état pitoyable. L’industrie française a été démantelée. Le bilan écologique est désastreux. La répression a atteint un niveau jamais égalé. Les médias sont aux mains de groupes financiers et industriels et le peu de médias publiques restant est maintenant menacé par l’annonce de Macron de la suppression de la redevance publique. Il n’est pas possible de se dire que ce n’est pas grave que Macron soit réélu, qu’on luttera. Reconstruire sur un champ de ruines prend énormément de temps. Regardez l’Italie, la disparition de toute force de gauche digne de ce nom et même l’absence d’une force écologiste conséquente se poursuit sans lueur d’espoir à l‘horizon. Dans un tel contexte il faut savoir se saisir de l’outil qui reste disponible. Et pour le moment au niveau politique, le seul capable de maintenir un rapport de force c’est la dynamique de l’Union Populaire, son programme l’AEC et son candidat Jean-Luc Mélenchon. [...] Lire la suite…
28 février 2022Le deuxième volet du 6ème rapport du GIEC, intitulé « Impacts, adaptation et vulnérabilité », alarme une nouvelle fois sur l’urgence d’agir : le réchauffement climatique a déjà provoqué des changements climatiques plus importants et plus rapides que envisagés dans les analyses précédentes du GIEC. Des évènements prévus pour 2100 se produisent déjà et des impacts déjà irréversibles sur l’écosystème planétaire sont relevés. Le rapport signale que 20 millions de personnes deviennent réfugiées dans leur propre pays suite à des phénomènes météorologiques extrêmes. D’ici 2050 l’élévation du niveau de la mer concernera plus d’un milliard de personnes soit 10 % de la population mondiale. Entre 3,3 et 3,6 milliards vivent dans des territoires particulièrement vulnérables, notamment en Afrique, Asie, Amérique du centre et du sud et petits états insulaires. Une des premières conséquences de ce réchauffement est l’atteinte à la santé humaine avec notamment une hausse des décès liée à la multiplication des épisodes de pollutions et de canicules. Il faudra aussi faire face à un manque d’eau à partir de 2°C de réchauffement y compris pour l’alimentation humaine. De plus chaleur et sécheresse pourraient rendre inexploitables 10% des surfaces d’élevage et de culture d’ici 2050. La faune et la flore sauvage ne peuvent pas tous s’adapter à une telle rapidité de changement. Le rapport insiste aussi sur le fait que les quelques efforts d’adaptation mis en œuvre ne sont pas à la hauteur des nécessités et sont parfois carrément contre-productifs. Les solutions fondées sur la nature sont souvent plus pertinentes que le recours à de lourds travaux dont les effets secondaires peuvent parfois être désastreux. Mais il souligne aussi qu’il n’est pas impossible qu’il faille recourir à des méthodes plus radicales à partir de 2040. Et dans ce cas il vaut mieux anticiper dès aujourd’hui car par exemple relocaliser des villes par rapport à la montée des mers ne peut se décider et se réaliser dans l’urgence absolue. Il faut donc planifier. Le GIEC conclue qu’il faut absolument maintenir l’objectif de cantonner le réchauffement climatique à 1,5°C alors que la planète s’est déjà réchauffée de 1,1°C. Chaque dixième de degré a des conséquences néfastes en plus et rend de moins en moins possible les chances d’un « avenir vivable ». Halte à la procrastination. Il est possible d’agir mais il faut faire vite et choisir les bons instruments pour cela. Nous n’avons plus le temps pour une transition en douceur. Il faut une bifurcation écologique déterminée qui parte des limites de la planète et planifie la réduction des émissions de gaz à effets de serre et l’adaptation indispensable au réchauffement déjà en cours. [...] Lire la suite…
12 février 2022L’One Ocean Summit, réuni à Brest sur initiative d’Emmanuel Macron, a accouché d’une souris. Et c’est bien cela qui est désespérant. Régulièrement on peut lire que les océans sont en danger, que leur biodiversité est menacée mais les intérêts économiques priment sur toute décision qui pourrait inverser la tendance. En fait les annonces qui ont eu lieu visent plus à conforter ces intérêts établis qu’à leur remise en cause. Ainsi pour ce qui est de la pêche l’accent a été mis sur la lutte contre la pêche illégale. Certes elle représenterait entre 12 % à 28 % de la pêche totale. Mais aucune mesure n’a été décidée pour lutter contre la disparition de nombreuses espèces halieutiques liée entre autres aux techniques de pêche industrielle : 82 millions de tonnes de poisson sont pêchées chaque année, soit une multiplication par 4 en 70 ans. La plupart des grosses unités de pêche appartiennent aux pays riches dont les chalutiers industriels ramassent la moitié des prises alors qu’ils ne représentent que 1 % de la flotte mondiale en nombre de bateaux. Pire ils utilisent les pires techniques comme le chalutage qui racle les fonds marins et ramasse indifféremment des espèces qui seront commercialisées comme d’autres qui seront immédiatement rejetées à la mer car jugées inintéressantes (38,5 millions de tonnes de prises accessoires chaque année). On a vu récemment le désastre de ce type de navire usine dans le Golfe de Gascogne avec la mort de dizaines de milliers de merlans. Le nouveau danger qui menace les océans a très vite été écarté. Pas question pour Emmanuel Macron de s’engager sur le refus d’exploitation des ressources minérales des grands fonds marins. Quant aux annonces, une fois de plus avec ce président, il y a un gouffre entre les déclarations et la réalité. Ainsi 23,5 % des eaux territoriales françaises seraient des zones protégées. En fait seule 1,6 % le sont réellement, c’est à dire que toute activité humaine y est prohibée et notamment toute extraction et toute pêche. La France n’est d’ailleurs qu’au 17ème rang mondial en terme de protection de ses eaux nationales selon l’association Bloom. L’État a été condamné pour son inaction climatique. Il pourrait en être de même pour son manque d’actions à la hauteur de l’urgence à protéger les océans. [...] Lire la suite…
28 janvier 2022Une petite musique circule en ce moment : si le PC a eu moins de, député.e.s élu.e.s qu’espéré, ce serait la faute de la France Insoumise ! Ces affirmations, répétées en direction des militants afin de renforcer le sectarisme vis à vis de la FI, ne résistent pas aux faits. Selon André Chassaigne, dans une interview au Point, «aux élections législatives, l’une des priorités de La France insoumise a été de plumer la volaille communiste» https://www.lepoint.fr/societe/andre-chassaigne-il-est-illusoire-d-esperer-etre-au-second-tour-17-01-2022-2460730_23.php Or 7 député.e.s du PC sur 11 doivent leur élection à l’absence de candidat FI face à eux au premier tour. Pour tout comprendre, il faut remonter à 2012. A l’époque le Front de Gauche regroupait le PC, le PG, Ensemble, République et Socialisme etc. avec 1 candidat commun à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon et un programme commun l’Humain D’abord. Sur la base du même programme, un accord de répartition des circonscriptions entre toutes les forces du Front de Gauche a été conclu : 82 % des circonscriptions étaient réservées au PCF dont 80 % de celles où le PC avait obtenu entre 4 % et 15 % en 2007 et 263 sur 352 de celles à moins de 4 %. Dans les 98 circonscriptions de métropole attribuées au Parti de Gauche, le PC n’avait pas atteint les 5 % dans 85 d’entre elles en 2007. En 2012, le PG dépassera les 5 % dans 63 de ces 98 circonscriptions. Passée l’élection présidentielle, il n’y a plus eu de campagne nationale pour les législatives, chacun étant renvoyé à sa circonscription sans prendre appui sur les 11,10 % obtenus à la présidentielle. En 2017 aucun accord législatif ne pourra être obtenu avant le 1er tour de la présidentielle, le PC exigeant la moitié des candidat.e.s alors que le rapport de force entre PC et FI n’était clairement pas celui-là. Une fois passé le 1er tour, des négociations ont repris avec l’idée d’arriver à un accord sur un nombre limité de circonscriptions. Nous proposions un accord sur 60 circonscriptions soit 30 pour chacune des deux forces avec garantie de reconduire les sortants. En réponse le PCF, par l’intermédiaire de Pierre Laurent, proposait un accord national avec partage à égalité des circonscriptions et des campagnes chacun sur son programme mais avec le logo de l’autre force politique. Nous répondions par une proposition sur 52 circonscriptions incluant le fait de ne pas présenter de candidat Insoumis face aux sortant.e.s du PCF ainsi que 8 circonscriptions parmi celles où Jean-Luc Mélenchon avait fait ses meilleurs scores et indiquions qu’il nous apparaissait nécessaire de clore un accord d’ici le 9 mai au plus tard. Nous apprendrons par la presse le lancement de la campagne législatives du PC alors que nous attendions une nouvelle date de rencontre. Nous apprenions aussi l’existence d’accords avec le PS dans plusieurs départements. Nous en avons donc tiré la conclusion que la direction du PCF refusait de continuer les négociations. Malgré cela nous avons décidé de soutenir plusieurs candidats PCF dès le premier tour : Marie-George Buffet dans la 93-4 et Sébastien Jumel dans la 76-6 qui ont toujours montré leur volonté d’unité. Nous ferons aussi le choix politique de ne pas nous présenter contre Hubert Wulfranc dans la 76-3 et de nous retirer dans la 13-13 pour Pierre Dharéville en échange du retrait du PC face à Jean-Luc Mélenchon dans la 13-4. Stéphane Peu dans la 93-2 sera élu sous l’étiquette FI avant de rejoindre les députés PC dans le groupe GDR. Enfin Jean-Paul Dufrègne a bourré l’AG de circo de la FI pour se faire désigner candidat et ainsi éviter d’avoir un concurrent pour ensuite déposer sa candidature sous l’étiquette PC tandis que dans la 59-16 des pressions seront exercées pour faire craquer la candidate désignée par la FI et ainsi garantir l’élection de Alain Bruneel. Il faut aussi souligner que deux autres candidates du PC obtiendront à leur demande l’étiquette FI et donc pas de concurrent pour finalement déposer au nom du PC Yasmine Boudjenah dans la 92-11 (circonscription perdue par le PC en 2012 au profit du PS) et Nora Lamraoui dans la 94-7. La FI a obtenu 11,03 % et le PC 2,72 %, le total des voix des 2 forces représentant 44,09 % des voix de la présidentielle et quasiment le double des voix des législatives de 2012. En 2012 il y avait 22 candidat.e.s du FG dont 21 PCF au second tour. En 2017, ce sont 74 candidat.e.s qui ont été soutenu.e.s au second tour par la FI dont 67 FI, 5 PCF non soutenus au 1er tour, 1 EELV plus Huguette Bello à La Réunion. Peut-on dire que c’est le manque d’unité qui a fait perdre des députée.e.s au PCF et à la FI ? Le total des voix FI+PCF nous aurait peut-être permis d’arriver au second tour dans 40 circonscriptions supplémentaires, encore que les élections ne se résument pas à des additions. Sur ces 40 circos, le PCF était derrière la FI dans 36. Dans 4 on aurait été contre le FN au second tour : la 62-3 (Lens) avec le PC devant la FI, les 13-7 (Marseille) et 59-19 (Valenciennes) où la FI étaient devant le PC et la 59-17 Douai où les 2 forces étaient au coude à coude (FI 12,08 % et PC 12,07 %). Dans 11 circos on aurait pu être au second tour à la place du FN, dans 12 à la place du PS, 2 où nous aurions été face au PS et 12 face à LREM ou LR. Mais être au second tour ne signifie pas gagner systématiquement. Au final il y a eu bien plus de circonscriptions où au soir du premier tour la FI était devant le PC que le PC devant la FI. Il aurait donc fallu un accord dès le début entre les deux forces politiques pour que le PC puisse être présent au second tour dans plus de circonscriptions. La direction du PC avec Pierre Laurent porte la responsabilité de l’échec. Pour 2022 Jean-Luc Mélenchon et la FI ont proposé au PCF d’établir un accord garantissant les député.e.s sortants du PCF comme celle et ceux de la FI, mais à condition qu’il n’y ait aucune exclusive et que cela concerne bien l’ensemble des sortant.e.s, les 11 communistes comme les 17 Insoumis. L’avenir nous dira ce qu’il en est. J’espère que ce sera possible. Mais pour cela ce serait aussi nécessaire que le PCF et son candidat Fabien Roussel arrêtent les attaques polémiques contre Jean-Luc Mélenchon. Le débat sur le fonds oui, les mensonges non. Il y a assez d’adversaires à droite et à l’extrême-droite. [...] Lire la suite…
19 janvier 2022Une petite musique circule en ce moment : si EELV n’a pas eu de député.e.s en 2017 ce serait la faute de la France Insoumise ! Ces affirmations, répétées en direction des militants histoire de les rendre sectaires vis à vis de la FI, ne résistent pas aux faits. Selon Julien Sage webmaster EELV, Jean-Luc Mélenchon serait responsable d’avoir fait perdre des dizaines de députés à la gauche et aux écologistes en 2017 https://twitter.com/JuSage/status/1480559343259066369?s=20 Il faut d’abord préciser que les Verts puis EELV n’ont jamais réussi à faire élire des député.e.s sur leurs propres bases contrairement à la France Insoumise en 2017. A chaque fois celles et ceux qui ont été élu.e.s l’ont été grâce à un accord avec le PS. Comme les législatives sont l’élection qui détermine le financement des partis politiques, les accords ne sont en général que partiels. En 2012 ce sont 60 circonscriptions qui ont été réservées à EELV dans le cadre d’un accord avec le PS avec l’espérance de 25 à 30 député.e.s en cas de victoire et 15 en cas de défaite. Cet accord exclusif ne concernait ni le PC ni le PG et donc EELV a présenté des candidat.e.s contre toutes et tous les député.e.s sortant.e.s du Front de Gauche. Il y a eu 17 élu.e.s EELV. https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2011/11/19/europe-ecologie-les-verts-valide-l-accord-conclu-avec-le-ps_1606623_1471069.html Le 20 avril 2017, après avoir refusé dans un premier temps, EELV, après le retrait de la candidature de Yannick Jadot au profit de Hamon, signe finalement un accord avec le PS portant sur 42 circonscriptions assurant à EELV de ne pas avoir de concurrents PS face à ses député.e.s sortant.e.s et s’engageant en échange à ne pas se présenter face au PS dans 53 circonscriptions. Ainsi alors que s’achève le quinquennat dramatique de Hollande que ce soit en termes de questions sociales, démocratiques ou écologiques, et alors que le président sortant est obligé de renoncer à se représenter de peur de se prendre une raclée, EELV choisit de reconduire un accord législatif avec le PS. Sur les 18 député.e.s du groupe (17 EELV +1 UDB) élu.e.s dans le cadre de l’accord PS-EELV de 2012 : – 6 quittent le groupe EELV provoquant son éclatement en mai 2016. 4 passeront à En Marche et seront réélu.e.s : Paul Molac UDB, François De Rugy, Barbara Pompili, François-Michel Lambert. 2 autres siégeront au groupe PS et se présenteront avec son soutien avant d’être battus : Christophe Cavard et Véronique Massonneau – 4 ne repartent pas : Denis Baupin rattrapé par les accusations d’agression sexuelle est contraint de ne pas se représenter, Nöel Mamère devient suppléant d’une candidate PS, Danielle Auroy et Michèle Bonneton arrêtent. Il reste donc 8 sortant.e.s qui repartent avec l’étiquette ou le soutien EELV et le soutien du PS : – Eric Alauzet, un militant historique des Verts qui à peine élu rejoint En Marche. – Isabelle Attard passée à Nouvelle Donne et soutenue par toute la gauche dont la FI, arrive en 3ème position et ne peut donc se maintenir au second tour. – Sergio Coronado élu des Français de l’étranger et soutenu par la FI perd au second tour – 3 sont soit en 3ème soit en 4ème position, la FI venant après : Eva Sas dans la 91-7, Laurence Abeille dans la 94-6, Brigitte Allain dans la 24-2 et il est peu vraisemblable que l’électorat Insoumis en l’absence de candidature FI se serait reporté sur une candidature soutenue par le PS. – 2 : Seuls Cécile Duflot dans la 75-06 et Jean-Louis Roumegas dans la 34-1 bien que soutenus par le PS se retrouvent derrière les candidat.e.s FI arrivé.e.s en deuxième position. Rappelons aussi que nous avons accepté de soutenir, sans contrepartie, le candidat proposé par EELV à Mantes-la-Ville dans la 78-8. Malheureusement le refus du PC ainsi que du PS d’une candidature unitaire pour faire barrage au FN l’empêchera de passer au second tour. Donc seuls 2 député.e.s EELV sortants auraient pu éventuellement être au second tour mais au vu des résultats JL Roumegas n’avait aucune chance d’être réélu. Ne reste que Cécile Duflot qui aurait peut-être été réélue. On est très loin des dizaines de députés. Précisons aussi qu’à aucun moment EELV n’a demandé à rencontrer la FI pour discuter d’un accord. Donc pour EELV il est justifié de se présenter en 2012 contre tous les sortants et sortantes Front de Gauche mais en 2017 il est scandaleux que la France Insoumise présente une candidate dans une circonscription où la sortante EELV aurait pu hypothétiquement être réélue. Deux poids deux mesures ! Dans leur logique hégémonique, ils considèrent anormal de ne pas être soutenus sans contrepartie. Si EELV a perdu ses député.e.s en 2017, c’est à cause de la participation au gouvernement Hollande et à leur image totalement dégradée par les transfuges vers Macron ou le PS. Ils n’ont pas compris que ce dernier était tellement déconsidéré que passer un accord avec les socialistes revenait à sombrer avec eux, le bloc PS/EELV/PRG aura perdu 75 % de ses électeurs par rapport à 2012. Ils sont les seuls responsables de leur déroute. Pour 2022 EELV annonce déjà se présenter partout en France sans alliance conformément à leur motion adoptée à leur Conseil National et cela concerne aussi toutes les sortantes et sortants FI contre lesquels ils ont prévu de candidater. https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes/legislatives-les-ecolos-bretons-auront-des-candidats-partout-et-sans-alliance-17-01-2022-12906196.php [...] Lire la suite…
9 janvier 2022Panique à bord au PS où la candidature de Anne Hidalgo ne décolle pas et chez Arnaud Montebourg où la Remontada s’est muée en Degringolada. Le Ps pensait que la page était tournée après le désastreux score de Benoit Hamon, 6,36% en 2017, d’autant plus que les résultats des régionales les avaient soulagé avec la reconduite des présidentes et présidents sortants de région. Mais le PS a oublié deux points essentiels : l’énorme abstention, 66,72% aux régionales, qui en écartant le vote des classes populaires a favorisé des forces politiques comme le PS et EELVla dichotomie qui s’est installée entre les votes locaux avec l’éventuelle reconnaissance des capacités de gestion d’une région et les positionnements nationaux. Pourtant les électrices et électeurs n’ont pas oublié le bilan calamiteux de François Hollande et le passage de nombreux dirigeants PS chez Macron est vécu comme une trahison par les militants et électeurs socialistes. Pendant ces 5 ans le PS n’a pas été capable de reconstruire de la confiance vu sa difficulté à clarifier certaines de ses positions. De plus une partie des dirigeants restés au PS est toujours tentée par un vote Macron. Dans ce contexte la figure ultra-parisienne de Anne Hidalgo ne peut mobiliser l’électorat “populaire” de gauche, outre que pour le moment ses discours sont plus que creux. Mais pour convaincre il ne suffit pas de tenir des propos vagues encore faut-il faire des propositions concrètes qui résonnent auprès des électeurs. Or plus Hidalgo apparaît incapable d’atteindre un score électoral lui permettant d’être au second tour, plus l’électorat qui aurait pu revenir vers le PS se trouve conforté dans le fait de regarder ailleurs. Mais il est difficile pour le PS d’envisager d’être absent de cette échéance et Hidalgo se trouve prise en tenailles entre l’appareil PS qui veut un.e candidat.e coûte que coûte et ceux qui la poussent à se retirer pour éviter une raclée encore pire que celle de 2017 qui impacterait les législatives qui suivent. La dernière trouvaille de Hidalgo est d’espérer que Jean-Luc Mélenchon n’aura pas les 500 signatures, ce qui ne lui pose aucun problème puisque c’est la loi dit-elle, comme si le propre d’une loi n’était pas de pouvoir être modifiée. Et si il ne les obtient pas c’est qu’il ne les mérite pas selon elle !! Elle croît vraiment que dans ces conditions les électrices et électeurs de Jean-Luc Mélenchon voteraient pour elle ? Madame moins de 5% se juge plus légitime qu’un candidat qui fait au moins le double si ce n’est plus. Quelle vision de la démocratie ! L’opération Taubira et primaire à gauche apparaissait comme une tentative désespérée pour trouver une porte de sortie. Mais croire que Jadot pourrait se retirer ou risquer sa candidature dans une nouvelle primaire est absurde. Il a déjà renoncé en 2017 et cela s’est payé par un passage à vide de EELV avec des départs vers le PS ou vers Macron jusqu’aux européennes, où remis en selle par les mobilisations de la jeunesse pour le climat, aidé par l’abstention et décidé à ne pas dévier d’une ligne identitaire malgré déjà des pressions internes, Yannick Jadot a imposé une liste EELV. Le bon score obtenu suivi de celui aux régionales conforte sa conviction que le bon choix est l’affirmation identitaire de EELV. Certes il n’est donné qu’à entre 4% et 9% avec une moyenne autour de 7%. Mais il ne faut pas oublier que les scores des Verts à la présidentielle ont toujours été très faibles, un seul ayant passé la barre des 5% Noël Mamère avec 5,25 % en 2002. Les autres fois c’était entre 1,5% et moins de 4%. A partir du moment où le retrait de la candidature Jadot est un pur fantasme, à quoi sert la primaire populaire ? Elle a commencé par entretenir un discours défaitiste sur le thème sans union pas de victoire possible. Il suffirait donc que tous les candidats “de gauche” se soumettent à une primaire, que le vainqueur soit soutenu par les vaincus et ainsi la “gauche” pourrait gagner. Les mêmes qui expliquent que l’élection présidentielle ne doit pas aboutir à une campagne derrière une personne, nous proposent à moins de 100 jours du premier tour, de choisir entre des personnes et ce sans accord sur un programme. On nous dit mais lorsque Mitterrand a gagné en 1981 l’Union de la Gauche avait explosé. Certes et effectivement Georges Marchais a été candidat pour le PC au premier tour. Mais le programme commun qui avait été rédigé en 1978 représentait de fait une base utilisable. Aujourd’hui non seulement il n’y a rien mais surtout il y a ce terrible bilan socialiste : loi El Khomri, déchéance de nationalité, soutien à la Tarification à l’activité dans les hôpitaux dont on vit dramatiquement les conséquences en ce moment, incompréhension de l’urgence écologique etc … Et qu’en est-il de l’argument sans union pas de deuxième tour ? Déjà on aurait bien aimé que ceux qui donnent des leçons d’unité aujourd’hui aient eu les mêmes convictions en 2017 cela nous aurait évité un second tour Macron/Le Pen. Quant au nombre de candidats, Mitterrand gagne en 1981 avec 10 candidats dont 6 de “gauche”, Hollande gagne en 2012 avec 10 candidats dont 5 de gauche. Donc le problème n’est pas la division mais existe-t-il une force politique motrice au sein de cet espace politique large et y-a-t-il une réserve pour le second tour. Les 5 ans qui se sont déroulés depuis 2017 ont surtout vu l’ampleur du décrochage politique des classes populaires, écœurées par la politique menée par les gouvernements de Hollande, incluant d’ailleurs EELV pendant 2 ans, et le découragement face à des luttes qui n’arrivent pas à faire céder le pouvoir et qui sont victimes d’une répression policière et judiciaire allant crescendo depuis la loi travail à l’époque de Valls comme premier ministre. Dans ce cadre il est extrêmement difficile de convaincre les électeurs d’utiliser le bulletin de vote pour reprendre dans les urnes ce qu’on a perdu dans la lutte. Et c’est notre problème principal et la tâche à laquelle la France Insoumise s’attelle. D’ailleurs lorsqu’on regarde la rafale de sondages qui sortent depuis plusieurs semaines, on voit que les résultats en faveur de Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot diffèrent selon la participation prise en compte. A faible participation Jadot n’est pas très loin de Mélenchon, à l’inverse une participation plus forte creuse l’écart au bénéfice de Jean-Luc Mélenchon. Or le débat sur cette élection ne fait que démarrer. La France Insoumise et son candidat sont prêts avec un programme bien travaillé, une expérience de campagne électorale sans commune mesure, une implantation dans les quartiers populaires qui commence déjà à se faire sentir dans la mobilisation sur le terrain. Leur campagne est audible alors que celle de Jadot a du mal à percer. Côté PS, Anne Hidalgo a pris acte que Jadot ne retirera pas sa candidature et donc que la primaire ne peut se tenir. Elle est donc obligée de maintenir sa candidature. Mais coup d’éclat, Christiane Taubira a pris goût à l’hypothèse d’être candidate, elle annonce donc sa participation à la primaire populaire et le respect du résultat. Sachant qu’avec le refus de Yannick Jadot, Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon, elle sera la seule candidate ayant un petit poids électoral à y participer, que fera-t-elle si elle arrive en tête ? Une candidature de plus contrairement à ce qu’elle avait annoncé ce qui en ferait une répétition de 2002 qui la cantonnerait ainsi que Anne Hidalgo et Yannick Jadot sous les 5% ? Malgré ces refus, la primaire populaire annonce le maintien d’un vote avec les candidats qui ne souhaitent pas y participer et soutiendra la ou le vainqueur de ce vote et donc indépendamment du programme que chacune ou chacun défendra. Quelle drôle de façon de faire de la politique ! Comment peut-on être disposé à voter indifféremment pour la retraite à 60 ans ou celle à 62 ans, celle par points ou celle par annuités, pour le nucléaire ou contre, pour accepter les diktats de l’Union Européenne et ce au détriment des travailleur/se.s et de l’environnement ou pas etc. Lancer une grève de la faim pour cette primaire en rajoute encore dans la guignolade au moment où des sujets bien plus importants préoccupent les françaises et français comme l’état de l’hôpital, les difficultés de fin de mois aggravées par l’inflation et l’inquiétude face aux conséquences du réchauffement climatique. [...] Lire la suite…
20 décembre 2021Quelle émotion hier soir. Quarante sept ans après le coup d’état militaire du général Pinochet qui mettait fin au gouvernement d’Unité Populaire du président Salvador Allende, le Chili retrouve un président de gauche. Je n’ai pu m’empêcher de penser à tous les camarades tombé.e.s dans la lutte contre cette dictature, aux camarades disparus, aux prisonniers de la révolte d’octobre 2019, aux Mapuches en lutte pour récupérer leurs terres ancestrales et refuser le pillage de la nature. Je pense tout particulièrement à mon ami Sergio Ruiz Lazo disparu le 21 décembre 1984, cela fera 37 ans demain. Ce qu’il y a de fantastique au Chili c’est que les anciens ont continué à transmettre leur expérience mais que de nouvelles générations se sont levées, comme lors du mouvement étudiant de 2011 pour un enseignement public, gratuit et laïc, dont est issu Gabriel Boric tout comme le député Giorgio Jackson de Renovacion Democratica et Camila Vallejo et Karol Cariola toutes deux du PC chilien. Puis une nouvelle génération a encore pris le relais notamment avec le mouvement populaire démarré en octobre 2019 lors de l’augmentation du prix du ticket de métro à Santiago mais qui s’est très vite transformé en mouvement populaire plus général : no son 30 centavos son 30 años. Les lycéens ont refusé de payer bientôt suivi par l’ensemble de la population avec le soutien des travailleurs du métro. Le 18 octobre le gouvernement décrète l’état d’urgence. La répression va faire plus de vingt morts et des centaines de blessés. Mais la mobilisation s’étend et unifie l’ensemble des luttes comme si cette hausse de tarif avait été la goutte d’eau de trop, sous la bannière « Grève générale ! Assemblée constituante souveraine, maintenant ! » 25 Octobre 2019 la “marcha la más grande de Chile” avec près de 2 millions de manifestants à Santiago au son de Chile despertó et Nueva Constitución Il faut savoir que la Constitution actuelle date de l’époque de Pinochet et même si elle a subi plusieurs révisions depuis, celles-ci n’ont pu être que limitées et n’ont pas remis en cause le modèle ultra-libéral inscrit dans la Constitution sous l’impulsion de Milton Friedman économiste de l’école de Chicago. C’est pourquoi depuis des années le mot d’ordre de Assemblée constituante est devenu si présent. Le mouvement d’octobre 2019 a arraché une modification permettant de convoquer un référendum pour décider ou pas de la constitution d’une assemblée constituante. Pour cause de COVID, ce référendum n’a finalement eu lieu qu’en octobre 2020. Le texte soumis au référendum a beaucoup été critiqué car il contenait un seuil de blocage d’un tiers de sièges au sein de la Convention Constituante et ce alors que la droite chilienne faisait campagne contre le changement de constitution. Pour la première fois une assemblée est élue (78% de pour) avec l’obligation d’être paritaire, 17 sièges ont été réservés aux communautés indigènes, Elisa Loncon, universitaire Mapuche, en a été élue présidente et le seuil de blocage n’a pas été atteint par ceux qui refusent le changement de constitution. L’enjeu de cette élection présidentielle était énorme. La poursuite des travaux de la Convention constituante était en danger en cas d’élection d’un des deux candidats de la droite. Le premier tour a vu s’affronter plusieurs candidats dont plusieurs représentants des forces politiques traditionnelles de ces dernières décennies. Sebastián Piñera, le président de droite ne pouvait pas se représenter puisque la Constitution chilienne limite le mandat présidentiel à 4 ans non renouvelable immédiatement. Son remplaçant Sebastián Sichel est battu dès le premier tour avec 12,79%. Le candidat de l’extrême-droite se revendiquant de Pinochet et totalement opposé à la Constituante, José Antonio Kast est arrivé en tête avec 27,9% contre 25,8% pour Gabriel Boric. Il proposait de réduire encore plus les dépenses publiques, de diminuer les impôts, de maintenir le régime de retraite par capitalisation qui fait l’unanimité des salariés contre lui, de supprimer le ministère de la condition féminine et était opposé au mariage pour tous, voulait interdire l’avortement, donner plus d’aides sociales aux femmes mariées qu’aux autres, et dans un sinistre remake du Plan Condor de sinistre mémoire, collaborer avec les gouvernements étrangers pour poursuivre les opposants de gauche considérés comme radicalisés. Il me semble aussi important de préciser dans quel cadre Gabriel Boric était candidat car après sa victoire on voit beaucoup de réécriture de l’histoire ici en France. Il avait été élu député en 2014 contre la droite et contre la Concertación alliance de la Démocratie Chrétienne (soutient de Pinochet en 1973), du PS et des Radicaux, le seul de ce cas vu le système électoral en vigueur à l’époque. Il appartient au Frente Amplio et a été choisi comme candidat à la présidentielle suite à une primaire avec Daniel Jadue candidat du Parti communiste chilien dans le cadre de l’alliance Apruebo Dignidad. De son côté le Parti socialiste chilien a lui préféré soutenir la candidate de la Démocratie Chrétienne Yasna Provoste qui a été sèchement éliminée au 1er tour avec 11,61% des voix. Certains ont accusé Gabriel Boric de manque de radicalité. Mais il faut savoir que le Chili est le pays le plus inégalitaire de l’OCDE et que tout est privé, l’éducation, la santé, la retraite … Il promet d’en finir avec le néo-libéralisme et de « remettre l’État au cœur des politiques publiques pour garantir des conditions de vie dignes »Pour cela il promeut une réforme fiscale pour un meilleur partage des richesses, un meilleur accès à la santé, à l’éducation, ainsi que la fin des AFP (système de retraites par fonds de pension) pour un système par répartition. Maintenant il est indéniable qu’il ne va pas avoir les coudées franches. Il n’y a pas de majorité au Congrès et la droite ne va pas s’avouer vaincue aussi facilement. Aussi seule la poursuite de la mobilisation populaire en soutien aux mesures proposées par Boric permettra de les mettre en œuvre. ¡Chile despertó! Le Chili s’est réveillé. Vous pouvez retrouver aussi mon article sur l’élection de 2017 et le bilan totalement décevant de Michelle Bachelet https://martinebillard.fr/chili-lirruption-du-frente-amplio/ [...] Lire la suite…
17 décembre 2021“Une croissance infinie est impossible, nous n’avons qu’une seule Terre” Ce blog s’est arrêté il y a un an. Sa forme était devenue obsolète et sa maintenance difficile à assurer. Voici le nouveau et sans avoir perdu les anciens billets ! Merci à mon ami Reda, responsable de ce vrai miracle. J’ai fait le choix de mettre en exergue la phrase de René Dumont parce qu’elle résume parfaitement le défi auquel nous sommes confrontés : une croissance infinie sur une planète aux ressources limitées est impossible. J’aurais aimé que le premier billet de ce blog rénové soit pour annoncer de bonnes nouvelles. Comme par exemple le fait que la COP 26 aurait permis des avancées significatives dans la lutte contre le réchauffement climatique avec la décision de prendre des mesures concrètes accompagnées de mécanismes de contrôle. Comme vous le savez ce n’est malheureusement pas le cas. Au niveau français ce n’est pas mieux. Emmanuel Macron dans son discours de présentation de la présidence française de l’Union Européenne a expliqué qu’« atteindre la neutralité carbone ne signifie pas produire et consommer moins ». La catastrophe est à notre porte mais on continue comme avant ? C’est criminel de penser ainsi. Le GIEC dans son dernier rapport a démontré qu’il restait 10 ans pour engager la bifurcation écologique indispensable pour qu’on puisse disposer encore d’une planète vivable. Visiblement E. Macron n’a pas écouté. Ce blog continuera à vous faire partager des réflexions et des informations sur tout ce qui concerne cette question de bifurcation écologique. Au cours de ces années, beaucoup m’ont dit apprécier les billets que j’ai pu écrire concernant les échéances électorales et notamment les bilans. Je continuerai donc de travailler sur cette thématique. J’écrirai aussi sur tous les autres sujets d’actualité politique que ce soit à propos des questions sociales, de liberté, de féminisme, de lutte contre les discriminations etc. Tout ce qui passe en Amérique Latine, à commencer par le Chili, pays si cher à mon cœur, trouvera également sa place sur ce blog. Enfin il sera bien évidemment question de la campagne présidentielle, à commencer par celle du candidat de l’Union Populaire, Jean-Luc Mélenchon, et de son programme l’Avenir en Commun (AEC). [...] Lire la suite…
12 décembre 2020Article paru sur le site de l’Insoumission [|https://linsoumission.fr/2020/12/10/5eme-anniversaire-des-accords-de-paris-rien-a-feter/|fr] Le 12 décembre 2015, lors de la signature de l’Accord, les chefs d’État se sont ostensiblement congratulés. Pourtant les objectifs en termes d’augmentation des températures (2°C et si possible 1,5°C) ne reposaient que sur des engagements volontaires. Leur somme dessinait en fait une trajectoire de hausse des températures d’au minimum 3°C. Sur les 195 pays signataires, 12 ne l’ont pas ratifié (dont des pays producteurs de pétrole comme l’Irak, l’Iran, l’Angola …), les États-Unis se sont retirés momentanément et seuls une vingtaine ont défini un plan d’actions permettant de respecter leurs engagements à condition qu’ils le mettent en œuvre. ” «Je savais que ce serait extrêmement difficile (…), mais c’est vrai que ce que je n’anticipais peut-être pas, c’est le fait que beaucoup de gouvernements allaient ne pas honorer leurs engagements.”» dixit Laurent Fabius qui était président de la COP 21. Naïf ? Car il était très clair que l’accord n’était pas contraignant et ne prévoyait aucun moyen de vérification. Ce texte avait réussi la prouesse de ne jamais citer les énergies fossiles comme responsables des émissions de gaz à effet de serre, ni les émissions liées au transport aérien et maritime mondial. Il conseillait « ”d’accélérer, d’encourager et de permettre l’innovation pour une riposte mondiale efficace à long terme face aux changements climatiques et au service de la croissance économique et du développement durable.” ». La remise en cause de cette course à la croissance mortifère en termes d’émissions de gaz à effet de serre était totalement absente. Les terres agricoles et les forêts étaient réduites à des «” puits et réservoirs de carbone” », l’agriculture industrielle n’était pas remise en cause et la défense du libre-échange passait par l’acceptation des accords commerciaux internationaux type TAFTA, Les derniers chiffres connus sur le réchauffement climatique, ceux de novembre, indiquent une augmentation moyenne de la température mondiale de 1,2°C. Nous en voyons déjà les conséquences : sécheresses (Brésil, Argentine, Paraguay, Chili) provoquant un déficit de ressources en eau et des mégas feux en Australie, Amazonie et Californie ; inondations records en Asie et Afrique ; 2 fois plus de cyclones que la moyenne dans l’Atlantique nord et d’intensité plus forte ; des millions de personnes déplacées. En Europe une étude menée par Oxfam montre que les Européens les plus riches sont responsables de 27 % des émissions, celles des 10 % les plus riches ayant augmenté de 3 % entre 1990 et 2015 et celle des 1 % les plus riches de 5 %. Pendant ce temps, celles des 50 % les plus pauvres ont baissé de 24 % et celles des 40 % de revenus moyens de 13 %. Les inégalités sociales se doublent d’inégalités environnementales. Les riches polluent beaucoup plus que les pauvres, ce sont donc eux qui doivent en premier modifier leurs modes de consommation. En prévision du Sommet de l’ambition climatique qui aura lieu le 12 décembre, la Commission européenne a proposé de renforcer les engagements pris en augmentant l’objectif de réduction des émissions de GES de moins 40 % à moins 55 % en 2030 (le Parlement européen a voté pour une baisse de 60%). Or entre 1990 et 2019 ces émissions n’ont diminué que de 24 % au sein de l’UE (hors Royaume-Uni). Pour la France cela impliquerait de réduire ses émissions de – 45 % par rapport au niveau de 2019 selon Negawatt or entre 1990 et 2019, elles n’ont diminué que de 19 %. De plus repousser sans cesse la réduction des émissions tout en maintenant l’objectif de la neutralité carbone en 2050 signifierait un effort gigantesque de réduction entre 2030 et 2050. Il est donc plus réaliste de commencer dès maintenant. En comparant les engagements pris et leur mise en œuvre le rapport du PNUE (programme des Nations Unies pour l’environnement) conclue : « le monde n’est absolument pas sur la bonne trajectoire pour combler ce fossé et pour respecter les objectifs de l’accord de Paris ». La crise sanitaire, malgré la baisse attendue de 7 % des émissions en 2020, n’aura qu’un effet négligeable sur le réchauffement climatique compte tenu de la durée de vie des GES. Pire si la relance s’accompagne d’une explosion de la consommation d’énergies carbonées nous irions vers une hausse des températures entre 3° et 4° C. Pourtant la tendance pourrait être inversée. Pour cela il faut s’en donner les moyens concrets et donc planifier très précisément cette baisse des émissions de GES. Les secteurs concernés sont connus : énergies, transports, agriculture et utilisation des sols … Les solutions aussi à condition ne pas chercher à contourner les décisions courageuses par des fuites en avant technologiques de géo-ingénierie ou des impasses comme le piégeage du CO2 par les océans pourtant déjà saturés ou la relance du nucléaire tel que continue à le prôner E . Macron alors que le fiasco des EPR est éclatant. Ayant présidé la COP 21 qui a abouti à cet accord, on aurait pu imaginer que la France allait soutenir une politique exemplaire. Il n’en a rien été et les politiques menées par l’actuel président tournent le dos à toute amélioration. Le plan de relance profite aux secteurs aérien et automobile sans contreparties environnementales de même que la suppression de l’impôt de production pour toutes les entreprises. Rien n’est prévu pour aider à sortir de l’élevage industriel et les aides à la rénovation thermique du bâti ne sont toujours pas à la hauteur. Macron comme toujours nous explique que la France fait mieux que ses voisins. Ses permanentes vantardises deviennent fatigantes face à la réalité que sont la baisse du budget du ministère de l’environnement, la dislocation de l’ONF, le démantèlement programmé de EDF, la privatisation du rail, l’abandon des ressources industrielles qui nous permettraient justement de faire face aux nécessités de la bifurcation écologique (General électric …) avec leur délocalisation synonyme d’exportations des émissions de GES et l’abandon des promesses faites à la Convention citoyenne pour le climat. La planification proposée par la France Insoumise vise à répartir, après un débat démocratique, et sur la base de la justice sociale, les efforts à faire par chaque secteur et chaque région pour aboutir à cette neutralité carbone en 2050. Il y a urgence à agir résolument pour cette bifurcation sinon la vie sur terre deviendra intenable. Mais cela suppose de rompre avec le système productiviste actuel, de démontrer qu’on peut modifier nos modes de consommations en supprimant l’inutile et les gaspillages et vivre dans une société de sobriété heureuse qui au lieu de courir derrière la croissance mette l’humain au poste de commande. [...] Lire la suite…
12 décembre 2020Article paru sur le site de l’Insoumission [|https://linsoumission.fr/2020/12/03/5-ans-apres-la-cop-21-autoritarisme-et-inaction-toujours-a-loeuvre/|fr] Il y a 5 ans la COP 21 s’ouvrait à Paris le 30 novembre. L’année 2015 était annoncée comme étant la plus chaude de la planète avec un dépassement de 1° C. Depuis, la période 2015-2019 a vu les températures moyennes les plus élevées jamais observées. 2020 pourrait arriver au 1er rang des plus fortes chaleurs depuis 1900 avec une moyenne dépassant la normale de 1,5°C à 1,6°C. La hausse des températures se poursuit donc inexorablement. Les concentrations en gaz à effets de serre battent des records selon l’Organisation météorologique mondiale qui pour le CO2 annonce 400,1 ppm en 2015, 414 en juillet 2020. Mais la bifurcation indispensable n’est toujours pas au rendez-vous. En 2015 les ONG exhortaient les gouvernements à laisser 80 % des énergies fossiles dans le sol. Au même moment, l’entreprise pétrolière canadienne Vermillon Energy obtenait un permis de recherche d’hydrocarbures en Seine-et-Marne. 5 ans plus tard en 2020, comme un pied de nez sinistre, l’entreprise française Bridgeoil demande un permis pour 10 nouveaux forages toujours en Seine-et-Marne. En 2018 les émissions de gaz à effets de serre liées à des financements de banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société générale et BPCE) ont atteint plus de 2 milliards de tonnes équivalent CO2 soit 4,5 fois les émissions de la France selon un rapport des ONG Oxfam et Amis de la Terre. Les engagements sont toujours remis à plus tard. A l’occasion de la tenue de la COP21 des manifestations étaient prévues dans tous les pays du monde. Malheureusement à Paris, le 15 novembre des attentats étaient perpétrés par des commandos de Daech au Stade de France à St Denis puis au Bataclan et dans des cafés des 10ème et 11ème arrondissements de Paris. La déclaration consécutive de l’état d’urgence a alors été utilisée par Manuel Valls 1er ministre de François Hollande pour interdire la chaîne humaine prévue le 29 novembre par les plus de 130 associations, syndicats et partis politiques en hommage aux victimes des attentats, pour la justice climatique et pour la paix. Alors que des manifestations pacifiques se sont déroulées dans la quasi-totalité des pays, en France l’état d’urgence sera utilisé pour multiplier les perquisitions et les assignations à résidence contre des militants écologistes et la chaîne humaine se terminera par de nombreuses interpellations. La COP 21 s’est conclue le 12 décembre par les Accords de Paris fixant l’objectif de ne pas dépasser 2°C de hausse de température et même si possible 1,5°. Mais ces accords n’avaient rien de contraignant et les politiques menées par les différents pays sont bien loin du respect de ces enjeux. La COP 26 qui devait se tenir à Glasgow a été repoussée à novembre 2021 pour cause de pandémie. Mais un sommet virtuel sera organisé pour y présenter des « annonces ambitieuses » nous dit-on. Mais à quoi sert de relever les objectifs pour 2030 si tout se limite encore à des intentions non contraignantes et comment y croire alors que les objectifs de 2020 n’ont pas été tenus ? Il y a pourtant plus qu’urgence lorsqu’on voit la multiplication et l’intensification des phénomènes climatiques. En France, 5 ans après, le ministre des « cars Macron » devenu président de la République agit aussi peu que son prédécesseur contre les émissions de gaz à effets de serre et réprime tout autant toute expression contre les politiques qu’il mène. [...] Lire la suite…
22 avril 2020Les premières annonces de relance économique montrent que certains ne tirent aucune leçon de cette pandémie et au contraire essaient même d’en tirer profit pour revenir sur de maigres avancées en termes de lutte contre les émissions de gaz à effets de serre ou de pollutions chimiques par les pesticides. Le Medef appelle ainsi à suspendre nombre de normes environnementales et sociales au nom de la relance économique. Le patronat européen de l’automobile demande de ne pas appliquer les récentes normes d’émission de CO2 jugées trop contraignantes. Y-a-t-il vraiment urgence à relancer cette production ? Le plan de réouverture du trafic aérien montre aussi cette tendance à repartir comme avant alors qu’il est passé de 1,665 milliards de voyageurs transportés en 2003 à 4,223 milliards en 2018. Or les premiers vols annoncés sont des vols au sein de l’hexagone alors que le rail dessert ces mêmes destinations en polluant nettement moins. L’urgence n’est pas à relancer ces secteurs mais à investir dans l’hôpital public, dans la recherche médicale, dans l’attention apportée à nos anciens et plus largement dans la santé en relocalisant les productions qui vont avec (médicaments, matériels nécessaires ..) __Le problème n’est pas donc pas de revenir à la normale car c’est la normale qui pose problème__ Depuis déjà plus d’une décennie, la possibilité d’un coronavirus provoquant une pandémie a été envisagée, et encore plus après le SRAS 2002, H1N1 2009 et Ebola 2014. Sans oublier les épidémies de dengue et de chikungunya qu’on a peut-être trop tendance à négliger parce que jusqu’ici elles ont surtout concerné les territoires d‘Outre-mer. Pourtant les gouvernements ont continué avec la folie du néo-libéralisme dont la généralisation de l’économie à flux tendus accompagnée de délocalisations vers les pays à moindre coût social et environnemental. La déforestation et l’expansion humaine dans de nouveaux territoires par suite de l’augmentation de la population ont mis en contact les humains et des animaux porteurs de virus qui jusqu’ici vivaient loin de nous. Même les précédentes alertes, grippe aviaire et grippe porcine, n’ont pas arrêté cette marche vers l’abîme. La pandémie de COVID-19 a pris une ampleur inhabituelle. Sera-t-elle enfin celle qui nous oblige à revoir nos modèles de production et d’échanges ? Elle démontre en tout cas qu’il est possible d’arrêter partout dans le monde les activités qui ne sont pas indispensables ainsi que la nécessité d’un état organisateur et planificateur. Le confinement a cet avantage de montrer quels sont les secteurs indispensables : tout ce qui permet de s’alimenter, l’eau (en Guadeloupe et Martinique les coupures d’eau sont fréquentes à cause d’infrastructures défaillantes), la santé, l’énergie, les transports, le logement et toute l’industrie qui va avec ces besoins. C’est donc dans ces secteurs qu’il faut investir en priorité en relocalisant les productions correspondantes (et en développant l’autonomie alimentaire des territoires d’outre-mer et les synergies régionales comme le démontre l’appel aux médecins cubains en Martinique et Guadeloupe). De plus les investissements doivent intégrer l’objectif d’une économie décarbonée ce qui signifie choisir des transports non polluants, des logements isolés, des énergies renouvelables etc .. Il met aussi en lumière la nécessité de rompre avec le modèle économique existant qui met le profit aux commandes à la place de l’intérêt général comme par exemple la fermeture d’usines de productions indispensables (masques, bouteilles d’oxygène etc .) On voit qu’il y a de quoi créer de l’emploi. Mais il faut aussi soutenir des secteurs qui sont de grands pourvoyeurs d’emplois non délocalisables et qui sont parmi les plus touchés par les conséquences économiques du Covid19 : les cafés et restaurants, l’hôtellerie et l’hébergement de tourisme, le petit commerce non alimentaire, l’artisanat, la culture (cinéma, théâtre, spectacle vivant). Le risque de faillites de nombreuses entreprises de ces branches est indiscutable. Mais est-ce la proposition du Medef de supprimer des congés, d’augmenter les horaires de travail et de supprimer les RTT vont régler leurs difficultés ? Bien sûr que non. La consommation qui n’a pas eu lieu dans la restauration ne va pas être rattrapée ! Et ainsi de suite. Les entreprises de ces secteurs n’ont pas besoin d’une augmentation des heures de travail de leurs salariés, mais d’une aide directe pour passer ce moment difficile car nous avons intérêt au maintien de l’emploi. Pour le tourisme, on sait déjà que cet été il n’y aura pas séjours à l étranger. Est-ce un mal ? Ne serait-ce pas plutôt un bien que d’en finir avec cette prédation du tourisme de masse et d’en revenir à un tourisme plus responsable ? Une autre des leçons de cette épidémie est de montrer que sa diffusion dépend aussi de l’urbanisme existant. Dans les métropoles où lieux de travail, d’habitat ou de loisirs sont éloignés les uns des autres et nécessitent d’utiliser des transports en commun surchargés, l’impact est d’autant plus fort, tandis qu’ailleurs l’implantation des centres commerciaux en périphérie de ville rend plus difficile le respect de mesures barrières. Une preuve de plus qu’il faut revoir l’aménagement du territoire dans une vision plus écologique. Les collectivités locales ainsi que les entreprises privées se sont lancées dans une concurrence effrénée pour obtenir le matériel manquant en Chine. Quelle absurdité ! Mais il faut reconnaître qu’elles ont dû faire face à la mauvaise la gestion ou plutôt à l’incurie gouvernementale. Alors que l’État aurait dû jouer son rôle de planificateur au profit de l’intérêt général, Macron et Edouard Philippe ont réussi à augmenter la pagaille. Quelle tristesse, alors que c’est justement dans ce type de situation qu’une planification bien pensée, au profit de tous et s’articulant avec les capacités locales de relais serait indispensable. Comment croire que ce gouvernement est en mesure de mettre en œuvre les politiques nécessaires à l’indispensable et urgente bifurcation écologique ? L’après-confinement peut et doit déboucher sur un autre modèle de société, plus écologique, plus solidaire, avec plus de reconnaissance pour les métiers de celles et ceux qui apparaissent indispensables. __Nous avons besoin de soignant.e.s, de caissières, d’éboueurs … pas de traders__. __Nous n’avons pas besoin de plus de concurrence, plus de croissance, plus d’accumulation. Nous voulons rétablir la gestion du temps long plutôt que la dictature du temps court, le qualitatif plutôt que le quantitatif. Pour cela nous assumons de ne pas vouloir relancer des secteurs inutiles ou écologiquement néfastes tout en garantissant la reconversion des travailleuses et travailleurs, de s’appuyer sur des services publics au service de l’intérêt général, d’utiliser l’outil de la planification écologique pour faire face à l’urgence. Nous préférons un futur de sobriété heureuse à un futur rythmé par les angoisses d’épidémies mortelles__. [...] Lire la suite…
17 avril 2020Les municipales ont fait apparaître des tensions au sein de EELV entre une ligne défendue par Yannick Jadot visant à conquérir l’électorat centriste et une ligne plus de gauche. C’est un débat récurrent chez les Verts français. Il a été porté à d’autres époques par Antoine Waechter fondateur du MEI fluctuant entre droite et EELV selon les élections, puis par Dany Cohn-Bendit aujourd’hui thuriféraire de Macron. Il a souvent son centre de gravité au sein de la délégation au parlement européen. On peut au moins reconnaître la cohérence de Jadot entre ses prises de position en France et celle exprimée avec la signature du «Plan de relance verte pour un monde durable» signé aussi par Michèle Rivasi avec des PDG de plusieurs multinationales comme Renault Volvo Unilever Danone Engie Suez etc .. qui dans le même temps font un lobbying intense pour abandonner les objectifs climatiques de l’Accord de Paris.. Bizarre le silence de Julien Bayou à ce propos. Pourtant cela provoque pas mal de remous au sein de EELV. Je citerai en exemple le billet de Alain Coulombel, porte-parole de EELV, “Votre modèle durable n’est pas le notre” et sa caractérisation des 2 signataires EELV : ”Dérive écolo-centriste ? Opportunité stratégique ou volonté de saisir la crise du Covid-19 pour transcender les vieux clivages ? Probablement un peu de tout cela”. [|https://blogs.mediapart.fr/alain-coulombel/blog/160420/votre-modele-durable-nest-pas-le-notre |fr] Aujourd’hui au Parlement européen, LREM avec qui Jadot a signé cette tribune, ont rejeté un amendement demandant que la relance européenne respecte les objectifs climatiques de l’accord de Paris. En Marche n’aura pas attendu longtemps avant de démasquer son vrai visage. EELV LREM et LR ont aussi voté contre un amendement refusant que l’épidémie de COVID-19 soit utilisé pour réduire les droits des travailleurs. Faut-il imiter Julien Bayou et dire militant.e.s de EELV rompez les rangs ? Notre désaccord sur les questions européennes ne se limite pas à cet appel. Alors que pour faire face à la crise économique conséquence de l’épidémie du COVID-19 les députés de la France Insoumise au parlement européen ont proposé que la BCE prête directement aux états à taux zéro au lieu de continuer à prêter aux banques pour qu’ensuite celles-ci prêtent aux états en s’enrichissant au passage par la facturation de taux d’intérêt, les députés de EELV ont voté contre. Julien monte sur ses grands chevaux parce que Jean-Luc Mélenchon se demande si sa proposition relève du gouvernement d’union nationale ou de la grande coalition pratiquée par les Verts notamment en Allemagne. Alors reprenons son discours au Conseil Fédéral de EELV du 4 avril 2020. Déjà remarquons que avant de donner des leçons d’humilité aux autres il ferait bien de se les appliquer. ”Imaginez : hier nous demandions dans le désert des contreparties sociales et environnementales pour les aides aux entreprises comme le CICE et nous passions pour des utopistes. Aujourd’hui les conditions au versement des dividendes sont sur toutes les lèvres, même sur celles du ministre de l’économie”. Dans le désert ? De nombreuses forces politiques comme la FI et le PC le demandent depuis le début. ”Je ne veux pas faire de procès en insincérité, mais on ne peut pas se reposer sur de simples promesses. Le ‘monde d’après’ ne pourra pas être inventé par Emmanuel Macron et Édouard Philippe seuls. Il est nécessaire de trouver les modalités pour mettre tout le monde autour de la table.” __Justement nous ne croyons pas que Emmanuel Macron et Edouard Philippe, seuls ou pas seuls, soient les personnes idoines avec qui négocier «le monde d’après ». C’est là où est notre désaccord.__ Nous n’oublions pas le niveau de répression jamais atteint contre un mouvement social en France que ce soit contre les Gilets Jaunes, contre les manifestations contre la réforme des retraites et contre les soignants, ceux-là mêmes qu’aujourd’hui il applaudit hypocritement. Nous n’oublions pas les discours non suivis d’effets pour l’environnement. Et lorsqu’on étudie les mesures mises en œuvre actuellement, elles sont très concrètes et sans contreparties environnementales pour ce qui est de sauver l’aéronautique et l’industrie automobile. Par contre aucune mesure immédiate pour l’hôpital, les EHPAD et les soignants, sauf des primes temporaires et pour LREM la participation au défilé du 14 juillet ! Les soignants ne demandent pas l’aumône mais une santé publique digne de ce nom et à la hauteur des besoins de la population française. __Comment croire qu’il suffira d’une négociation avec ce président pour que son gouvernement au service des lobbies change d’orientation et encore plus lorsqu’on voit ce qu’ils viennent de voter au au niveau européen__. Son refus de nationaliser l’usine Luxfer productrice de bouteilles d’oxygène et actuellement à l’arrêt est très significative. Il ne veut pas d’un précédent qui puisse faire jurisprudence malgré l’urgence sanitaire. __Ce que nous obtiendrons c’est en l’arrachant par la lutte, pas en cherchant à négocier avec un président et un gouvernement qui n’ont eu de cesse de piétiner les syndicats et les associations depuis leur élection ainsi que le parlement à un niveau jamais atteint même sous Sarkozy__. On ne peut que se féliciter de cette presque autocritique sur la participation de EELV aux gouvernements socialistes sous François Hollande. Pour rappel le Front de Gauche, justement parce qu’il avait déjà analysé ce refus de sortir de l’orthodoxie libérale, a refusé d’y participer. Au passage personne ne demande à EELV d’être les supplétifs de qui que ce soit et personne n’a obligé EELV aux alliances avec d’autres forces politiques pour obtenir des élus et des ministres. Bizarre aussi d’affirmer ”Nulle arrogance ni volonté d’hégémonie de notre part, mais devoir d’entraînement : nous cherchons à créer les conditions d’un basculement politique de grande ampleur” après avoir fait du chantage aux têtes de liste aux municipales sous peine de rompre des alliances qui avaient été construites avec d’autres forces politiques. __Drôle de méthode enfin que de vouloir engager un dialogue constructif en maniant l’insulte à l’égard d’une autre force politique et de son président de groupe parlementaire__. Julien, tu peux te moquer des résultats de Jean-Luc Mélenchon en disant qu’il a perdu 2 fois l’élection présidentielle. Cela a dû faire rire pas mal de lecteurs en pensant aux scores des Verts. Peux-tu nous les rappeler ? (3,95 % en 1995 1,57 en 2007, 2,31 en 2012 et seul Noël Mamère en 2002 a dépassé les 5 % avec 5,25). Combien a obtenu Yannick Jadot en 2017 ? ah désolée il s’est retiré. Alors quand un candidat des Verts atteindra les 11,1 % ou les 19,58 % de Jean-Luc Mélenchon on en reparlera. Que ça nous plaise ou pas, la constitution de la 5ème République donne tant de pouvoirs au président de la République, encore aggravé avec l’inversion du calendrier électoral et dans le cas actuel avec la majorité écrasante de LREM à l’assemblée, que oui c’est un verrou à toute politique différente. Le nier en se moquant de la place centrale de cette élection est absurde. Il est bien connu que Yannick Jadot ne pense pas tous les matins en se rasant à l’échéance de 2022. Oui nous assumons tout à fait d’avoir fait des élections législatives une élection nationale couplée à l’élection présidentielle car c’est ce qu’elle est. Et pour ce qui est des conséquences, c’est l’élection de 22 députés (17 FI et 5 PC soutenus dès le premier tour par la FI). Et nous sommes fiers du travail qu’ils abattent y compris pour l’écologie. Dois-je te rappeler que les Verts-EELV n’ont jamais réussi à faire élire des députés en dehors d’alliance avec le PS. Et je peux d’autant plus facilement le rappeler que c’est ainsi que j’ai été élue. Dans mes dernières années chez les Verts, j’avais souvent coutume de dire que au final ce ne serait pas nos discours qui convaincraient les citoyens mais les faits. Nous y voilà depuis quelques années avec la réalité du réchauffement climatique, de la perte de biodiversité, de l’explosion des maladies liées aux pollutions chimiques etc … Il faut s’en féliciter car maintenant le débat n’est plus si c’est réel ou non, même s’il reste ici ou là quelques climato-sceptiques qui n’ont plus aucun poids, mais quoi faire et comment. Et__ il faut se réjouir que des forces politiques qui hier minimisaient l’importance de l’écologie, comprennent aujourd’hui que c’est incontournable__. __De nombreux appels sont parus pour réfléchir à un monde d’après. Beaucoup de propositions sont communes. La France Insoumise a aussi fait des propositions. Tant mieux cela ouvre un débat qui ne peut être que fructueux et EELV doit arrêter avec ses tentations hégémoniques et sa tendance à croire que l’écologie lui appartient, que c’est sa chasse gardée__. Oui ce sont les Verts qui ont été la première force politique à alerter sur les dommages créés par l’activité humaine à la planète. Et d’ailleurs Jean-Luc Mélenchon l’a souvent rappelé pour les féliciter d’avoir été en avance sur toutes les forces politiques. Mais maintenant bien d’autres forces apportent des propositions alors débattons-en d’autant qu’elles recoupent des projets de société totalement différents, entre le capitalisme vert, la relance verte ou l’écosocialisme. Une partie de EELV, à commencer par Yannick Jadot pendant la présidentielle, a pas mal insulté la France Insoumise sur ses propositions de souveraineté et de planification écologique. __Aujourd’hui on voit concrètement ce qu’a donné cet abandon de souveraineté__ : plus d’industrie pharmaceutique, plus de fabrication du matériel de protection des soignants etc … La souveraineté ne peut pas être qu’alimentaire, elle doit concerner tous les secteurs. Et cela n’a rien à voir avec du nationalisme mais tout à voir avec l’écologie, car il n’y a pas de circuits courts sans souveraineté. De même la planification écologique a beaucoup été brocardée. Aujourd’hui on voit ce que donne la concurrence entre régions et autres collectivités locales pour se procurer des masques et du matériel pour les soignants. Alors qu’un état stratège aurait été capable d’anticiper et de répartir de façon juste.__ La planification ce n’est pas le Gosplan mais la projection pensée et organisée de la bifurcation écologique indispensable articulée avec la justice sociale et la prise en main par les citoyens de leur avenir__. Pour celles et ceux qui ont envie de dépasser les caricatures, ils peuvent lire la tribune parue dans Le Monde “Après le coronavirus : « Pourquoi ne pas penser aussi à la planification à la française ?” » [|https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/17/apres-le-coronavirus-pourquoi-ne-pas-penser-aussi-a-la-planification-a-la-francaise_6036909_3232.html|fr] Cette différence de projet se traduit forcément sur le plan politique. Vu l’urgence écologique sociale et démocratique, le temps des incitations, des petits pas, des compromis est derrière nous. “Alors oui, “il faut rompre les rangs”. Car plus que jamais l’heure est à tracer des lignes de clivage entre l’écologie d’accompagnement du système et celle de rupture, seule à même d’offrir une possible issue à la catastrophe annoncée. Entre capitalisme vert et écosocialisme. Plus que jamais, nous devons bâtir le monde d’après sur de nouvelles bases, celui d’une écologie populaire partant des besoins de celles et ceux qui ont le moins. Alors avant d’appeler au rassemblement, clarifier déjà votre position, en assumant collectivement qu’écologie et libéralisme étant incompatible il n’y a pas d’issue politique en faisant du charme à En marche et autres centristes en France et en Europe. [...] Lire la suite…
12 avril 2020Ce bilan a été écrit dans les 15 jours qui ont suivi le premier tour. Aujourd’hui il semble à peu près sûr qu’il n’y aura pas de second tour en juin et qu’il faudra tout recommencer à zéro dans les communes qui n’ont pas élu leur conseil municipal. Difficile donc de penser quel sera le contexte de cette nouvelle élection et encore plus sans savoir si elle se passera en octobre ou en mars 2021. Juste une remarque à propos de cette dernière possibilité : est-il constitutionnellement acceptable que des conseils municipaux aient une durée de mandat de 6 ans et d’autres de 5 ans ? __Contexte politique__ La séquence électorale de 2017 a fait exploser le champ politique traditionnel, les deux partis, PS et LR, qui structuraient jusque-là plus ou moins les autres forces politiques autour d’eux, volant en éclat. Puis leurs résultats calamiteux aux élections européennes donnaient l’impression que leur survie était en jeu. Or à partir de septembre-octobre 2019, l’affaiblissement de la popularité de Macron et de son gouvernement a permis à LR de se repositionner en parti d’opposition et d’arrêter ainsi l’hémorragie qui avait commencé vers LREM. De même pour le PS, la bataille contre la réforme des retraites a aidé à faire oublier en partie dans son électorat le moins militant les politiques désastreuses de Hollande et ses gouvernements. Dans ce contexte, ces deux partis ayant de nombreux maires espéraient maintenir leurs positions locales avec un avantage à LR suite à sa victoire aux municipales de 2014. EELV semblait en crise après avoir dû retirer son candidat à la présidentielle et avoir été incapable de faire élire le moindre député à l’Assemblée nationale. Mais la montée de l’urgence climatique avec la multiplication des journées de mobilisation pour le climat lui a permis un rebond spectaculaire aux européennes, 13.47 %, et l’a propulsé sur le devant de la scène politique sur cette thématique. En affirmant conduire ses propres listes, EELV rompait avec des décennies d’alliance derrière le PS ou le PC selon la force politique qui était en tête dans chaque ville. Pour sa part LREM s’est vite rendu compte que ces élections ne lui étaient pas favorables de part son manque d’implantation locale et l’échec à attirer des maires sortants de droite comme de gauche sous sa bannière. De plus le Conseil d’État a fait échouer la tentative de s’approprier des résultats PS et surtout de droite au travers du bidouillage des nuances prévu par Castaner. Côté France Insoumise, le résultat des européennes (6,31%) a été un véritable coup de massue pour les militant.e.s qui avaient intégré que le score de la présidentielle (19,62%) était lié à une conjonction de facteurs spécifiques mais réfléchissaient sur la base des résultats aux législatives (11,02%). Le manque de financement, d’ancrage local et d’expérience politique dans certains cas, a brider les militants que ce soit pour impulser des listes ou revendiquer la tête de liste. __Bilan politique__ Ces élections ont vu un__ nouveau record d’abstention__. En 2014 tous les médias titraient sur l’abstention record de 37,87 % En 2020 elle est de 55,34 % soit 17,47 points de plus. Tous les départements ne sont pas frappés de la même façon. Ainsi paradoxalement la Seine-St-Denis est un des départements avec la moindre différence de participation entre 2014 et cette année même si le taux d’abstention est très élevé. Il semble aussi que souvent les villes PCF aient un différentiel de participation par rapport à 2014 moindre que la moyenne : l’électorat de ces villes se serait plus mobilisé (moins 6 points à Ivry, -9,69 à Malakoff, -10 à Aubervilliers, -11,05 à St Denis, – 13,61 à Fontenay-sous-Bois etc …). Si la baisse est globale, elle recoupe aussi les catégories abstentionnistes habituelles, moins de 30 ans et milieux populaires. Or on aurait pu penser que la peur de l’épidémie frapperait plus massivement les personnes âgées. La question reste donc ouverte de savoir si, au de là de la peur de l’épidémie, et après le record d’abstention de 2014, le discrédit du politique atteint aussi maintenant massivement les élections municipales. __Les grands gagnants de ces élections sont les maires sortants__ réélus au premier tour dans leur grande majorité, 85 % des maires de communes de plus de 1000 habitants, quelque soit leur étiquette. ++La situation des différentes forces politiques++ Pour ++__EELV__++, en janvier Yannick Jadot donnait comme villes potentiellement gagnables par EELV Lyon, Lille, Nantes, Rennes, Montpellier, Rouen, Strasbourg, Tours, Besançon voire Bordeaux et Paris. et affirmait qu’ils iraient sous leur propre bannière. En réalité EELV est partie avec des listes d’alliances dans la majorité des cas (60 % des villes de plus de 100 000 habitants par exemple). Mais la faiblesse des autres forces politiques (PS, PC, FI) lui a permis de s’imposer en tête de liste dans de nombreuses communes. Leur stratégie a même consisté dans les villes de plus de 100 000 habitants à provoquer la rupture de tout cadre collectif construit s’ils n’obtenaient pas la tête de liste (ex Quimper, Nice, Poitiers, Limoges, menaces à Toulouse et Valence …) La progression de EELV est, plus que l’aptitude à gagner seule des grandes villes, sa capacité nouvelle à prendre la tête d’alliances à gauche alors que précédemment c’est elle qui se ralliait au PS ou au PC. Si Eric Piolle semble assuré de conserver la mairie de Grenoble, c’est en alliance avec la FI et le PC. A Bègles, la liste soutenue cette fois-ci par le PC (Bègles est un ancien bastion PC) perd pourtant 2 points et devra attendre le second tour contrairement aux scrutins précédents. A Grande-Synthe, Damien Carême a soutenu une liste EELV contre le maire sortant PS qu’il avait pourtant mis en place après son élection au parlement européen et c’est ce dernier qui est réélu dès le premier tour, renouant avec la tradition des maires PS interrompu par le ralliement de Carême à EELV en 2015. A Arcueil le maire sortant en position de favori pour le second tour et membre d’un parti qui a fait le choix de partir seuls dans de très nombreuses villes où il participait pourtant à des exécutifs d’Union de la Gauche, s’en prend à la FI «On espère toujours mieux, surtout avec une candidature de La France Insoumise qui a empêché un rassemblement de toute la gauche. » Faut oser ! A Paris, David Belliard,10,8 % obtient moins que les Verts en 2001 12,35%. La seule ville de plus de 100 000 habitants où EELV peut se vanter d’être arrivée seule en tête est Lyon sur fonds de division de LREM. A Strasbourg il s’agit d’une alliance avec le PCF, à Besançon avec PS PS et Génération.s, et à Tours avec FI PS PC. A souligner la surprise de Rouen où la catastrophe de Lubrizol aurait pu faire croire à un succès de la liste EELV alliée au PC, à Génération.s et aux Radicaux de Gauche mais le maire sortant PS est arrivé en tête obligeant la liste conduite par JM Bérégovoy à se ranger derrière lui pour le second tour. Dans les villes où EELV est arrivé deuxième, il n’y a que Villeurbanne et Rennes où ce soit sur ses propres forces, partout ailleurs il y a alliance avec au moins une si ce n’est plusieurs autres forces politiques. Mais EELV peut déjà engranger quelques succès, là encore toujours en alliances politiques : – à Saint-Egrève 15 838 habitants (métropole de Grenoble) une liste conduite par EELV avec le soutien de la FI a raté l’élection au premier tour de 32 voix. – à Anduze dans le Gard, 3436 hab, la conseillère départementale EELV, Geneviève Blanc, avec la participation de la FI, fait tomber le maire sortant avec 53 % des voix. – ++__LREM__++ apparaît dans l’incapacité de gagner de grandes villes sous propres couleurs et Edouard Philippe est en ballottage au Havre. Alors qu’en 2014 il avait été élu au premier tour, il est cette fois-ci en recul de 8,5 points face à la liste PC-FI conduite par Jean-Paul Lecoq à 35,87 %. A noter que la tête de liste EELV-PS a refusé de discuter d’une fusion pour le second tour avec la liste PC-FI. – ++__La droite__++ garde bon nombre de ses maires sortants et peut donc se féliciter de ses résultats. A Paris la liste LR conduite par Rachida Dati se maintient dans ses bastions. – ++__Le PS__++ a globalement conservé ses mairies sortantes et arrivent en tête dans ses grandes villes emblématiques Paris, Lille, Nantes, Rennes. Mais ses faiblesses sont aussi apparues avec l’incapacité à porter des listes dans certaines communes avec des militants éclatés entre LREM et Génération.s et ceux restant au PS n’étant plus en mesure de peser seuls sur ces élections. D’où leur absence ou leur ralliement à d’autres forces politiques. Lyon est ainsi emblématique de l’éclatement du PS, ses forces s’étant réparties entre les listes portées par Collomb, Kimelfeld et la liste PS-PC menée par Sandrine Runel pour la partie municipales et Renaud Payre pour la partie métropolitaines. Le résultat est désastreux puisque cette liste arrive en 6 ème position à moins de 10 %. – ++ __Le PCF__++ Le bilan du premier tour est très mitigé pour le PCF car s’il a gardé un certain nombre de mairies, il a d’ores et déjà perdu Villetaneuse au profit d’un élu DVG soutenu par la FI et Firminy soit au profit d’une alliance DVG-PC soit pour la droite.Il a par contre gagné la commune de Pont Péan (35) de 4463 habitants et dont le maire sortant était PS Il est en difficulté dans nombre de communes, 14 dont 6 hors IDF (St-Pierre-des-Corps où la succession de Marie-France Beaufils se révèle difficile en faveur du PS, Givors où le RN peut jouer sa carte dans une triangulaire, Vénissieux qui pourrait tomber aux mains de LREM, Gardanne là aussi lié à une succession difficile en l’occurrence celle de Mei, Fontaine où tout dépendra des alliances de second tour, Arles que LREM peut gagner là aussi lié à la succession de Schiavetti) et 8 en IDF (Villeneuve-saint-Georges, Aubervilliers, Champigny qui pourraient être gagnées par la droite, Saint-Denis qui pourrait être gagnée par le PS, Choisy-le-Roy, Gentilly dépendant des alliances de second tour, Limay dans une triangulaire comme conséquence de sa condamnation pour des faits de violence, Bezons avec 5 listes en capacité de se maintenir et donc où tout dépendra des alliances de second tour). La stratégie de reconquête de communes précédemment communistes a une nouvelle fois échoué (Blanc-Mesnil, St-Ouen, Villejuif, Dugny, La Queue-en-Brie, Portes-lès-Valence) la seule commune d’importance pouvant être regagnée est Bobigny. – ++__Le RN__++ a conservé dès le premier tour 8 des 12 communes gagnées en 2014 avec hélas des scores très haut. Il a par contre été dans l’incapacité de déposer des listes dans de très nombreuses communes où il avait obtenu des scores impressionnants aux européennes. Si au second tour il devrait conserver sans problème Fréjus et Cogolin il pourrait par contre perdre Le Luc où la droite 43,94 % contre 37,76 % au RN peut reprendre la mairie, Mantes-la-ville où le maire RN sortant élu dans une quadrangulaire n’atteint que 33,72 % (notre liste avec 14,81 % se retire du second tour) et Bollène où la gauche (DVG 44,67 % + liste PC-FI 10,57%) est majoritaire au 1er tour face à Marie-Claude Bompard, Ligue du Sud, maire sortante. Il échoue à gagner Denain avec Sébastien Chenu ou Calais où les maires sortantes sont réélues dès le premier tour mais est en très nette progression par rapport à 2014. Mais au second tour il peut espérer gagner plusieurs communes à commencer par Perpignan, ce qui en ferait une victoire qui effacerait ses déboires ailleurs. Alliot, arrivé en tête a obtenu 35,65 % en progression d’un point et demi par rapport à 2014. Dans la catégorie des villes entre 10 000 et 20 000 habitants, 2 communes peuvent basculer : – Moissac (82) 13 029 habitants mairie LR sortant où le RN est arrivé en tête avec 47,03 % devant une liste liste FI-PC avec 23,01 % des voix. – Morières-lès-Avignon (84) 8 317 habitants maire sortant PS où un candidat d’extrême-droite a obtenu 45,94 % face à 2 listes de gauche Dans d’autres villes tout dépendra des alliances et des reports de voix au second tour (analyse faite avant qu’il apparaisse que le second tour n'(aura vraisemblablement pas lieu en juin) : Givors (69), Vauvert (30) Bruay-la-Buissière (62), Carpentras, Cavaillon, Graulhet (81) Puget-sur-Argens (83), Pauillac (33) Marles-les-Mines et Oignies (62) – __Les listes citoyennes__++++ : le bilan est très contrasté selon les communes. Dans les villes de plus de 50 000 habitants où ces listes ont refusé tout soutien de partis politiques ou ne l’ont pas obtenue le résultat est en général inférieur à 5 % : Quimper 4,67 % Béziers 4,09 % Ailleurs tout dépend de si ces listes s’appuyaient sur des collectifs citoyens existants précédemment ou si elles avaient le soutien de forces politiques notamment la FI. Mais il restera aussi que les pratiques de vote pour l’ordonnancement y compris pour le choix de la tête de liste et allant même jusqu’à l’inclusion de candidats tirés au sort se sont répandues au-delà de ces listes rompant ainsi avec la pratique généralisée précédemment des accords de partis pour composer des listes. Le nombre de triangulaires, de quadrangulaires et de pentagulaires possibles à l’issue de ce premier tour montre une progression de la morcellisation de l’électorat. Ainsi si en 2014 il y a eu 1777 second tour dans les communes de plus de 1 000 habitants cette fois-ci il devrait y en avoir 1433 soit une augmentation de 19 %. Les duels qui comptaient pour 31,85 % des cas en 2014 ne représentent plus que 4,74 % en 2020 (68). Par contre les triangulaires (924) peuvent atteindre 9 points de plus, les quadrangulaires (25,89%) 14 points de plus, les pentagulaires (66) sont multipliées par 5 et il y a même 6 communes où 6 listes peuvent se maintenir. Bien évidemment il est vraisemblable qu’il y ait des fusions et des retraits mais si cela réduira un peu ce morcellement, il n’en restera pas moins qu’il sera plus élevé qu’en 2014. ++__Bilan pour la France Insoumise__ ++ La France Insoumise poursuivait dans sa volonté de faire reculer l’abstention dans les milieux populaires et de promouvoir l’auto-organisation citoyenne. Aussi le texte adopté pour les municipales insistait sur le fait de ne pas faire de liste FI et de rechercher à construire des listes promouvant l’implication citoyenne. « ”Proposons aux animateurs et animatrices des luttes locales, sociales et environnementales, aux militant⋅es associatif⋅ves, syndicalistes et politiques et à celles et ceux qui le souhaiteront d’appuyer avec nous ce processus de fédération populaire et d’y prendre part” » Mais dans certains cas ces démarches ont échoué et finalement les Insoumis.e.s se sont résigné.e.s à rejoindre une liste lancée par d’autres partis politiques, situations qui avaient été aussi prévues par le texte de cadrage ”Si toutefois les insoumises et insoumis constataient d’ici la fin de l’année l’impossibilité de présenter une liste issue de ce cadre citoyen, une nouvelle assemblée pourra décider d’une liste regroupant des insoumis⋅es et citoyen-ne-s se retrouvant dans le programme proposé”. Dans les communes où des divergences de stratégie ont été proposées par les Insoumis.e.s locaux, le texte de cadrage a servi d’appui au comité électoral pour décider par exemple entre démarche d’implication citoyenne ou accords de partis politiques (Montpellier avec le choix de soutenir la démarche de Nous Sommes et non un accord avec EELV, Arcueil avec la décision d’impulser une liste au lieu de partir avec le maire EELV sortant etc). Les lignes rouges fixées, notamment celle sur le refus de participer à toute liste incluant des candidats favorables à la politique gouvernementale, ont permis au Comité électoral de refuser la participation à certaines listes (ex Dunkerque derrière Vergriette, l’Haÿ-les-Roses avec une tête de liste PS envisageant un accord avec LREM pour le second tour) ou de valider certaines prises de décisions locales (retrait à Annecy pour manque de clarté de la liste). Il s’est par contre avérer plus difficile de vérifier et de faire respecter celui sur les délégations de service public – La France insoumise ne soutiendra aucune liste comportant des équipes qui dans cette mandature ou la précédente auront mené des politiques de délégation des services publics aux entreprises privées ou des politiques portant atteinte à l’environnement. Des dissensions sont apparues dans certaines communes quant à la stratégie à adopter. Les mêmes qui réclamaient la supériorité du vote majoritaire pour justifier leur choix local (ex les militants de Montpellier qui ont fait le choix de partir avec Clothilde Ollier) étaient bien contents qu’on ne l’applique pas ailleurs où ils soutenaient une décision qui avait été minoritaire localement (Liste d’union à Amiens et non liste purement FI). Nous avons vu apparaître des Insoumis.e.s inscrits de dernière minute voire à des GA seulement créés dans le but d’obtenir le soutien à une liste et nous avons été confrontés à des usurpations de logo FI y compris par certaines forces politiques. La mobilisation sociale continue a eu comme effet de pousser les militants syndicalistes et associatifs à s’investir sur des listes, notamment dans le dernier trimestre lorsque aucune liste de gauche ne semblait pouvoir être déposée dans certaines communes. A partie de la carte électorale des précédentes élections, nous connaissions nos points forts et nos points faibles, notamment les communes peu populaires. Nous savions donc que cela allait être difficile dans certaines villes mais au-delà de la recherche de score, nous espérions que l’actualité sociale et le rejet de Macron nous permettrait de mettre en œuvre notre stratégie visant à remobiliser l’électorat populaire. Il est difficile de dire si c’est la moindre participation qui a handicapé la France Insoumise. La seule chose qu’on peut dire c’est que le travail de porte-à-porte effectué dans de très nombreux quartiers populaires semble ne pas avoir entraîné le retour aux urnes des électeurs qui en sont particulièrement éloignés. La situation aurait-elle été différente sans le coronavirus ? Difficile à dire. Pour cela il aurait fallu pouvoir effectuer une enquête post-élection dans ces quartiers pour pouvoir comprendre. Mais ce travail a souvent permis de construire des listes telles que nous le voulions ce qui est déjà un bilan positif. Pourtant il nous faudrait avancer sur ce bilan car si malgré tous nos efforts dans ces quartiers cela ne se traduit pas en score électoral en dehors de l’élection présidentielle cela ne peut qu’avoir des conséquences en termes de stratégie électorale. Nous pouvons remarquer aussi que les listes ayant commencé plus tôt dans les villes où nous étions déjà fortement implantées et où nous avions obtenu de bons scores aux européennes, obtiennent de meilleurs résultats. Plusieurs de nos maires sortants sont réélus. Nous gagnons 4 nouvelles communes de plus de 1 000 habitants à commencer par Faches-Thumesnil 17 835 habitants avec 53,02 % dans le cadre d’une liste de toute la gauche face à 1 seule autre liste, Aubin 3761 habitants dans l’Aveyron, Fillé 1494 habitants dans la Sarthe, Sauveterre de Guyenne 1788 habitants. Et nous obtenons autour de 300 élus à l’issue de ce premier tour. De bons scores sont obtenus dans le cas de collectifs existants depuis longtemps (Bouguenais, Rezé dans la métropole de Nantes par exemple), de listes avec des figures locales particulièrement reconnues (Mantes-la-Ville 14,81 % ou de liste emmenée par un.e élu.e sortant.e connus comme à St-Denis, Gennevilliers, Guéret, Montataire, Clermont-Ferrand etc.) ou enfin la présence de seulement 2 ou 3 listes dans les communes de moins de 10 000 habitants. Le meilleur exemple du poids de la tête de liste est Lyon, où malgré les conflits à répétition portés par certains Insoumis partis soit avec le PS-PC soit avec EELV, la liste conduite par Nathalie Perrin-Gilbert maire sortante du 1er arrondissement et opposante notoire et conséquente à Colomb-Kimelfeld a obtenu 10,6 % passant devant la liste PS-PC dans tous les arrondissements sauf le 8ème où la tête de liste PS Sandrine Runel est élue sortante et candidate à maire de Lyon. (on avait pourtant proposé au PC de se joindre à la liste Lyon en commun). Sans oublier Bordeaux où Philippe Poutou obtient 11,77 % pouvant ainsi se maintenir au second tour et être élu dans une ville où la FI avait obtenu 6,20 % aux européennes. Les listes lancées par des initiatives citoyennes auxquelles la FI a ensuite apporté son soutien n’ont que très rarement dépassé les 10 % : Montpellier 9,25 % Nantes 8,94 % Perpignan 6,57 % Pau 5,36 % Palaiseau 7,58 % mais ont permis de construire des dynamiques citoyennes locales très intéressantes. Pour les listes ayant refusé de faire apparaître tout soutien politique le bilan est encore plus contrasté : A Commercy la liste Gilets jaunes atteint 9,77 % alors qu’à Quimper elle n’obtient que 4,67 %. A Béziers la liste soutenue par aucune force politique Béziers citoyen obtient 4,09 % des voix alors que la liste EELV-FI dépasse de peu les 5 % avec 5,36 %. De manière générale, on pourrait presque dire que le score de la FI est inversement proportionnel à la taille de villes. Si on peut saluer le caractère volontariste de camarades pour déposer des listes y compris dans des communes que nous savions peu favorables à la FI, hélas les résultats n’ont pas toujours récompenser leurs efforts. Mais cette campagne aura permis la relance de collectifs Insoumis parfois en sommeil, la constitution de listes dans des communes peu favorables à la FI, la bonne tenue dans les villes en cas de présence de tête de liste implantée localement et connue. Les nombreux élu.e.s y compris dans des communes où aucun sortant ne se réclamait de la France Insoumise seront autant de relais pour les idées de la France Insoumise ainsi que de points d’appuis pour toutes celles et ceux qui se battent au quotidien pour une société plus juste socialement, plus démocratique et mettant en priorité la bifurcation écologique et sociale dont nous avons besoin. [...] Lire la suite…
4 juin 2019Lors de l’élection présidentielle de 2017 plus de 7 millions de voix soit 19,58% des suffrages se sont portés sur Jean-Luc Mélenchon. Cette candidature avait été mûrement pensée à partir du bilan de 2012 et de l’échec du Front de Gauche. Les différences de campagne ne sont pas seulement dues au fait que 2012 aurait été une campagne de « gauche » et 2017 une campagne populiste. Les contextes politiques étaient aussi très différents. __2012 une campagne Front de Gauche__ Les européennes de 2009 ont été le baptême électoral du Front de Gauche avec 4 députés élus dont Jean-Luc Mélenchon pour une moyenne nationale de 6,05 % A la présidentielle en 2012 Jean-Luc Mélenchon obtint près de 4 millions de voix soit 11,10 %. La campagne avait été enthousiasmante avec des salles bien remplies, des drapeaux rouges partout, l’Internationale etc …. Par contre mettre l’écologie au cœur de la campagne avait été difficile vu les divergences avec le PCF notamment sur le nucléaire, l’éolien, Notre-Dame des Landes etc .. Au niveau international, c’est l’époque des révolutions citoyennes dans plusieurs pays d’Amérique Latine, le mouvement des places suite à la crise financière de 2008 avec Occupy Wall Street, Tahrir, la révolution tunisienne, le mouvement des Indignés en Espagne et l’espoir en Grèce d’un changement de politique avec la victoire de Syriza aux élections en 2015. La campagne de 2012 se déroule dans ce contexte de mobilisations à l’échelle internationale ainsi que des luttes de défense de l’outil de travail en France : Fralib à Marseille, les glaces Pilpa etc. Les 10 ans de gouvernement Chirac puis Sarkozy avec des lois remettant en cause le code du travail, les retraites etc. explique la victoire de F. Hollande à la présidentielle et aux législatives où le FG obtint 6,91% et 10 députés tous PCF ou liés au PCF. Aux municipales de 2014 le PCF choisissait de partir avec le PS dans la majorité des grandes villes et provoquait ainsi une crise au sein du Front de Gauche avant son éclatement. __La création de la France Insoumise et la présidentielle__ La création de la France Insoumise en janvier 2016, au moment où la totalité des forces de gauche se prononçaient pour des primaires, répond au quinquennat Hollande et à l’échec du Front de Gauche – un rejet total du PS et une assimilation de la gauche au PS provoquant un rejet général – un discrédit des élus avec les différentes affaires (Cahuzac, Thévenoud …) avec le leitmotiv « élus tous pourris, tous corrompus ». – un PCF dépendant du PS et n’évoluant pas vers l’écologie et une gauche radicale émiettée. – une classe ouvrière et employée précarisée et dispersée en petites unités et par là même de moins en moins syndiquée – une urgence écologique nécessitant de mettre cet enjeu au cœur de notre projet sans être bridés par des compromis – la volonté de s’adresser à la fois aux classes populaires abstentionnistes bien loin des « totems » de la gauche comme les drapeaux rouges et l’Internationale et en même temps aux électeurs en déshérence du PS et de EELV écœurés par les 5 ans de gouvernement PS En 2017, l’objectif était de s’adresser au plus grand nombre et plus seulement à l’électorat traditionnel de la gauche. Mais le contexte était aussi très différent : les 5 ans de Hollande avec la loi travail de El Khomri notamment et la déchéance de nationalité, l’obstination à Notre-Dame des Landes ont fait exploser le PS. Hollande n’ayant pas osé se représenter et la primaire ayant désigné Benoît Hamon, leader des « frondeurs », comme candidat à la présidentielle a achevé la décomposition du PS. Du côté de la droite, l’emploi fictif et les costumes de Fillon ont ouvert une crise. Enfin EELV décidant de retirer sa candidature au profit de Hamon a achevé de dessiner un panorama très particulier. Dans ces conditions, la très bonne campagne de Jean-Luc Mélenchon, très écologique, le programme l’Avenir en commun, très bien noté par l’ensemble des réseaux associatifs, a permis le rassemblement d’électeurs derrière cette candidature qui apparaissait comme celle pouvant gagner. Celles et ceux qui nous expliquent que le résultat de la présidentielle est strictement lié au type de campagne choisie sont dans le déni de réalité. Certes une campagne type 2012 en 2017 aurait donné un score inférieur à celui obtenu. Mais sans le contexte spécifique de 2017 même la très bonne campagne de Jean-Luc Mélenchon n’aurait pas donné un aussi bon score. L’intelligence a été de savoir tenir compte des circonstances. __Les législatives et l’après présidentielle__ Dès le lancement de la France Insoumise, il était clair pour nous que les législatives, six semaines après la présidentielle, devraient se faire dans la même dynamique. Celles et ceux qui exigeaient des négociations locales et des alliances à géométrie variable ne comprennent pas le caractère national des législatives où les électeurs votent pour l’étiquette bien plus que pour le candidat. Il fallait donc y aller avec le même programme et une campagne nationale France Insoumise pour pouvoir continuer dans la lancée du score de la présidentielle. Nous avons obtenu près de 2 millions 500 000 voix soit 11,03% donc moins que lors de la présidentielle. Pourquoi ? Beaucoup plus d’abstention notamment dans les quartiers populaires, d’autant que la déception de celles et ceux qui avaient cru en la victoire en a amené beaucoup à s’abstenir sur le thème cela ne sert à rien. Et « des députés » pour résister n’était hélas pas suffisant pour convaincre ceux qui avaient beaucoup espéré. Il y avait aussi la présence de candidats communistes alors que le PC avait soutenu Mélenchon à la présidentielle ainsi que le fait que des socialistes et des écologistes qui avaient voté FI par refus de voter Hamon ou absence de candidat dans le cas de EELV ont voté pour les candidats de leur parti respectif aux législatives. Rien donc d’inexplicable pour cette différence de score entre présidentielle et législatives. Nous avons cependant commis une erreur d’analyse en pensant que le score de référence était celui de la présidentielle et que celui des législatives était un accident. Cette erreur nous a amené à surestimer le rapport de force en faveur du changement radical. Les élections partielles décevantes pour la FI auraient dû être un signal d’alarme plus rapide et plus fort. Tout démontrait que nous n’arrivions à remobiliser ni l’électorat de la présidentielle ni celui des législatives. Mais la particularité de chaque partielle compliquait l’analyse. Nous avions analysé correctement le programme de Macron comme un programme de régression sociale et de libéralisation à outrance de toute l’économie et un désintérêt pour tout ce qui relevait de l’écologie. A cela s’est vite ajouté la brutalisation des institutions et une aggravation du caractère autoritaire de la 5ème République. Les mobilisations contre les ordonnances travail n’ont pas réussi à atteindre un niveau suffisant pour faire reculer Macron. Mais l’abandon de l’ISF et la hausse de la CSG l’ont définitivement classé comme président des riches. Ces choix fiscaux, qui n’étaient que la continuité de ceux déjà pratiqués par Hollande et Sarkozy, ont été la goutte qui a fait déborder la colère populaire et s’est traduit dans le mouvement des Gilets Jaunes. Le rejet voire la haine de Macron était tel qu’il n’était pas illogique de penser que cela motiverait des électeurs qui autrement ne se déplaceraient pas pour des européennes. De plus la France Insoumise avait le RIC dans son programme pour les européennes. Nous n’aurions pas fait ce choix que cela n’aurait rien changé car Macron a très vite compris qu’il avait intérêt à jouer la peur du RN. Et cela a fonctionné en partie. Les semaines passant sans victoire des Gilets Jaunes et avec l’accentuation de la répression policière et judiciaire deux positions se sont fait jour en leur sein, le refus de participer aux élections ou un vote utile pour le RN, le seul apparaissant capable de finir devant la liste LRM. Plus globalement sommes nous entrés dans une période où le lien entre mobilisations sociales autres que écologistes et traductions électorales disparaît ? Nous avons donc perdu cette bataille du référendum anti Macron. __Avons-nous changé d’orientation ?__ Le débat entre populistes et unité de la gauche me semble totalement à côté de la plaque. D’abord remettons les pendules à l’heure. La décision de Charlotte Girard de ne pas être élue et par là même de ne pas postuler à la tête de liste a laissé le comité électoral sidéré et déçu. Les propos comme quoi elle aurait été écartée sont donc abjects. Ensuite aucun candidat n’a été écarté parce qu’il aurait été « souverainiste ». Tous les candidats de la France Insoumise s’étaient engagés à défendre le même programme l’Avenir en commun. Il n’y a donc pas eu de sélection des candidatures en fonction du positionnement supposé sur la question de la souveraineté. Il a par contre été demandé aux candidats de se montrer solidaires entre eux et de la campagne. Faire porter la responsabilité de ce score décevant sur notre tête de liste Manon Aubry est indigne. __Nous aurions abandonné la sortie de l’euro/de l’Europe et le plan A/plan B ?__ Il y a toujours eu une tension à ce sujet dans la France Insoumise. Pour certains le plan A n’était qu’une formalité avant de passer le plus vite possible à la sortie pendant que pour d’autres il s’agit réellement de construire un rapport de force pour désobéir aux traités de plus dans une Union Européenne qui a de moins en moins d’unité et donc de capacité à bloquer une résistance à ces politiques. Mais la stratégie du plan A/plan B nécessite d’être au pouvoir pour pouvoir s’appliquer. Cela ne pouvait donc être le mot d’ordre central d’une campagne pour élire des députés européens. Au passage l’UPR avec son message central sur le frexit n’obtient que 1,17% des voix et Florian Philippot qui comptait surfer sur l’abandon de la sortie de l’euro par le RN s’écrase à 0,71%. Mais peut-être ne savons-nous pas toujours présenter concrètement ce que signifie désobéir aux traités alors qu’on peut donner des exemples pour rejeter le démantèlement de l’industrie ou la priorité à l’écologie et notamment aux circuits courts. __Nous n’aurions pas su parler aux abstentionnistes et aux Gilets jaunes ?__ Les militants qui ont passé des soirées et des week-ends à faire du porte-à-porte dans les quartiers populaires, celles et ceux qui étaient sur les ronds-points et dans les manifs de GJ du samedi apprécieront qu’on vienne leur expliquer que « La campagne de la France insoumise n’était pas orientée vers la grande masse abstentionniste». Juste un petit rappel, en 2017 nous avons fait strictement la même campagne à la présidentielle et aux législatives et pourtant l’abstention est passée de 22,23% à 56,83 % entre la présidentielle et les législatives y compris dans les circonscriptions où nos députés ont été élus. Et si on regarde le taux d’abstention dans les villes très populaires du 93 il est dans certains cas supérieur d’1 à 2 points par rapport aux législatives et dans d’autres villes c’est l’inverse. Difficile donc d’en tirer des leçons. De même la thèse selon laquelle notre recul serait lié à l’absence d’un projet émancipateur rassembleur n’est pas plus convaincante. Pour le projet nous avions l’AEC. Pendant des mois nous avons eu de nouveau le droit aux dénonciations de sectarisme à l’encontre de la FI par les mêmes d’ailleurs qui défendaient l’impérieuse nécessité de présenter leur propre liste et qui dénonçaient notre populisme et notre volonté de désobéir aux traités. L’élection européenne est une élection nationale à la proportionnelle permettant à chaque force politique de concourir pour défendre son projet. Certes il y a le seuil des 5% à franchir pour obtenir des élus mais rien n’empêchait par exemple le PCF et Générations de faire liste commune, ils auraient vraisemblablement franchi la barre des 5% à eux deux. Mais pourquoi dans les derniers jours EELV est-il apparu comme le vote utile y compris pour des électeurs proches de la FI ? L’écologie a été pour la première fois très présente dans une élection, on ne peut que s’en réjouir et nous y avons pris notre part. Le discours de LRM n’était pas crédible vu les actes de ce gouvernement, Génération’s paraissait incapable de franchir les 5%. Ne restait donc que la FI et EELV et beaucoup ont hésité entre les deux et ont tranché dans les derniers jours voire dans l’isoloir. Les scores de EELV sont d’autant plus élevés que la ville est moins populaire alors que c’est exactement l’inverse pour la FI. Il y a bien un vote « bobo » pour EELV. L’existence d’un groupe Verts au parlement et la simplicité du slogan « Votez climat » en pleines manifestations pour le climat a pu convaincre les hésitants que c’était le vote le plus efficace dans cette élection précise. Plus globalement 11 pays sur 28 ont vu les Verts passer la barre des 10%. __Ne pas confondre microcosme politique et ensemble des électeurs__ A confondre les deux on fait régulièrement des erreurs politiques. Pour la grande masse des électeurs l’info principale sur l’élection vient des médias et de la profession de foi qu’ils reçoivent à quelques jours du vote. Peu de temps donc pour se faire une idée. L’image donnée par les médias va donc peser beaucoup dans les choix. La masse des électeurs s’intéresse assez peu au fonctionnement des partis contrairement au microcosme mais est très influencée par l’image qui en est donnée. D’où les dégâts liés à l’image de la perquisition. Dans tous les pays, l’oligarchie se défend contre ceux qui veulent changer le système en diabolisant ses opposants. La FI subit quotidiennement ces attaques dans le but de créer l’image d’un mouvement violent et dangereux. Et cela ne se limite pas à JL Mélenchon. François Ruffin y a aussi eu droit. Aussi croire qu’il suffirait d’écarter JL Mélenchon pour retrouver son score de la présidentielle n’est pas sérieux. La FI est la force politique qui envoie le plus d’orateurs différents dans les médias, image de la construction de la relève à venir. De part l’électorat auquel nous nous adressons nous devons gérer constamment la contradiction entre un électorat des classes populaires plutôt dégagiste et un électorat classe moyenne plus respectueux des institutions. Lors de l’élection européenne le premier est peu mobilisé contrairement au second qui fluctue selon le contexte. __Le problème est-il de reconstruire la gauche ?__ Mais quelle gauche ? Celle qui a été aux manettes pendant 5 ans avec Hollande ? Celle qui a commencé les grandes manœuvres au PS avec Benard Cazeneuve présenté comme rassembleur et sauveur de la gauche ? Autant faire campagne pour que les classes populaires s’abstiennent à tout jamais et que le FN gagne l’élection la prochaine fois. Dans la « gauche altermondialiste» les appels se multiplient. « Convergeons », rassemblant des élus EELV, Génération’s et des maires PCF demande à EELV, compte tenu de sa responsabilité historique accrue, d’être le pivot de la reconstruction d’un grand mouvement populaire et écologiste. Cela relève de l’appel désespéré car avec son score EELV n’acceptera une recomposition qu’à ses conditions et D Cormand et Y Jadot l’ont déjà exposé clairement dans toutes leurs interviews depuis dimanche soir. Pour eux ce rassemblement doit inclure CAP21 et même Borloo. Si on se contente des questions d’environnement, et non d’écologie, il arrive au moins avec CAP21 qu’on se retrouve dans certains combats comme les OGM par exemple. Mais quel pourraient être les points communs sur les questions sociales, de stratégie industrielle, de défense de l’intervention publique dans un tel attelage ? Le deuxième appel « Big bang » inclut pas mal de signataires communs avec Convergeons mais appelle à un autre cadre de rassemblement politique et citoyen plus que flou qui au passage d’ailleurs fait une croix sur la France Insoumise. Combien d’appels similaires avons-nous tous signé ces 20 dernières années ? En politique les incantations ne servent à rien. La réalité est que les rapports de force dans les différents pays se dégradent au détriment des classes populaires. Nous assistons à une offensive généralisée de l’ultra-libéralisme qui pour la mener à bien dispose des pouvoirs de l’Etat avec une répression de plus en plus violente à la fois policière et judiciaire et des médias aux mains de l’oligarchie au pouvoir. Dans nombre de pays il y a aujourd’hui moins de pluralisme des médias qu’il y a 30 ans. Mais indéniablement Macron a réussi son pari et peut espérer gagner de nouveau en 2022 avec le même schéma de second tour. Il nous reste donc 3 ans pour éviter ce cauchemar. Et cela ne peut se réduire à mobiliser l’électorat des centres-villes, alors que le péri-urbain vote massivement RN et que les cités populaires s’abstiennent. Il faut en plus remobiliser les classes populaires non racistes sur un projet où elles se sentent concernées. Un des motifs indiqués pour leur abstention est le fait que les élections européennes ne changent rien à leur quotidien. C’est donc sur ce terrain qu’il faut se battre : par la défense des services publics (hôpitaux, transports, école ..) et par l’exemple de luttes pour changer le quotidien (les pratiques de la FI à Marseille sont un bon exemple 13,81 % aux législatives, 15,68% aux européennes dans le 15ème arrondissement). Les municipales peuvent être un moment important dans cette démonstration avec des listes émergeant des quartiers populaires et des propositions concrètes en direction des populations du péri-urbain. L’autre élément important est la centralité de l’urgence écologique. Elle est au cœur de notre projet et les Insoumis sont présents dans toutes les mobilisations. Mais nous devons encore renforcer cette présence notamment au niveau de la jeunesse et en enrichissant notre projet pour montrer clairement en quoi l’écologie populaire est concrètement différente du verdissement du capitalisme. Enfin la FI doit évoluer. Le système gazeux montre ses limites surtout dans un moment politique qui n’est plus à l’offensive. Nous devons trouver des formes d’organisation souple qui permettent des débats, une prise de décision collective, efficientes pour proposer des initiatives, respectant celles et ceux qui n’ont pas envie de s’engager dans un parti. Le résultat des européennes déçoit ? Ce n’est pas une raison pour jeter le bébé, la FI, avec l’eau du bain. Il y a toujours besoin d’une force politique aux côtés des classes populaires pour répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratiques. [...] Lire la suite…
11 avril 2019La dernière attaque à la mode consiste à dire que la liste de la France Insoumise aux européennes ferait preuve de népotisme. Népotisme selon le dictionnaire = tendance à accorder des avantages à des relations, ou amis proches, indépendamment de leur valeur. Donc toutes celles et tous ceux qui portent cette accusation considèrent que certains et certaines candidates ont été sélectionnés sur la liste alors qu’ils n’en avaient pas la valeur. Quelle violence dans cette négation de l’engagement politique pour de nombreuses années de ces camarades ainsi montrés du doigt. Le comité électoral, qui a constitué la liste, est composé de 32 membres dont plus de la moitié tirés au sort. Ses décisions ont été prises soit au consensus soit les rares fois où cela n’a pas été possible par des votes qui ont dessiné des majorités. Les rapports des réunions ont été rendus publics au fur et à mesure comme celui indiquant la première liste arrêtée en juin [|https://lafranceinsoumise.fr/2018/07/04/rapport-du-comite-electoral-reunion-du-30-juin/|fr] Comme indiqué dans ce rapport du 30 juin ”nous avons auditionné tou·te·s les candidat·e·s. Cette audition a été réalisée par groupe de 2 à 3 membres du comité sur la base d’un ensemble de questions établies en commun par le comité. Cette audition avait notamment vocation à vérifier que la charge de travail que représentait un mandat de député·e européen·ne avait bien été envisagée et que la nécessité de défendre le programme européen de la France insoumise et de pouvoir faire face à des polémiques était assurée. Chacune de ces auditions a ensuite été rapportée à l’ensemble du comité électoral lors d’une séance plénière.” … ”Il s’agissait cette fois pour chaque membre du comité électoral d’indiquer sur un bulletin la liste des 6 premières candidatures hommes et femmes. Une fois la consultation effectuée, le comité a examiné le respect des différents critères pour faire au consensus des modifications par rapport au résultat de la consultation afin de garantir un équilibre social, politique ou des thématiques représentées. Sur cette base, et à la suite du débat, nous avons déterminé un groupe des 12 premières candidatures (6 hommes et 6 femmes) et un groupe des 12 candidatures suivantes (6 hommes et 6 femmes)”. Une telle méthode aurait abouti à un choix de candidat.e.s uniquement sur des bases de népotisme ? Ce n’est pas sérieux comme accusation. Examinons les attaques contre la mère de Manon Aubry, Catherine Poggi-Aubry. Toujours dans ce rapport, sa candidature est présentée :” 62 ans – Région Sud Journaliste retraitée, bénévole pour l’aide aux sans-abris, en lutte contre le Rassemblement National à Fréjus (casse services sociaux, bétonisation de la base nature…)”. Et si sa candidature a été retenue en juin 2018 c’est pour son engagement contre le maire RN de Fréjus, David Rachline, et son combat contre la bétonisation de la base nature (espace vert très connu et très fréquenté par les habitants de St Raphaël et Fréjus), combat relaté par exemple dans cet article de Var matin indiquant que Catherine est à l’initiative d’une pétition contre ce projet du maire. La pétition atteindra les 66 000 signatures. [|https://www.varmatin.com/environnement/elle-lance-une-petition-en-ligne-pour-sauver-la-base-nature-de-frejus-contre-le-beton-206736|fr] En juin 2017 le choix de Manon Aubry comme tête de liste n’avait pas encore été envisagé. Catherine Aubry a donc bien été choisie comme candidate pour ses mérites propres. Lorsque la candidature de Manon a été proposée, Catherine Aubry, en accord avec sa fille, a proposé de se retirer. Le comité en a débattu. Compte-tenu des raisons de sa présence sur la liste et de sa place, 25ème femme sur la liste de juin, 59ème place sur la liste finale, le comité a fait le choix de la maintenir considérant que l’accusation éventuelle de népotisme était abusive puisqu’elle était sur la liste avant sa fille et qu’elle n’était dans aucun cas éligible. Certains médias ont aussi fait les fonds de poubelle pour trouver des proches de Jean-Luc Mélenchon, ce qui est forcément extraordinaire dans un mouvement dont Jean-Luc est un des principaux animateurs. On a donc le droit aux attaques contre le “garde du corps”. Le camarade en question est un philosophe auteur de plusieurs livres, mais oui pratiquant le karaté il lui est arrive d’accompagner Jean-Luc pour assurer sa sécurité car malheureusement ce dernier a été plusieurs fois menacé. Mais le comité électoral n’a pas fait passer un test pour savoir s’il était toujours en forme. Autre perle récente, le chauffeur. Le métier du camarade est chauffeur de taxi, ce qui donne une certaine compétence pour conduire une voiture quand il y a besoin et ce d’autant plus que Jean-Luc Mélenchon n’a jamais passé son permis de conduire comme il l’a dit à de nombreuses reprises. Alors les fois où il doit prendre une voiture, mais il se débrouille pour que ce soit le moins souvent car il n’aime pas, des camarades femmes ou hommes se proposent pour conduire. J’en connais de nombreux. Au fait les médias, est-ce que avoir conduit un métro ou un train que Jean-Luc aurait pu prendre fait des camarades concernés présents sur la liste des proches de Mélenchon et donc aggrave l’accusation de népotisme ? J’arrête là car oui nous sommes fiers que nombre de nos proches soient des militants engagés et pour les moins jeunes, des militants aguerris. Enfin avec la décision de report du Brexit, la Grande-Bretagne va pouvoir élire des députés européens et donc le calcul du nombre d’élus en France ne se fait plus sur 79 mais sur 74. Cela réduit hélas le nombre d’éligibles. Ainsi pour que nous ayons 12 élus, il faudra que la FI obtienne environ 16% des voix. Donc faire du népotisme avec des candidats non éligibles, relève d’un masochisme assez poussé. [...] Lire la suite…
20 mars 2019Partout dans le monde (Brésil, Philippines, Pologne, France ..) nous assistons à un changement d’époque. __L’ultralibéralisme se dote maintenant de pouvoirs autoritaires pour mener à bien ses politiques de prédation sur la nature et les humains__. Mais tenaillé par l’impératif du profit, il abandonne peu à peu les apparences démocratiques jusqu’ici plus ou moins respectées par la bourgeoisie. En France, l’oligarchie s’est lassée de compter sur les partis traditionnels, prodigues en promesses avant d’arriver au pouvoir mais en oubliant une partie ensuite. Cette fois-ci elle s’est choisie un président issu de ses rangs, la finance. La France tardait trop à appliquer les politiques ultralibérales prônées par l’Union européenne. Il fallait accélérer la rupture mais pour cela il était nécessaire de museler toute opposition que ce soit sociale ou politique. C’est la mission de Macron. __Dès la nomination du premier gouvernement, les orientations libérales à droite étaient claires__ avec la nomination du premier ministre, du ministre de l’économie et celui du budget, tous trois issus de la droite. Si nous avons vu cela,__ nous avons moins anticipé la rupture avec le fonctionnement démocratique des institutions__. Avec une majorité écrasante à l’assemblée nationale, rien ne pouvait laisser supposer qu’il imposerait un tel déni du débat démocratique au point de ne même plus se soucier des apparences. Nicolas Sarkozy avait déjà durci le fonctionnement la 5ème République ce qu’on avait dénoncé à l’époque. Mais qui aurait imaginé un tel mépris assumé du parlement de la part d’En Marche ? On était habitué aux affrontements politiques mais l’arrivée de nombreux députés ayant peu de passé politique ou ayant rompu avec leur famille politique d’origine et devant donc tout à Macron, a cassé les traditions parlementaires de respect, même limité, des adversaires. Macron a aussi compris qu’il fallait limiter la durée des débats parlementaires. Les différentes réformes du règlement de l’assemblée nationale ont toutes cet objectif : __réduire la parole de l’opposition au parlement pour empêcher toute jonction avec les mobilisations sociales__. Côté répression, nous avons connu les années Marcellin après mai 68 où les manifestations politiques étaient interdites, où les distributions de tract se terminaient souvent en course poursuite avec la police avec arrestations et poursuites judiciaires à la clé. A la fin des années 70 il y avait près de 200 prisonniers politiques en France dont certains poursuivis devant la Cour de Sûreté de l’état, tribunal d’exception supprimé en 81 pour les procès de civils. Mais à cette époque le PS était encore de gauche et des intellectuels de renom apportaient leur solidarité contre la répression. Ces dix dernières années, la répression est allée crescendo notamment avec Manuel Valls ministre de l’intérieur. Mais le traumatisme de la mort de Malik Oussekine aux mains des voltigeurs en 1986 avec Charles Pasqua ministre de l’intérieur du gouvernement Chirac, était toujours présent. Il vient de sauter. __Avec Macron, la fin justifie les moyens__. Agitant la peur du RN qui lui sert de diable de confort, __il a besoin de casser toute force politique qui pourrait cristalliser la colère populaire car il se sait minoritaire dans le pays__ (23,90% au premier tour de la présidentielle). Il ne peut se maintenir et poursuivre sa politique que grâce aux forces de répression et à la couardise de ceux qui se proclament de gauche mais sont plus préoccupés de l’avenir de leur appareil partidaire. __D’où ses attaques extrêmement violentes contre la France Insoumise, vue comme la principale force d’opposition__, et son groupe parlementaire reconnu pour sa pugnacité et sa présence aux côtés des secteurs en lutte. A la fin de l’été, les sondages nous donnaient de bons scores pour les européennes, il fallait donc casser dès le début toute dynamique en notre faveur. Les perquisitions du 16 octobre ont eu ce rôle. Le fait qu’une attaque d’une telle ampleur jamais vue contre un mouvement politique en France n’ait provoqué aucun mouvement de solidarité en dehors de notre cercle de sympathisants a été le signal pour Macron qu’il pouvait dorénavant tout se permettre. Ceux qui ont laissé faire à gauche, se réjouissant à l’idée de pouvoir en tirer avantage, n’ont pas compris le tournant que cela signifiait. Le pouvoir a ensuite été surpris par l’irruption du mouvement des Gilets jaunes, son ampleur et l’appui de l’opinion publique. Mais le soutien à cette mobilisation ayant tardé à se manifester en dehors de la France Insoumise, partis syndicats et intellectuels étant occupés à se quereller sur la nature du mouvement et son infiltration ou pas par les idées d’extrême-droite, a permis à Macron de faire face en intensifiant la répression à un niveau jamais connu dans notre pays, assuré qu’il n’y aurait pas de réaction massive de solidarité. Même l’agression policière contre Loïc Prud’homme, député marchant pacifiquement dans une rue, a entraîné peu de protestations des autres forces politiques. __Macron peut penser qu’il a un boulevard devant lui, puisque dans une situation où il aurait fallu un axe fort de solidarité contre la répression, rien n’est venu__. Il a en fait été bien aidé par le PS, Hamon et Jadot qui pensant leur heure arrivée ont passé leur temps à nous insulter comme si la FI était leur premier adversaire. Macron a dû se frotter les mains ! EELV vient de découvrir à ses dépends les façons d’agir de En marche avec la campagne polémique lancée contre Michèle Rivasi, 2ème de leur liste européenne. Et si les sondages continuent à les donner en hausse, les attaques redoubleront. D’autant que les manifestations pour le climat prennent leur essor notamment dans la jeunesse et avec des mots d’ordre assez radicaux. Macron ne peut pas laisser apparaître et se construire un nouveau front de lutte. La répression a d’ailleurs déjà commencé avec de nombreuses gardes à vue pour des militants pacifistes qui ont enlevé le portrait de Macron dans des mairies. Petit rappel : aucune loi ni règlement n’oblige à accrocher le portrait du président de la République dans une mairie. Dans ce cadre, on peut s’interroger sur la stratégie de maintien de l’ordre utilisée samedi dernier lors du 18ème samedi de mobilisation des gilets jaunes. Les jours précédents, les médias se répandaient sur l’arrivée de black blocs en nombre. La préfecture de police n’a donc pas été prise de court. Or le choix a été fait de laisser faire des casseurs alors que les gilets jaunes nassés par les forces de police et aspergés de gaz lacrymogène, ne pouvaient sortir du périmètre pour ceux qui l’auraient voulu notamment afin de rejoindre la manifestation climat. Il est ensuite facile de les accuser d’être restés ! __Plutôt que de désavouer Castaner, le gouvernement a choisi de virer le préfet de police__ et ses subordonnés immédiats sous prétexte notamment qu’il aurait refusé l’emploi massif des LBD. Or cela semble faux vu le nombre de blessés dont un éborgné ce samedi. Mais la nomination à ce poste du préfet d’Aquitaine, préfet qui a assumé le fait que le député Loïc Prud’homme ait été matraqué, va de pair avec les déclarations va-t-en-guerre du secrétaire d’état à l’intérieur, Laurent Nuñez devant les députés. Après avoir repris les propos absurdes de Castaner « ”samedi dernier il n’y avait pas 1.500 casseurs mais 10.000 casseurs”” soit donc tous les gilets jaunes présents sur les Champs Élysées !!, il a ajouté « ”Nous partons du principe que ces rassemblements sont des rassemblements d’émeutiers… Nous les disperserons immédiatement et s’il le faut, nous interpellerons massivement”” De son côté le premier ministre menace de poursuites judiciaires « ”Un certain nombre de personnalités, et je mets personnalités entre guillemets, ont encouragé et légitimé les violences et continuent à le faire sans vergogne. J’ai demandé au ministre de l’Intérieur de saisir systématiquement la justice à leur encontre” » en visant notamment certaines figures des gilets jaunes. Nous allons voir si la justice se plie aux desiderata du gouvernement en tordant la loi pour faire entrer des propos de personnalités dans une incitation ou une légitimation de la violence. L’annonce du passage de 38 euros à 135 euros de la contravention encourue en cas de participation à une manifestation interdite vise à dissuader de manifester en tapant au portefeuille. Cela fait écho aux méthodes qui ont été utilisées pour démanteler les occupations de ronds-points. __Le cadre répressif est donc en place. Outre les gilets jaunes, nous savons que la France Insoumise est une des cibles principales de ce pouvoir__. Nous devons en tirer des leçons. __Ce gouvernement ne reculera devant rien__. Toutes les vannes ont sauté. Et toutes les occasions d’attaque contre la FI seront utilisées, policières, judiciaires, médiatiques à coups de calomnies. Ils feront tout pour limiter notre score aux européennes, notamment en essayant de nous salir. Nous savons donc déjà que nous aurons droit aux accusations sur le Venezuela, Cuba, Poutine bien relayées par les représentants d’En Marche ou par Y. Jadot qui ne rate pas une émission médiatique pour nous taper dessus. Mais ils chercheront d’autres angles d’attaques car nous sommes la seule force politique capable d’être présente avec poids dans les luttes sociales, démocratiques et écologiques. A nous d’éviter de tendre le bâton pour nous faire battre. Nous n’avons pas besoin de martyr, mais de militants disponibles donc c’est à chaque Insoumis.e de faire attention aux propos qu’il tient.__ Le temps qui vient est celui des têtes dures, de celles et ceux qui ne se laissent pas intimider__, qui n’abandonnent pas la volonté de convaincre autour de soi et d’entraîner toujours plus de monde dans la résistance à ces politiques ultralibérales autoritaires menées par Macron, __de celles et ceux qui continuent à se battre pour un monde meilleur sur une planète vivable__. [...] Lire la suite…
13 mars 2019Scientifiques, GIEC, ONU, tous le disent : nous avons entre 12 et 15 ans pour inverser le cours actuel des émissions de gaz à effets de serre : il faudrait qu’entre 2030, – dans 12 ans -, et maintenant, elles diminuent de 25% pour contenir le réchauffement climatique de 2 degrés et à peu près de 50 à 55% pour contenir ce réchauffement sous 1,5 degré » selon Philippe Ciais. directeur de recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE). Cela suppose donc des décisions suivies d’actions rapides et radicales. Nous avons eu le Pacte écologique de Nicolas Hulot à l’occasion de la présidentielle de 2007, signé de Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal en passant par les Verts. Nous savons comment cela s’est terminé avec « l’écologie ça commence à bien faire ». L’Accord de Paris à l’issue de la COP21, a été salué sur toute la planète mais ne contenait rien de contraignant au point que les engagements volontaires des États nous amènent à un réchauffement de 3°C, une véritable catastrophe .Malgré l’appel à améliorer ces engagements, les COP 22,23,24 n’ont débouché sur aucune amélioration. Les émissions de CO2 ont augmenté en France de + de 2% en 2017 pendant que Emmanuel Macron, nommé champion de la Terre, pratique la politique du 1 pas en avant 2 pas en arrière : la promesse de fermer les centrales à charbon d’ici 2022 a été remise en cause comme sur un autre plan la sortie du glyphosate. Le projet de loi relatif à l’énergie qui sera bientôt en débat au parlement relève de cette même façon de procéder. La division par 4, le fameux facteur 4, des émissions de GES à l’horizon 2030, objectif chiffré et précis est remplacé par la neutralité carbone à l’horizon 2050. Ou comment lâcher la proie pour l’ombre. Comme le dit le rapport du CESE (Conseil Économique, social et environnemental) « L’objectif de neutralité3implique …. d’utiliser des capacités de stockage du carbone pour compenser les émissions résiduelles en 2050. Le CESE met cependant en garde contre le risque qu’il pourrait y avoir à surestimer ces capacités, dont le potentiel réel reste encore très incertain à ce stade ». Lorsqu’un gouvernement veut faire croire à sa détermination à agir mais sans remettre en cause le modèle productiviste et libéral en vigueur, il remet sur la table la fiscalité carbone, mais jamais pour les secteurs les plus émetteurs (transport aérien et maritime, routier ..). Macron s’y est risqué et a dû reculer pour avoir pris les français pour des idiots en cherchant à cacher le fait que cela servirait à compenser la transformation du CICE en exonérations de cotisations sociales pour les entreprises. A défaut d’avancer au niveau français, le Pacte Finance Climat est-il la solution au niveau européen ? En résumant la lutte contre le réchauffement climatique à une question de financements, il évite de poser les choix douloureux de remise en cause du système de production, de distribution et de consommation et peut donc être signé aussi largement que le Pacte de Nicolas Hulot de 2007, y compris par des parlementaires qui ne s’opposent pas aux politiques gouvernementales. La solution n’est pas d’ajouter des milliards d’euros pour les énergies renouvelables à côté de ceux investis dans les énergies fossiles ou le nucléaire. Il faut sortir des énergies fossiles et du nucléaire en arrêtant leur financement et en le redirigeant vers les politiques d’économies d’énergie et d’énergies renouvelables. Il est indispensable de réfléchir aux besoins réels de nos sociétés au lieu de courir derrière une croissance matérielle insupportable pour l’écosystème terrestre. Nicolas Hulot et Laurent Berger ont avancé 66 propositions pour «faire face à l’urgence sociale et économique ». Concernant l’écologie peu de mesures précises, ainsi la sortie des énergies carbonées n’est pas posée et le grand manque porte sur comment les mettre en œuvre. Rien n’est proposé pour remettre en cause la main-mise des multinationales et des lobbies sur l’Union européenne et l’impossibilité de mener la bifurcation écologique urgente dans le cadre des traités européens la régissant. Aujourd’hui les 0,5% les plus riches au niveau mondial émettent à eux seuls 13% des émissions de CO2. On ne peut donc pas proposer des solutions sans prendre en compte cette réalité. Toute politique écologique doit partir des besoins des plus vulnérables et articuler besoins sociaux et environnementaux pour une écologie populaire. De même lutter contre le réchauffement climatique ne peut se réduire à la question énergétique mais doit englober la biodiversité, le refus de la ‘artificialisation des sols, la suppression des élevages industriels, la restauration des milieux marins et aquatiques. Puisque les gouvernements et les grandes entreprises font tout pour repousser les décisions indispensables, il revient aux citoyens et notamment aux jeunes de s’emparer du sujet et d’utiliser tous les moyens d’actions y compris la désobéissance civile pour obliger à mettre en œuvre la bifurcation écologique indispensable. Les élu.e.s de la France Insoumise seront à tous les niveaux un point d’appui dans cette bataille indispensable pour la survie de l’humanité. [...] Lire la suite…
24 février 2019____Au 20ème siècle, les capitalistes comprirent que pour vendre leurs produits massivement et générer leurs profits, ils avaient besoin de millions de consommateurs. Il leur fallait donc assurer des revenus suffisants aux classes populaires. Libéraux et sociaux-démocrates se retrouvaient sur cet objectif. Les différences s’exprimaient surtout sur la conception de la famille, la défense des droits des femmes, les droits LGBT, des personnes vulnérables … __L’enjeu central du 21ème siècle est tout autre. Il faut faire face au défi climatique ainsi qu’à la finitude des ressources d’une planète où les êtres humains sont de plus en plus nombreux__. Pourtant tout laisse penser que ceux qui possèdent le pouvoir politique comme le pouvoir économique font comme s’il n’y avait pas urgence. Seraient-ils climato-sceptiques ? Sont-ils ignares ? Incompétents ? Rien de tout cela évidemment. Les multinationales, par exemple celles des énergies fossiles ou de l’agro-alimentaire responsables de la déforestation et la stérilisation des sols, sont très conscientes des réalités. Mais l’appât du gain et la rémunération de leurs actionnaires leur fait remettre à demain les décisions douloureuses tout en positionnant une partie de leurs investissements dans les secteurs du futur : ENR (Total a par exemple une filiale ENR très active, tout comme EDF active hors de France because le nucléaire) ; agriculture bio mais dans une vision industrielle etc. Le « Pacte Finance climat » qui réclame des milliards pour les ENR sans exiger de sortir des énergies fossiles en arrêtant immédiatement tout investissement dans ce secteur, peut ainsi être signé par Alain Juppé ou Pascal Lamy sans encombre puisqu’il ouvre des perspectives de gain sans remettre en cause les fondements de l’économie actuelle ni le fonctionnement de la BCE laissant aux banques privées les clés financières de la politique climatique. __La bifurcation énergétique n’est pas une question d’argent, c’est une question de volonté politique de rupture avec le système productiviste__. Tant qu’elle sera sous la coupe des intérêts financiers, rien ne sera possible. Le capitalisme a cherché de tout temps à s’adapter aux évolutions pour maintenir ses profits, ce qu’il fait actuellement avec le « capitalisme vert ». Rien d’étonnant, rien de nouveau. __Nous sommes entrés dans une guerre de classe d’un type nouveau.__ Pour continuer à extraire le maximum de profits, l’oligarchie pressure les peuples en cassant les protections sociales et ne précarisant l’emploi. De manière similaire pour ne pas avoir à remettre en cause son mode de vie, l’oligarchie veut faire peser la baisse des émissions de gaz à effet de serre sur les classes les plus nombreuses. C’est le rôle de la fiscalité carbone pesant principalement sur les dépenses les moins compressibles des ménages. Pourtant une fiscalité carbone visant à dissuader les comportements économiques les plus pollueurs est possible : taxe sur le transport aérien, maritime et routier ; fiscalité accentuée sur les objets de consommation de luxe tels yacht etc. __Les 0,5% de riches qui émettent 13% des GES, ou les 100 entreprises responsables de plus de 70% des émissions de CO2, savent que le temps est compté et que le système actuel n’est pas tenable dans la durée__. Ils cherchent à se protéger en empêchant les populations chassées des pays les plus touchés par les dérèglements climatiques, dont la responsabilité revient pourtant aux pays riches, de rejoindre les pays du nord : Union Européenne transformée en bunker, mur à la frontière des US etc … Dans de nombreux pays, défendre l’environnement revient à risquer sa vie : __207 activistes environnementaux assassinées en 2017__ dont 60% en en Amérique Latine. La répression contre tous ceux, activistes ou peuples indigènes, qui se lèvent contre le modèle productiviste dévastateur est immédiate et violente. __L’ultralibéralisme va être de plus en plus violent avec l’instauration de pouvoirs de plus en plus autoritaires au fur et à mesure que la crise environnementale s’aggravera__. En France, nous avons eu un avant goût de cette violence au moment de la COP21. Depuis toute mobilisation contre les projets néfastes pour la planète est réprimée et criminalisée (NDDL, Bure, actions non violentes pour dénoncer les investissements dans les énergies fossiles ou l’inertie gouvernementale …). Le niveau de répression actuel contre le mouvement des Gilets jaunes, bien que le niveau de violence soit inférieur à celui des années 70, n’est donc pas un épiphénomène lié à Macron. C’est l’exemple type des pouvoirs ultralibéraux actuels qui utilisent massivement la répression sous toutes ses formes (judiciaire, policière, restriction des droits d’expression, de manifestation) pour imposer et maintenir leur domination. La répression utilisée contre les lycéens est aussi à souligner car elle vise à décourager toute une génération de s’impliquer en politique. __La question écologique est centrale et incontournable pour penser tout projet de société alternatif__. Alors que le prix du baril de pétrole repart à la hausse retrouvant son niveau de mi-novembre 2018 au moment où s’est déclenché le mouvement des Gilets jaunes et que les appels à la grève scolaire pour le climat émergent, __ il faut tout faire pour que la mobilisation de la jeunesse prenne de l’ampleur et que la jonction se fasse entre gilets jaunes et jeunes pour le climat__. __Fin du monde, fin du mois, mêmes coupables, même combat__ ! [...] Lire la suite…
4 février 2019Les comparaisons historiques bâclées comme l’utilisation de mots hors contexte finissent par nous désarmer pour la compréhension du moment politique. Et à force de crier au loup il est bien connu que le jour où le loup arrive personne n’y croit. __Nous ne sommes pas en 1933__ Du côté des partisans de Macron, la référence à la montée du nazisme est bien utile pour instiller de la peur et sommer les électeurs de voter pour lui. Cette comparaison est d’ailleurs souvent utilisée au détriment de l’exactitude historique. Contrairement à ce qui s’entend souvent, Hitler n’est pas arrivé au pouvoir grâce à des élections où il aurait été majoritaire. Aux élections législatives de novembre 1932, les dernières réellement organisées démocratiquement, le NASDP arrive certes en tête avec 33,1% mais il est minoritaire au parlement (SPD 20,4 ; KPD 16,9). Hitler va s’imposer parce que les conservateurs pensent pouvoir l’utiliser pour liquider la République de Weimar puis se débarrasser de lui une fois leur but atteint. Le maréchal Hindenburg nomme donc Hitler chancelier. Mais le NSDAP est minoritaire dans le gouvernement. C’est l’incendie du Reichstag, le 27 février 1933, qui va permettre à Hitler d’arriver à ses fins. En en rendant le PC allemand responsable, il obtient son interdiction ainsi que des pouvoirs de police exceptionnels et la fin des libertés garanties par la Constitution de Weimar. Le 23 mars 1933, les députés du centre rejoignent les nazis et les conservateurs pour voter la loi qui confère à Hitler les pleins pouvoirs pour quatre ans, renouvelables en cas de besoin. L’arrivée au pouvoir de Hitler et des nazis est donc due à la complicité de la droite allemande et du centre. Je vous conseille au passage de lire le livre de Daniel Schneidermann, Berlin, 1933 la presse internationale face à Hitler ((/public/2019/.136926_couverture_Hres_0_s.jpg|Livre Schneidermann||Livre Schneidermann, fév. 2019)) L’utilisation cette comparaison par Macron et ses soutiens se retourne en fait contre eux car cela reviendrait à dire que la droite et le centre, dont ils font partie, est prête à s’allier avec Le Pen. __Si nous sommes en 33, alors les responsables de la catastrophe à venir sont Macron et ses soutiens__. __Nous ne sommes pas non plus à l’aube du fascisme__ Les mots ont un sens. Dans la France de 2019 il n’y a ni SA ni SS ni chemises noires. Par ailleurs actuellement la bourgeoisie n’a pas besoin du fascisme pour défendre ses intérêts. Crier au fascisme aujourd’hui, c’est donc ne pas comprendre la nature de la période que nous vivons et cela désarme politiquement car les erreurs d’analyse amènent à des solutions erronées. __Si nous sommes aux portes du fascisme, alors tous ceux qui appellent à « l’unité de la gauche » et même à l’unité de tous les partis antifascistes ont raison. Et Macron se trouve conforté dans son discours d’ultime rempart contre Marine Le Pen__. __Nous ne sommes pas non plus en dictature__ Une dictature, militaire ou pas, prend comme premières mesures l’interdiction des partis politiques et syndicats qui lui sont opposés, restreint les libertés d’expression, emprisonne les défenseurs des droits de l’homme, emprisonne et torture ses opposants et va jusqu’à leur assassinat. Personne ne peut de bonne foi prétendre que nous en sommes là en France. __L’ultra-libéralisme va de pair avec états de plus en plus autoritaires__ La montée des inégalités dans chaque pays et l’accaparement des richesses de la planète par une toute petite minorité à l’échelle mondiale sont de moins en moins supportés par les peuples. Le cycle historique de la social-démocratie comme force politique luttant contre les inégalités est terminé. Partout, lorsqu’elle arrive au pouvoir, elle se comporte comme une bonne gérante des intérêts de l’oligarchie, ses seuls apports se réduisant éventuellement aux questions sociétales (contraception, IVG, dépénalisation de l’homosexualité et mariage pour tous). Pour le reste, économie, social, répression, il n’y a plus rien à en attendre et elle n’est plus suffisante pour assurer la soumission des plus pauvres. L’ultra-libéralisme à l’œuvre sur toute la planète a donc besoin de pouvoirs forts pour garantir le maintien et la poursuite des intérêts des multinationales et l’appropriation pour un tout petit nombre des bénéfices de la surexploitation de la planète et des travailleurs. Les mêmes lois sont imposées dans tous les pays : casse du droit du travail, précarisation des travailleurs, suppression des protections sociales etc …Pour empêcher que les peuples se révoltent, la répression se fait de plus en plus dure partout, en Europe (Grèce, Hongrie …) ou en Amérique Latine, Argentine et Chili, par exemple. __Macron un exemple du durcissement des pouvoirs politiques au service de l’oligarchie__ La candidature express de Macron a pulvérisé les partis traditionnels de droite et du centre ainsi que le PS. Libéral assumé, mais se réclamant ni de droite ni de gauche, son programme et la constitution de son gouvernement étaient pourtant limpides : avec le choix de nommer des ministres LR à l’économie et au budget, il était peu probable d’avoir une autre politique que celle qu’avait défendu Lemaire et Darmanin lorsqu’ils soutenaient Sarkozy. Mais il ne s’agit pas non plus de dédouaner le PS : Macron était le ministre de l’économie de François Hollande dont les 5 ans ont été marqués par des lois ultra libérales comme la promotion des cars au détriment du train, les régressions sociales avec la loi El Khomry, les lois immigration, les lois restreignant les libertés etc … Les mêmes députés qui dénonçaient les lois de Sarkozy, n’ont pas eu d’états d’âme sous Hollande. __On a trop tendance à oublier le très grand nombre de dirigeants du PS passés chez Macron__ dont ceux qui ont accepté d’aller dans un gouvernement avec des ministres venus de la droite. Comment les français pourraient-ils ensuite avoir confiance dans les élus nationaux lorsqu’on voit la longue liste de PS et EELV qui ont couru à la gamelle ? Combien de reniements sur les questions sociales, environnementales et dans le champ des libertés fondamentales, la dernière étant le retour d’une loi anti-casseurs sur le modèle de celle des années 70 abrogée sous Mitterrand. La répression se durcit constamment avec les restrictions de manifestations, le nombre jamais atteint de blessés et les poursuites judiciaires pour des propos tenus tout cela avec l’objectif de faire peur afin de faire taire toute remise en cause de fonds des politiques menées. Dans ce cadre le contrôle de l’information est aussi fondamental. Or aujourd’hui internet permet de contourner, en partie, le monopole de l’information détenue par 8 milliardaires. D’où la peur de Macron et l’accusation de manipulation venue de l’étranger en l’occurrence la Russie. Le comble est de tenir de tels propos pour ensuite accuser ses adversaires de complotisme et d’agiter la menace d’autoritarisme qui lui serait lié alors que Macron s’appuie sur la constitution de la 5ème République pour instaurer un pouvoir autoritaire. __Lorsque le peuple ne supporte plus l’injustice, la bourgeoisie est prête à tout pour défendre ses intérêts. C’est ce que nous sommes en train de vivre.__ [...] Lire la suite…
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